Document - Cuba. Répression contre des dissidents

Cuba. Répression contre des dissidents

AU 99/12, AMR 25/012/2012 – Cuba 4 avril 2012 ACTION URGENTE CUBA. RÉPRESSION CONTRE DES DISSIDENTS Les autorités ont arrêté 43 détracteurs du gouvernement de la province de Santiago de Cuba. Il ne fait aucun doute qu'elles tentent ainsi d'écraser le mouvement de dissidence pacifique qui émerge dans l'est du pays. Le 2 avril dans l'après-midi, les forces de sécurité cubaines ont arrêté 43 détracteurs du régime à trois endroits différents de la province de Santiago de Cuba, dans l'est du pays. La plupart de ces personnes appartiennent à l'Union patriotique de Cuba (UNPACU). Lors des perquisitions réalisées à leurs domiciles respectifs, du matériel de bureau, notamment des ordinateurs, aurait été confisqué. Parmi les personnes arrêtées figurent José Daniel Ferrer García, coordinateur de l'UNPACU et ancien prisonnier d'opinion, et son épouse, Belkis Cantillo Ramírez, membre du groupe de protestation des Dames en blancs. Une centaine de représentants du Département de la Sûreté de l'État et de policiers sont arrivés vers 14 heures à leur domicile de Palmarito de Cauto. Selon des sources locales, les agents auraient fait irruption dans la maison et arrêté José Daniel, Belkis et quatre autres personnes. Ils ont procédé à une opération du même type à Palma de Soriano chez Raumel Vinajera Estive, membre de l'UNPACU. Ils ont arrêté cet homme et 15 autres personnes. Des personnes ont aussi été interpellées à El Caney, près de la ville de Santiago de Cuba. Parmi les personnes arrêtées, 10 sont des femmes qui appartiennent toutes aux Dames en blancs. Juste avant l'arrivée du pape à Cuba le 28 mars, les lignes téléphoniques des détracteurs du régime auraient été bloquées par les autorités et n'auraient pas été rétablies depuis. De ce fait, il est difficile de savoir où les personnes concernées sont détenues. On ignore toujours où se trouve la majorité d'entre elles, mais certaines seraient au poste de police de Micro 9, un quartier de Santiago de Cuba. Amnesty International pense que ces personnes pourraient être des prisonniers d'opinion. Il est évident que les autorités cherchent à écraser le mouvement de dissidence pacifique qui émerge à Santiago de Cuba et dans les provinces voisines de l'est du pays. DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) : appelez les autorités à révéler immédiatement où se trouvent toutes les personnes arrêtées dans la province de Santiago de Cuba lors des opérations de maintien de l'ordre du 2 avril ; exhortez-les à les libérer sans délai si elles sont détenues, à moins qu'il n'existe des éléments suffisants pour les inculper d'une infraction pénale dûment reconnue par le droit international ; demandez-leur de cesser de bloquer les lignes téléphoniques des détracteurs du régime ; priez-les instamment de cesser immédiatement de harceler et d'intimider les citoyens qui exercent pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression et d'association. ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 16 MAI 2012 À : Chef de l 'État et du gouvernement Raúl Castro Ruz Presidente de la República de Cuba La Habana, Cuba Fax : +53 7 83 33 085 (via le ministère des Affaires étrangères) +1 212 779 1697 (via la Mission de Cuba auprès de l'ONU) Courriel : cuba@un.int (via la Mission de Cuba auprès de l'ONU) Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président, Ministre de l 'Intérieur General Abelardo Coloma Ibarra Ministro del Interior y Prisiones Ministerio del Interior, Plaza de la Revolución, La Habana, Cuba Fax : +1 212 779 1697 (via la Mission de Cuba auprès de l'ONU) Courriel : correominint@mn.mn.co.cu Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre, Copies à : Procureur général Dr. Darío Delgado Cura Fiscalía General de la República, Fiscalía General de la República, Amistad 552, e/Monte y Estrella, Centro Habana La Habana, Cuba Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de Cuba dans votre pays (adresse(s) à compléter) : Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE CUBA. RÉPRESSION CONTRE DES DISSIDENTS COMPLÉMENT D'INFORMATION Le pape Benoît XVI a séjourné à Cuba du 28 au 30 mars. Il a célébré des messes en plein air dans les villes de Santiago de Cuba et La Havane, la capitale, et a rencontré les dignitaires de l'Église catholique et les pouvoirs publics. Les détracteurs du régime espéraient que la visite du pape annoncerait une ouverture de la part des autorités mais, au lieu de cela, ils ont subi une répression encore plus féroce. Selon des sources locales, plus de 200 d'entre eux auraient été détenus pendant cette période et de nombreux autres ont été assignés à résidence, l'objectif explicite étant de les empêcher de se rendre aux messes et de participer à des actions de protestation. Les personnes détenues ou assignées à résidence ont, semble-t-il, toutes été libérées. Juste avant l'arrivée du pape à Cuba, les lignes téléphoniques fixes et mobiles appartenant à des détracteurs du gouvernement, des défenseurs des droits humains et des journalistes indépendants ont été sabotées et n'ont pas été rétablies depuis, afin d'empêcher ces personnes de dénoncer la répression auprès du public cubain et du monde extérieur. L'ancien prisonnier d'opinion José Daniel Ferrer García a bénéficié d'une libération conditionnelle en mars 2011, après huit ans d'emprisonnement. Il figurait parmi les 75 personnes arrêtées et condamnées à la suite d'une répression de la dissidence cubaine en mars 2003. Toutes ces personnes ont été adoptées comme prisonniers d'opinion par Amnesty International car elles avaient agi de façon non violente et étaient incarcérées en vertu d'une loi cubaine qui érige en infraction, sans aucune légitimité, la dissidence politique. José Daniel Ferrer García a été condamné à 25 ans de réclusion en raison de sa participation au projet Varela, dont l'objectif était de demander la tenue d'un référendum sur des réformes démocratiques. L'article 31.1.4 du Code pénal cubain dispose que la libération conditionnelle permet à un prisonnier de passer le reste de sa peine hors de la prison, à condition qu'il se distingue par sa « bonne conduite ». José Daniel Ferrer García a été arrêté le 21 février 2012 à La Havane et détenu au secret jusqu'à ce qu'il soit libéré sans inculpation, trois jours plus tard. L'Union patriotique de Cuba (UNPACU) est un collectif d'organisations dissidentes dont le siège se trouve à Santiago de Cuba, mais qui est également présent dans les provinces voisines de l'est de Cuba. L'UNPACU souhaite qu'un changement démocratique s'opère à Cuba par des moyens non violents. Depuis sa création, mi-2011, ses membres subissent un harcèlement et des manœuvres d'intimidation constants, y compris des détentions arbitraires, de la part des autorités cubaines. Wilman Villar Mendoza, membre de l'UNPACU et prisonnier d'opinion, est mort en janvier 2012 des suites d'une grève de la faim qu'il menait pour protester contre sa condamnation à quatre ans de prison, prononcée à l'issue d'un procès sommaire. Toutes ces pratiques s'inscrivent dans le cadre de la répression plus large qui vise les dissidents des provinces de l'est de Cuba et qui s'est intensifiée depuis mi-2011. Les Dames en blanc font campagne pour la libération des prisonniers politiques et la levée des restrictions pesant sur les libertés civiles et politiques fondamentales à Cuba. Les membres de l'organisation sont régulièrement privées de la possibilité de se rencontrer, y compris d'assister à la messe le dimanche. Noms : José Daniel Ferrer García, Belkis Cantillo Ramírez, Raumel Vinajera Estive, membres de l'UNPACU Genre : hommes et femmes AU 99/12, AMR 25/012/2012, 4 avril 2012