Document - South Sudan: 'We can run away from bombs, but not from hunger': Sudan’s refugees in South Sudan

Soudan du Sud. « Nous pouvons fuir les bombes, mais pas la faim ». Les réfugiés soudanais au Soudan du Sud

« NOUS POUVONS FUIR LES BOMBES, MAIS PAS LA FAIM »

LES RÉFUGIÉS SOUDANAIS AU SOUDAN DU SUD

AMNESTY INTERNATIONAL

Document public

AFR 65/001/2012

AILRC-FR

Juin 2012

Les dizaines de milliers de réfugiés qui ont fui la famine, les violations des droits humains et les bombardements aériens aveugles dans les zones de conflit du Kordofan du Sud et du Nil Bleu, au Soudan, restent confrontés à des conditions de vie difficiles et à des atteintes aux droits humains dans les camps de réfugiés du soudan du sud. La situation continue de se détériorer et le nombre d'arrivants dans les camps ne cesse d'augmenter à l'approche de la saison des pluies, qui rend les routes impraticables.

Depuis juin 2011, les combats entre les forces armées soudanaises et un groupe d'opposition armé, l'armée populaire de libération du soudan-Nord (APLS-N), ont contraint plus de 30 000 habitants du Kordofan du Sud à aller chercher refuge dans les camps de réfugiés de Yida, Nyiel et Pariang (dans l'État de l'Unité), et plus de 90 000 habitants du Nil Bleu à rejoindre les camps de Doro et de Jammam (dans l'État du Haut-Nil). Le gouvernement soudanais bloque l'accès aux zones contrôlées par l'APLS-N, privant la population de toute aide humanitaire.

Ce rapport s'intéresse à la situation des réfugiés dans le domaine humanitaire et sur le plan des droits humains. Il porte notamment sur les violences sexuelles et autres atteintes aux droits humains, la pénurie de nourriture et d'eau, les difficultés d'accès à l'enseignement, la présence d'éléments armés dans les camps et les arrestations et incarcérations illégales de réfugiés. L'absence de statut officiel du camp de Yida complique encore la situation : ce camp n'a pas été officiellement reconnu par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) parce qu'il est jugé trop proche de la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, c'est-à-dire dans une zone instable. Tandis que les tensions s'accroissent entre ces deux pays, il est indispensable de répondre de toute urgence aux besoins des réfugiés.

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Des réfugiés venant d'arriver des monts Nouba font la queue pour s'inscrire dans un centre d'enregistrement improvisé près du camp de réfugiés de Yida (Soudan du Sud), avril 2012.

© Pete Muller

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Un réfugié originaire des monts Nouba déambule dans le camp de Yida, à l'aube. Les gens essaient de vaquer à leurs occupations tôt le matin, avant que la chaleur ne s'installe (Soudan du Sud), avril 2012.

© Pete Muller

Sommaire

3Glossaire

4Carte du Soudan et du Soudan du Sud �

5Introduction �

5Méthodologie �

6Historique du conflit dans les États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu �

6La situation au Kordofan du Sud et dans le Nil Bleu �

6Bombardements aveugles �

8Arrestations et détentions �

9Privation d'aide humanitaire �

9Des déplacements toujours plus nombreux �

10Le statut du camp de réfugiés de Yida �

16Des réfugiés en danger : les droits des réfugiés soudanais ne sont pas protégés au Soudan du Sud �

16Pénurie de nourriture et d'eau �

17Manque d'accès à l'éducation �

19Présence militaire et tensions aux frontières �

20Détention illégale �

21Recrutement forcé �

21Préoccupations pour les filles et les jeunes femmes �

22Conclusions et recommandations �

25Notes �

Glossaire

APLS Armée populaire de libération du Soudan (les forces armées du Soudan du Sud)

APLS-N Armée populaire de libération du Soudan-Nord (branche armée du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord active dans les États soudanais du Kordofan du Sud et du Nil Bleu)

HCR Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

MINUS Mission des Nations unies au Soudan

MINUSS Mission des Nations unies au Soudan du Sud

MPLS Mouvement populaire de libération du Soudan (le parti au pouvoir au Soudan du Sud)

MPLS-N Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (groupe d'opposition armé actif dans les États soudanais du Kordofan du Sud et du Nil Bleu)

ONG Organisation non gouvernementale

OUA Organisation de l'Unité africaine, maintenant appelée Union africaine

PCN Parti du congrès national (le parti au pouvoir au Soudan)

TCA Traité sur le commerce des armes

UA Union africaine

Carte du Soudan et du Soudan du Sud

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Ces cartes ne donnent l'emplacement indicatif des zones et de leurs limites. Elles ne doivent pas être considérées comme faisant autorité ni être interprétées comme le point de vue d'Amnesty International sur les frontières ou les zones faisant l'objet d'un litige. Elles ont été adaptées à partir de cartes du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.�

INTRODUCTION

« Leurs bombes ont fait des morts et ont détruit nos écoles. Il n'y a rien à manger. Je ne voulais pas partir. Je voulais rester avec ma famille. Mais je n'ai pas eu le choix. Ici aussi la vie est très difficile, mais pour l'instant je n'ai pas d'autre choix que de rester. »

Abil Adbdalla, jeune réfugié de 15 ans originaire du Kordofan du Sud, vivant dans le camp de réfugiés de Yida, au Soudan du Sud.

Les civils des États soudanais du Kordofan du Sud et du Nil Bleu restent les premières victimes des combats qui font rage entre l'armée régulière soudanaise et l'Armée populaire de libération du Soudan-Nord� (APLS-N). Depuis le début du conflit dans ces deux États l'an dernier, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays ou ont trouvé refuge dans les pays voisins. Entre juin 2011 et avril 2012, plus de 114 000 Soudanais ont fui au Soudan du Sud, et 30 000 en Éthiopie�. Elles fuient principalement les bombardements aériens incessants menés sans discrimination par les forces armées soudanaises, ainsi que l'importante pénurie alimentaire, aggravée par la décision du gouvernement soudanais d'interdire l'envoi de toute aide humanitaire indépendante aux États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu, en particulier dans les zones contrôlées par l'APLS-N.

En 2012, le nombre de personnes fuyant le Kordofan du Sud et le Nil Bleu a atteint un niveau alarmant à l'approche de la saison des pluies, qui dure de mai à octobre. Les déplacements – internes et entre les deux pays – sont rendus très difficiles par la pluie, car de vastes zones du Soudan du Sud sont inondables et les routes deviennent impraticables. Pendant cette saison, les Nations unies et les organisations non gouvernementales (ONG) internationales ont beaucoup de mal à convoyer l'aide nécessaire au nombre croissant de réfugiés, d'autant plus que ceux-ci s'installent dans des régions isolées où les infrastructures de base sont inexistantes.

Le présent rapport s'intéresse principalement à la situation des Soudanais réfugiés au Soudan du Sud. Il décrit les violations des droits humains liées au conflit dans les États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu, ainsi que les atteintes aux droits fondamentaux et les problèmes humanitaires auxquels les réfugiés sont confrontés dans les camps, notamment les graves pénuries d'eau et de nourriture, les difficultés d'accès à l'enseignement, le manque de protection contre la violence sexuelle et celle liée au genre, et la présence d'éléments armés dans les camps, laquelle compromet encore davantage leur sécurité relative.

MÉTHODOLOGIE

Ce rapport s'appuie sur des recherches menées par Amnesty International lors de missions effectuées en décembre 2011 et entre mars et avril 2012 dans huit camps de réfugiés établis ou improvisés dans les États de l'Unité et du Haut-Nil (Soudan du Sud), et en août 2011, dans les zones du Kordofan du Sud contrôlées par l'APLS-N. Amnesty International n'a pas pu mener de recherches dans l'État du Nil Bleu ni dans les parties du Kordofan du Sud contrôlées par le gouvernement soudanais, car celui-ci interdit aux organisations internationales de s'y rendre depuis le début du conflit. Elle n'est pas autorisée à se rendre au Soudan depuis 2006.

Amnesty International a interrogé des dizaines de réfugiés et de personnes déplacées et, au Soudan du Sud, elle a rencontré le HCR, des ONG internationales, des représentants du gouvernement, des observateurs nationaux des droits humains et des membres du MPLS-N.

En avril 2012, ses recherches dans l'État de l'Unité se sont déroulées sur fond de tensions croissantes entre le Soudan et le Soudan du Sud. Celles-ci ont atteint un niveau jamais égalé depuis la conclusion de l'Accord de paix global en 2005. D'intenses combats terrestres ont éclaté fin mars entre les forces armées soudanaises, l'APLS et leurs alliés respectifs dans la ville de Heglig, que les parties opposées se disputent en raison de ses champs pétrolifères. Les combats, qui se sont poursuivis tout au long du mois d'avril, ont rendu la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud extrêmement dangereuse, et les forces armées soudanaises ont répondu aux attaques terrestres par des bombardements aériens sur Bentiu, capitale de l'État de l'Unité, et ses alentours. En conséquence, les Nations unies et de nombreuses ONG internationales ont retiré leur personnel non indispensable des zones du Soudan du Sud où des affrontements risquaient de se dérouler, ce qui a eu des répercussions considérables sur le préacheminement, avant la saison des pluies, des denrées alimentaires et autres biens de première nécessité destinés aux réfugiés et aux autres groupes vulnérables, comme les Soudanais du Sud revenant dans leur pays après avoir vécu pendant des années au Soudan.

HISTORIQUE DU CONFLIT DANS LES ÉTATS DU KORDOFAN DU SUD ET DU NIL BLEU

Le conflit entre les forces armées soudanaises et l'APSL au Kordofan du Sud a éclaté le 5 juin 2011 à Kadugli, capitale de cet État, et dans la ville d'Um Durein, puis s'est rapidement propagé à d'autres parties de la région. Le 1 er septembre, les combats ont gagné Damazin, capitale de l'État du Nil Bleu, et le 2 septembre le président soudanais Omar el Béchir a déclaré l'état d'urgence dans cet État. Le dirigeant du MPLS-N, Malik Agar, a été limogé et remplacé par un militaire, le général Yahia Mohamed Kheir, à la suite de quoi ce parti politique a ensuite été interdit.

Le 29 avril 2012, l'état d'urgence a été déclaré dans plusieurs localités des États frontaliers du Soudan du Sud, dont sept au Kordofan du Sud, deux dans l'État du Nil Blanc et deux dans celui de Sannar. Le 7 mai, trois autres localités du Kordofan du Sud ont fait l'objet d'une mesure similaire�. L'état d'urgence renforce les pouvoirs du président ; il lui permet notamment de suspendre la charte des droits humains (à l'exception d'un nombre limité de droits comme le droit à la vie, le droit de ne pas être torturé et le droit à un procès équitable), de dissoudre ou de suspendre tous les organes et pouvoirs des États et de décider de la manière dont leurs affaires doivent être gérées, et enfin, de prendre toutes les mesures jugées nécessaires et leur donner force de loi�.

Les affrontements ont éclaté alors que la tension montait entre le Parti du congrès national (PCN, au pouvoir au Soudan) et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) à propos d'un certain nombre de problèmes non résolus dans l'Accord de paix global concernant les trois zones de transition soudanaises : le Kordofan du Sud, le Nil Bleu et la région d'Abyei�. Cet accord prévoyait notamment des consultations populaires dans les États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu, censées aboutir à des négociations entre ces deux États et le gouvernement soudanais à propos de leur futur statut, ainsi que celui des membres de l'APLS au Soudan.

Pendant le conflit armé qui a déchiré le Soudan, les populations du Kordofan du Sud et du Nil Bleu s'étaient rangées du côté de l'APLS. En 2011, conformément à l'Accord de paix global de 2005, les Soudanais du Sud se sont prononcés lors d'un référendum pour ou contre l'indépendance du Soudan du Sud. La sécession ayant été approuvée à une écrasante majorité, le Soudan du Sud est devenu indépendant en juillet 2011. Le parti au pouvoir dans ce nouveau pays est le MPLS.

En revanche, les consultations populaires promises dans les États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu n'ont cessé d'être reportées ; au Kordofan du Sud, le processus n'a jamais été engagé, tandis que dans le Nil Bleu, il a été lancé en juin 2010 mais n'a jamais abouti. Au Kordofan du Sud, le MPLS-N a refusé de reconnaître les résultats des élections législatives du 11 mai 2011 pendant lesquelles les représentants du pouvoir exécutif étaient également élus (ces élections constituaient un préalable aux consultations populaires) et qui ont porté le candidat du PCN Ahmed Mohammad Haroun au poste de gouverneur. Or ce dernier fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale qui a retenu contre lui 22 chefs d'accusation de crimes de guerre et 20 chefs d'accusation de crimes contre l'humanité, dont ceux d'attaque contre la population civile, de meurtre, de persécution et de viol commis au Darfour�.

En outre, l'Accord de paix global ne règle pas de façon satisfaisante le statut des anciennes 9e et 10e divisions de l'APLS, composées respectivement de soldats du Kordofan du Sud et du Nil Bleu. Il prévoit leur démobilisation ou leur redéploiement au Soudan du Sud, mais comme les consultations populaires n'ont pas été menées à leur terme, le MPLS-N a demandé la négociation d'un nouvel accord en matière de sécurité qui permettrait une réintégration plus progressive des soldats de l'APLS-N dans les forces armées soudanaises�.

Les autres problèmes non résolus depuis l'Accord de paix global et l'indépendance du Soudan du Sud – et qui sont autant de sources de tensions et de conflits entre le Soudan et le Soudan du Sud – portent notamment sur le tracé de la frontière entre les deux pays, le partage des ressources pétrolières et le statut de la région d'Abyei.

LA SITUATION AU KORDOFAN DU SUD ET DANS LE NIL BLEU

BOMBARDEMENTS AVEUGLES

L'une des principales caractéristiques du conflit au Kordofan du Sud et dans le Nil Bleu est la campagne de bombardements aveugles menée par les forces armées soudanaises. Cette campagne a contraint des centaines de milliers de personnes à fuir, par peur des bombardements ou du fait de leurs conséquences directes. Outre les morts et les blessés, les bombardements aveugles – qui sont interdits par le droit international humanitaire – ont gêné les populations pendant les semis ou les récoltes, provoquant de graves pénuries de nourriture dans ces deux États.

Amnesty International a enquêté sur 13 frappes aériennes qui ont touché des zones civiles du Kordofan du Sud entre juin et août 2011, faisant des dizaines de morts et de blessés parmi les civils, dont des enfants, et détruisant de nombreux biens de caractère civil�. Depuis août 2011, elle recense les bombardements aériens dans cet État et leurs répercussions sur les civils et elle a constaté que ceux-ci s'étaient intensifiés entre la fin avril et le mois de mai 2012.

Le 11 mai 2012, des observateurs nationaux des droits humains se trouvant au Kordofan du Sud ont signalé qu'un Antonov avait bombardé Kauda. Mustafa Hamdan Kunda, fermier de 35 ans, rentrait chez lui vers 9 h 40 quand une bombe lui est « tombée sur la tête », le tuant sur le coup. Sa famille aurait récupéré ses restes dans les branches d'un arbre voisin et les aurait enterrés le jour-même. Le 29 avril, des observateurs nationaux des droits humains ont signalé que deux bombes avaient été larguées sur le village de Kauda Foq, détruisant les bureaux d'une ONG nationale et la maison de Yousif Ismail, ingénieur, et de ses deux cousins Ashor Ismail et Badir Eldin. Quatre hommes, dont les deux cousins d'Ashor Ismail, ont été blessés lors de cette frappe.

Le 11 avril, des observateurs avaient signalé que 10 bombes avaient été lâchées sur le Kordofan du Sud, dont deux à Kauda Tihit, entre l'église Al Irsaliya et le centre de formation des enseignants de Kauda. Lors de ce bombardement, un éclat d'obus a atteint Kalo Al Samani, 11 ans, à la tête et lui a arraché le côté gauche du crâne. Il gardait du bétail près d'un oued (cours d'eau saisonnier) quand les bombes sont tombées. Il a survécu mais se trouvait toujours à l'hôpital, perdant et reprenant connaissance par intermittence, quand son témoignage a été recueilli.

Les frappes aériennes au Kordofan du Sud ont aussi endommagé des écoles, des dispensaires et des églises. Des observateurs nationaux des droits humains ont raconté à Amnesty International que, dans la soirée du 1er février 2012, un Antonov avait survolé Heiban et largué six bombes dans les environs du séminaire de l'Église de l'Unité. L'une d'elles est tombée sur un dortoir d'élèves, endommageant deux bâtiments. Quelques jours plus tard, le 6 février, un Antonov a largué quatre bombes sur un dispensaire de Kurchi et dans s alentours, endommageant le bâtiment et détruisant le matériel médical. Le 17 février, c'est une école primaire d'Um Serdiba qui a semble-t-il été visée ; les élèves n'étaient pas présents au moment du bombardement, mais le bâtiment a été endommagé. Le droit international interdit de prendre pour cible une zone destinée à abriter les blessés, les malades et les civils victimes des hostilités.

ATTAQUES MENÉES SANS DISCRIMINATION : LA CHAÎNE D'APPROVISIONNEMENT EN ARMES

Des livraisons irresponsables d'armes aux forces armées soudanaises à leur utilisation abusive au Kordofan du Sud

Ces dernières années, le Bélarus, la Chine, la Russie et l'Ukraine ont été les principaux fournisseurs d'armes du Soudan, malgré les violations persistantes des droits humains et les crimes de guerre commis par les forces armées soudanaises.�

En juillet 2011, Amnesty International a reconnu un avion de chasse de type Sukhoi SU-25 sur une photo prise le 14 juin 2011 alors que les forces armées soudanaises bombardaient la piste d'atterrissage de Kauda qui jouxte les anciens bâtiments de la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS). Certains fragments trouvés sur les lieux par les experts en artillerie mandatés par l'organisation ressemblent à ceux d'une ogive de roquette air-sol hautement explosive, de diamètre 240 mm et de fabrication soviétique (modèle S-24).

Les munitions utilisées le 25 juin 2011, lors d'un autre bombardement sur Kauda ont été reconnues grâce à des inscriptions en cyrillique : il s'agissait de roquettes S-5 de 57 mm. Il n'est pas possible de déterminer la provenance de ces roquettes car elles sont fabriquées dans plusieurs pays, mais on sait qu'elles peuvent être tirées au moyen de lance-roquettes UB-16-57 ou UB-32A1 montés sur des avions de chasse tels que les MiG-21 et les SU-25 ou des hélicoptères d'attaque comme le Mi24, tous de fabrication russe� et figurant à l'inventaire des forces armées soudanaises�. Amnesty International a aussi découvert que des roquettes air-sol S5 (de calibre 57 mm) et S8 avaient été utilisées lors des frappes aériennes menées par l'armée soudanaise au Kordofan du Sud en juillet 2011.

Entre 2008 et 2010, les forces armées soudanaises ont reçu du Bélarus 15 avions Sukhoi-25 de fabrication russe�. Elles ont aussi continué de recevoir de nouveaux hélicoptères de combat Mi-24 ces dernières années : la Russie leur en a livré 36 entre 2007 et 2009�. Il semble que les livraisons d'hélicoptères de combat de remplacement se soient poursuivies en 2011�.

La Chine a aussi été l'un des principaux fournisseurs d'armes classiques aux forces armées soudanaises�. Amnesty International a constaté que des lance-roquettes multiples Weishi de calibre 302 mm, de fabrication chinoise, avaient été utilisés de manière aveugle dans des zones civiles fin 2011 et début 2012, lors de frappes terrestres effectuées dans la région de Kauda.

Outre ces roquettes, l'organisation a aussi constaté l'utilisation d'armes et de munitions de fabrication chinoise, dont des lance-grenades QLZ87 de calibre 35 mm et leurs grenades, fournis par une société chinoise aux termes d'un contrat datant de 2008, d'après les indications figurant sur l'emballage (ces armes ont été prises aux forces armées soudanaises par l'APLS-N en juin 2011). Des lots de munitions fabriquées en 2010, portant le code de fabrication chinois 945, ont également été vus au Kordofan du Sud en 2011�.

Des séries de frappes aériennes similaires ont eu lieu dans l'État du Nil Bleu, avec les mêmes conséquences catastrophiques pour les civils. La majorité des réfugiés de cette région interrogés par Amnesty International ont déclaré avoir fui en raison des bombardements quotidiens dans leur région. Dans le camp de réfugiés de Doro, au Soudan du Sud, l'organisation a rencontré des civils qui avaient fui en novembre et décembre 2011 et qui avaient été blessés ou avaient perdu des membres de leur famille lors des frappes aériennes du 10 novembre sur le village de Bellatuma, dans le Nil Bleu : c'était le jour du marché hebdomadaire ; les habitants des villages alentours étaient venus acheter de la nourriture et d'autres produits. Selon les témoins, neuf civils (cinq femmes, deux hommes et deux enfants) ont été tués dans cette attaque.

Ayub Dan, qui a perdu sa femme Marta, âgée de 27 ans, avec qui il avait sept enfants, a raconté : « J'étais au marché avec ma femme mais je n'étais pas à côté d'elle quand le marché a été bombardé. Quand nous avons entendu l'Antonov au dessus de nous, nous nous sommes jetés à terre. C'était la panique. Quand j'ai retrouvé ma femme, elle était allongée face contre terre et elle était morte ; un gros éclat d'obus l'avait transpercée du dos à la poitrine. L'avion a largué plusieurs bombes ; j'en ai compté 12, trois à chacun de ses quatre passages – deux allers-et-retours. »

Les deux filles d'Ayub Dan, Manasia, six ans, et Barshiba, 14 ans, ont aussi été blessées. Elles étaient chez elles, dans la ville voisine de Yabus, quand elles ont entendu l'Antonov tourner. Manasia a été grièvement blessée à l'aisselle gauche et à la poitrine, et Barshiba a eu une partie de la fesse droite arrachée. Toutes deux ont dû recevoir des soins médicaux intensifs.

Les attaques aériennes aveugles dans des zones peuplées de civils – au moyen de munitions non guidées larguées à haute altitude – ne permettent pas de respecter le principe de la distinction entre les objectifs militaires et les biens de caractère civil ni entre les civils et les combattants. Ces attaques sont des crimes de guerre et pourraient même constituer des crimes contre l'humanité. Lorsqu'elles conduisent des opérations militaires, les autorités doivent constamment veiller à épargner la population civile et les biens de caractère civil. Toutes les précautions possibles doivent être prises en vue d'éviter et, en tout cas, de réduire au minimum les pertes en vies humaines dans la population civile, les blessures aux personnes civiles et les dommages aux biens de caractère civil�.

ARRESTATIONS ET DÉTENTIONS

Les civils ayant fui le Kordofan du Sud et le Nil Bleu ont raconté à Amnesty International qu'en plus des bombardements aveugles, les forces armées soudanaises arrêtaient arbitrairement et tuaient illégalement les sympathisants présumés du MPLS-N.

Ezzeldin Kaki, 38 ans, est arrivé au camp de réfugiés de Yida le 4 avril 2012. Il avait fui son village, El Mesheesha, situé dans la banlieue de Kadugli, capitale du Kordofan du Sud, le 6 juin 2011 à la suite d'une attaque des forces armées soudanaises. Il a déclaré à Amnesty International :

« Les soldats ont attaqué cet endroit [El Mesheesha] et tué au hasard les sympathisants du MPLS-N. Mon père, Kaki Abdallah, a été tué. Il était chez lui avec mon frère, Abdallah Kaki, 45 ans, et mon oncle, Mohamed Ali, 70 ans. Ils sont sortis pour voir ce qui se passait et ils ont été abattus. Alors, j'ai couru me cacher dans les montagnes. Le soir, quand les soldats du PCN sont partis, je suis retourné au village et j'ai enterré leurs corps, puis je suis retourné dans les grottes. Je n'ai jamais remis les pieds à El Mesheesha. Je ne fais que me déplacer. »

Après cet épisode, Ezzeldin Kaki a trouvé refuge dans une grotte dans les monts Nouba, près de Tess ; il s'y trouvait quand cette ville a été attaquée par les forces armées soudanaises le 20 septembre :

J'étais en haut d'une colline, mais caché dans la grotte. Il y a eu une attaque [des forces armées soudanaises] le 20 septembre. C'était une attaque violente, provenant de plusieurs directions à la fois. Environ 400 civils ont été capturés et emmenés à Kadugli. Ils ont été chargés dans deux gros camions. Tous étaient des civils – des enfants, des femmes et des hommes âgés. »

A. B., 18 ans, et H. A., 20 ans, originaires du village de Tyagual, près de Kurkuru, dans l'État du Nil Bleu, ont été capturés en novembre 2011 avec 10 autres hommes et détenus par des soldats de l'armée soudanaise.

H. A. a raconté leur capture à Amnesty International :

« Nous avions mené nos chèvres à la rivière pour les faire boire quand, soudain, nous avons été encerclés par un grand nombre de soldats. Ils ont abattu deux garçons, Awad Khalifa et Omar Adau [qui avaient environ 25 ans]. Ils nous ont emmenés en camion avec nos chèvres à Wadabok et nous ont demandé si nous étions des soldats. Nous avons répondu que nous étions de simples civils. Ils nous ont emmenés dans une ferme, où ils nous ont retenus prisonniers et contraints à travailler. À notre arrivée à Wadabok, ils nous ont frappés avec un bâton. Pendant trois jours, nous avons cherché un moyen de nous échapper. Nous nous sommes évadés vers 19 heures le troisième soir et nous sommes arrivés à Kurkuru à 10 heures [le lendemain matin]. »

Des centaines de membres avérés ou présumés du MPLS-N ont aussi été arrêtés par les autorités soudanaises depuis juin 2011, notamment dans la capitale, Khartoum. Tout récemment, en mars et en avril 2012, les autorités soudanaises ont procédé à une vague d'arrestations de membres et de sympathisants présumés du MPLS-N. Le 15 mars, Jalila Khamis Koko, enseignante du Kordofan du Sud et membre du MPLS-N, a été arrêtée chez elle à Khartoum. Elle est toujours en détention, n'a pas la possibilité de rencontrer un avocat et a été licenciée de son poste d'enseignante, semble-t-il à cause de son absence. Aucune charge n'a été portée contre elle. Le 21 avril, Alawiya Osman Ismail Kubaida, secrétaire du MPLS-N aux affaires sociales, a été arrêtée par des agents en civil du Service national de la sûreté à son domicile, à Omdourman, dans la banlieue de Khartoum. Elle a été emmenée dans un lieu inconnu, et sa famille n'a pas été informée des raisons de son arrestation. Le Service national de la sûreté a reconnu qu'il la détenait, mais n'a pas révélé l'endroit. Elle n'a pas pu entrer en contact avec sa famille ni avec un avocat, et aucune charge n'a été portée contre elle.

Le 25 juin 2011, Bushra Gamar Hussein Rahma, technicien en radiologie et fondateur de l'Organisation pour les droits humains et le développement (HUDO), dont le siège est au Kordofan du Sud, a été arrêté par le Service national de la sûreté à son domicile, �à Omdourman. Il avait travaillé pour le MPLS en 2008, mais depuis il n'en était plus un membre actif. Il a été libéré le 14 juillet 2011, puis immédiatement réarrêté. Il est détenu à la prison de Kober, à Khartoum, sans aucune possibilité de contact avec un avocat ni avec sa famille. Il est inculpé de diverses infractions punies par sept articles� du Code pénal de 1991, notamment l'article 50 relatif à l'« atteinte au système constitutionnel », qui prévoit la peine de mort ou de la réclusion à perpétuité.

Le 2 septembre 2011, après la fermeture des bureaux du MPLS-N, les forces de sécurité soudanaises ont arrêté des dirigeants et des membres de ce parti dans l'État du Nil Bleu. Parmi eux figurait le poète et militant soudanais Abdelmoniem Raham, qui a été vu en détention aux mains du Service national de sûreté à Damazin, capitale de l'État du Nil Bleu, le 2 septembre. Il avait été nommé en 2010 conseiller du gouvernement pour les affaires culturelles dans l'État du Nil Bleu. Il était aussi le cofondateur et le directeur administratif du journal Ajrass al Hurriya (les Cloches de la liberté), interdit par les autorités en juillet 2011.

En mars 2012, le bureau du procureur général a annoncé avoir terminé ses enquêtes sur 132 détenus, dont Abdelmoniem Rahama, et a accusé ces détenus de crimes contre l'État et d'espionnage. Les avocats et les familles de ces détenus n'ont pu obtenir aucune précision, notamment la liste des détenus en question et les charges exactes pesant contre eux ; ils n'ont pas davantage pu les rencontrer. Des avocats qui suivent les arrestations estiment que plus de 200 membres du MPLS-N sont détenus ou portés disparus.

PRIVATION D'AIDE HUMANITAIRE

Depuis le début du conflit, les autorités soudanaises interdisent aux observateurs internationaux des droits humains et aux organisations humanitaires de se rendre au Kordofan du Sud et dans le Nil Bleu, en particulier dans les zones contrôlées par le MPLS-N, les empêchant de porter secours aux civils de ces régions. Il est interdit d'utiliser la famine contre la population civile comme méthode de guerre, et le personnel humanitaire doit être respecté et protégé.

Le 9 février 2012, l'Union africaine, la Ligue arabe et les Nations unies ont soumis une proposition tripartite au gouvernement soudanais et au MPLS-N, exhortant les deux parties à autoriser immédiatement et sans entrave l'aide humanitaire aux civils dans les deux États. Cet appel a été renouvelé par le Conseil de sécurité des Nations unies le 2 mai 2012�. Le MPLS-N a signé l'accord tripartite, mais pas le gouvernement soudanais.

DES DÉPLACEMENTS TOUJOURS PLUS NOMBREUX

Depuis le début du conflit, plus de 30 000 réfugiés du Kordofan du Sud ont fui vers l'État de l'Unité et 91 400 ont quitté le Nil Bleu pour rejoindre l'État du Haut-Nil�. Ces deux États du Soudan du Sud sont de plus en plus instables, car ils sont frontaliers du Soudan. La majorité des réfugiés qui ont fui vers l'État de l'Unité se trouvent dans les camps de Yida, Nyiel et Pariang, tandis que la plupart de ceux qui ont rejoint l'État du Haut-Nil sont installés dans les camps de Doro et Jammam, sans compter les nombreux sites de transit et camps informels. Par ailleurs, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées à l'intérieur des États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu, mais il est impossible de connaître leur nombre exact, car les autorités soudanaises bloquent l'accès aux zones de conflit�.

Les réfugiés qui fuient le conflit sont de plus en plus nombreux à arriver au Soudan du Sud. Les réfugiés de la dernière vague, environ 20 000 personnes en provenance du Nil Bleu, sont arrivés à Elfoj, dans le Haut-Nil, mi-mai et début juin 2012. La plupart des nouveaux arrivants ont été réinstallés dans un site de transit à Rum en attendant leur transfert au camp de Yusuf Batil (Doro II), où l'on se prépare à accueillir ce récent afflux de réfugiés�.

Les réfugiés du Kordofan du Sud continuent d'affluer au camp de Yida (État de l'Unité) : 550 personnes en moyenne y arrivaient chaque jour pendant la première quinzaine de mai. Entre la mi-février et la fin mai 2012, la population de ce camp est passée de 16 700 à plus de 35 000 personnes.

Amnesty International a interrogé des nouveaux arrivants à Yida, mi-avril 2012. Tous ont raconté avoir fui en partie à cause des conséquences persistantes et cumulées des attaques aériennes et terrestres des forces armées soudanaises, mais surtout en raison de la situation humanitaire : ils craignaient d'être à court de vivres s'ils ne gagnaient pas le Soudan du Sud avant le début de la saison des pluies, en mai. La plupart ont indiqué que les bombardements aériens les avaient empêchés de faire les semis ou de s'occuper des cultures, et qu'ils n'étaient plus en mesure d'assurer leur autosuffisance alimentaire. Certains réfugiés étaient arrivés directement de chez eux, c'est-à-dire du Kordofan du Sud, tandis que d'autres avaient fui plusieurs mois avant d'arriver à Yida et étaient passés par plusieurs sites de cet État avant de franchir la frontière du Soudan du Sud.

Boboya Sumi, infirmière de 25 ans originaire de Tess, est arrivée à Yida le 15 avril avec deux autres femmes et leurs six enfants. Elle a fait le récit suivant à Amnesty International :

« J'avais dit que je ne voulais pas aller à Yida, même quand la guerre a commencé, mais maintenant il n'y a plus rien à manger. C'est pour ça que je suis venue. Quand les combats ont commencé [à Tess], je suis allée à Tabanya. J'y suis arrivée en juin [2011] et j'y suis restée jusqu'en novembre. Ensuite, je suis retournée à Tess et j'ai vu que la situation y était correcte. Il y avait encore beaucoup de monde là-bas mais peu de maisons, juste des gens qui se cachaient dans les montagnes. Il n'y avait pas grand-chose à manger. Je me suis cachée dans la savane et, une fois les ennemis chassés, je suis retournée dans ma maison pour manger, mais ensuite [nous n'avions] plus que les feuilles des arbres à manger. Mes enfants ont beaucoup souffert depuis début avril. »

Bashir Tia, 26 ans, originaire de Kolulu au Kordofan du Sud, est arrivé à Yida le 15 avril avec son frère et leurs familles, dont cinq jeunes enfants. Il a déclaré à Amnesty International :

« Au début, je n'avais pas l'intention de venir à Yida, mais la pénurie d'eau et de nourriture nous a poussés à le faire. À Kolulu, les bombardements des Antonov et des MiG nous empêchaient de cultiver les champs. Ça a commencé en juin [2011] et ça dure encore. Le problème de l'eau est différent. L'eau, on peut aller la chercher très loin, mais pas la nourriture. Je suis descendu plus au sud [du Kordofan du Sud] afin de trouver du sorgho pour nourrir les enfants, mais il y en avait très peu. »

Tahani Kuwa Zuber, 25 ans, originaire de Chat au Kordofan du Sud, est arrivée à Yida le 14 avril avec les huit enfants de son frère. Elle n'a pas pu emmener ses propres enfants, âgés de quatre et cinq ans, car elle a fait le voyage à pied et elle craignait qu'ils ne soient trop jeunes pour faire le trajet. Elle les a laissés à leur grand-mère et espère pouvoir retourner les chercher très prochainement. Amnesty International a recueilli son témoignage :

« C'est la faim qui m'a amenée ici. En juillet, les bombardements nous ont empêchés de cultiver nos champs. [À Chat], nous avions un peu à manger, mais pas assez pour nous rassasier. Il n'y avait plus grand chose quand je suis partie, et je suis venue à Yida car j'avais entendu dire que la vie y était meilleure et qu'on me donnerait de la nourriture. »

Awad Izzadine, 30 ans, originaire de Kolulu au Kordofan du Sud, est arrivé à Yida le 15 avril 2012 avec ses deux épouses et leurs huit enfants, sa sœur et ses quatre enfants, et sa mère et ses deux enfants. Les 14 enfants sont âgés de six mois à 15 ans. Il a déclaré à Amnesty International :

« Ils avaient tout le temps faim et guettaient toujours les Antonov. Parfois, j'avais l'impression que mes enfants ne pourraient jamais s'arrêter de pleurer. »

LE STATUT DU CAMP DE RÉFUGIÉS DE YIDA

Le camp de Yida est le camp de réfugiés du Soudan du Sud le plus proche du Soudan. Il est situé dans l'État de l'Unité, à environ 25 kilomètres de la frontière. Les premiers réfugiés sont arrivés à Yida le 21 juillet 2011. Il s'agissait d'un groupe d'environ 300 personnes du Kordofan du Sud, qui avait passé la frontière du Soudan du Sud�.

Peu après l'afflux de réfugiés à Yida, le HCR s'est inquiété de leur sécurité en raison de la proximité du camp avec la frontière soudanaise ; il a appelé à maintes reprises les réfugiés à aller s'installer dans d'autres lieux plus à l'intérieur du pays�. La trop grande proximité avec la frontière fait courir aux réfugiés le risque que le camp ne soit utilisé comme base militaire et comme point d'approvisionnement ou de transit par les groupes d'opposition armés, et par conséquent d'être blessés ou directement pris pour cibles lors d'attaques transfrontalières.

C'est pourquoi les normes internationales, notamment la Convention de l'OUA sur les réfugiés�, disposent que les réfugiés doivent être installés à une distance raisonnable des frontières de leur pays d'origine, afin de garantir le caractère civil et humanitaire des camps�. On entend généralement par distance raisonnable une cinquantaine de kilomètres de la frontière.

Le HCR s'inquiète également de l'isolement de Yida, qui complique l'acheminement de l'aide pendant la saison des pluies et rendrait très difficile une évacuation si les conditions de sécurité venaient à se détériorer�. Yida a été décrite à maintes reprises à Amnesty International comme une « île » pendant la saison des pluies, toutes les routes devenant impraticables et la piste d'atterrissage pratiquement inutilisable.

En consultation avec les autorités du Soudan du Sud, les représentants des réfugiés de Yida et les organisations humanitaires, en novembre et en décembre 2011, le HCR a mis ouvert, dans l'État de l'Unité, deux nouveaux sites un peu plus éloignés de la frontière, où il exhorte les réfugiés de Yida à aller s'installer. Le camp de réfugiés de Pariang accueille quelque 1 900 élèves du secondaire et sert de point de transit pour les réfugiés qui attendent leur transfert au camp de Nyiel, situé à une heure de route de Pariang.

Dans le camp de Nyiel, le HCR a monté suffisamment de tentes pour accueillir environ 9 000 personnes. Cependant, quand Amnesty International s'est rendue dans ce camp le 14 avril 2012, pas plus de 650 réfugiés y vivaient. Bien que le HCR invite depuis plusieurs mois les réfugiés à se réinstaller à Nyiel, très peu prennent cette décision. Amnesty International a demandé à de nombreux réfugiés du camp de Yida leur avis sur une réinstallation à Nyiel, et tous ont indiqué qu'ils ne souhaitaient pas partir, principalement parce qu'ils jugeaient que ce camp était situé dans un endroit inhospitalier. Ce sentiment est également partagé par la direction du Conseil des réfugiés de Yida, qui a été mise en place par le MPLS-N pour gérer le camp et comprend différents comités chargés, entre autres, de la santé, du genre, de l'éducation et de l'action sociale�.

Les réfugiés craignent notamment que la faible altitude et la dureté du terrain à Nyiel ne favorisent les inondations pendant la saison des pluies, ce qui rendrait les conditions de vie intolérables et augmenterait la prévalence de maladies comme le paludisme et la typhoïde. Nyiel a été largement décrit comme un « marécage » pendant la saison des pluies. Les réfugiés ont également expliqué qu'ils préféraient rester près de la frontière, car ainsi ils pourraient retourner plus facilement chez eux quand ce serait possible, même temporairement, et ils auraient plus de chances de pouvoir aller faire leurs semis et s'occuper de leurs récoltes. Cependant, selon plusieurs sources, des réfugiés qui avaient manifesté leur intérêt pour une réinstallation à Pariang ou à Nyiel auraient été harcelés ou intimidés, et certains auraient même été détenus illégalement par des personnes agissant sous les ordres des dirigeants de Yida.

Amnesty International estime que le HCR s'inquiète avec raison des problèmes de fonctionnement à Yida, notamment de l'insécurité croissante due à la proximité de la frontière. Néanmoins, elle a constaté avec préoccupation que, lors de sa visite en avril 2012, les réfugiés de Yida ne bénéficiaient pas des mêmes aides et programmes que ceux des autres camps.

Les ONG internationales présentes à Yida ont déploré l'absence de prise en charge et de financement de la coordination et de la gestion du camp par le HCR, en raison du statut contesté de ce camp. Elles ont précisé que, de ce fait, un certain nombre de questions cruciales, comme l'accueil et l'intégration des nouveaux arrivants, la supervision de la distribution d'eau dans le camp et le sort des enfants non accompagnés, étaient traitées au coup par coup, et donc de façon incomplète, ce qui aggravait encore les conditions de vie des réfugiés. Par exemple, quand Amnesty International s'est rendue à Yida, il n'y avait pas encore eu de distribution généralisée de bâches en plastique et de moustiquaires pour permettre aux réfugiés de se préparer à la saison des pluies. De même, des agences des Nations unies avaient refusé d'aider les réfugiés de Yida à entreprendre des activités agricoles dans le camp, et notamment refusé de leur fournir des semences et des outils.

Reconnaissant que le nombre de réfugiés arrivant à Yida ne cessait d'augmenter, qu'ils refusaient d'aller s'installer à Nyiel et que la saison des pluies arrivait, le HCR a indiqué à Amnesty International fin avril 2012 qu'il allait renforcer les services et les programmes dans ce camp. En mai, il a accru sa présence et a pris en charge l'enregistrement des nouveaux arrivants et la distribution des produits non alimentaires aux groupes vulnérables. Il continue toutefois de préconiser un déplacement des réfugiés à une distance plus sûre de la frontière�. Amnesty International convient qu'il serait préférable que les réfugiés aillent s'installer dans des lieux plus sûrs, mais elle appelle le HCR à veiller à ce que la coordination et la gestion du camp soient officiellement soutenues et financées à Yida, et à ce que les réfugiés puissent bénéficier des services de première nécessité.

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Un enfant observe des ruines encore fumantes après un bombardement à Kauda (Kordofan du Sud, Soudan), 29 avril 2012. Les forces armées soudanaises continuent de bombarder sans discrimination des zones civiles.

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Sergiel Khoja, mère de sept enfants et enceinte de cinq mois, à l'hôpital de Malakal (Soudan du Sud), 5 décembre 2011. Elle a été blessée lors du bombardement du marché de Bellatuma (État du Nil Bleu, Soudan). Elle a dû être amputée de la jambe gauche sous le genou.

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Ayub Dan et ses enfants blessés, Manasia, six ans et Barshiba, 14 ans, dans le camp de réfugiés de Doro, près de Bunj (Soudan du Sud), 2 décembre 2011. La femme de cet homme a été tuée et ses deux filles blessées lors du bombardement du marché de Bellatuma, dans l'État du Nil Bleu (Soudan).

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Des enfants du village de Tess, dans les monts Nouba (Kordofan du Sud), se rendent au camp de réfugiés de Yida chargés des maigres biens de leur famille, mai 2012.

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Des réfugiés des monts Nouba arrivent en camion au camp de Yida (Soudan du Sud), avril 2012.

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Une femme et sa famille venant d'arriver des monts Nouba font la queue pour s'inscrire dans un centre d'enregistrement des réfugiés près du camp de Yida (Soudan du Sud), avril 2012.

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Des enfants jouent devant une cabane dans le camp de réfugiés de Yida (Soudan du Sud), avril 2012.

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Une famille fraîchement arrivée installe ses affaires dans le camp de réfugiés de Yida (Soudan du Sud), avril 2012.

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Faute d'abri, des réfugiés dorment dehors dans le camp de Yida (Soudan du Sud), avril 2012.

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Les ressources en eau potable étant épuisées, un homme puise de l'eau dans une mare dans le camp de réfugiés de Yida (Soudan du Sud), avril 2012.

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Deux femmes se disputent à un point d'eau du camp de réfugiés de Yida. L'eau est une denrée extrêmement rare dans le camp, où les températures dans la journée dépassent les 45 °C. Les femmes et les enfants font souvent jusqu'à 10 heures de queue pour remplir un bidon (Soudan du Sud), avril 2012.

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Des réfugiés font la queue pour l'eau dans le camp de Jammam (État du Haut-Nil, Soudan du Sud), mars 2012.

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La pénurie d'eau est un énorme problème pour les réfugiés du camp de Jammam (Soudan du Sud), mars 2012.

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Un petit garçon guide une réfugiée aveugle dans le marché principal du camp de Yida (Soudan du Sud), avril 2012.

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La présence de soldats de l'APLS-N constatée dans le camp de réfugiés de Yida remet en cause la nature civile de ce camp (Soudan du Sud), avril 2012.

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De gauche à droite : Arafa Jazar, 15 ans, Seham Tauir, 13 ans, Samah Juma, 17 ans, Marha Zabid, 17 ans, Bushar Adam, 15 ans et Amani Zaki, 18 ans. Ces jeunes filles ont quitté leurs familles dans le Kordofan du Sud pour rejoindre le camp de réfugiés de Yida dans l'espoir y aller à l'école (Soudan du Sud), avril 2012.

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Les jeunes filles isolées manquent d'équipements de base, comme des douches. Certaines ont expliqué à Amnesty International qu'elles se douchaient deux par deux la nuit, pour ne pas être vues. « Nous avons peur que des gens ivres nous fassent du mal, par exemple nous frappent, nous violent ou nous cherchent querelle. Des gens ivres entrent dans le camp la nuit et nous devons crier pour les faire partir. »

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Halima Ahmed, 18 ans, originaire de Frandala, dans le Kordofan du Sud, est venue dans le camp de réfugiés de Yida en août 2011 pour aller à l'école primaire. Quand elle est retournée au Kordofan du Sud, en mars 2012, pour rendre visite à sa famille, sa sœur de trois ans, Numi, a été tuée par un éclat d'obus. « À un moment nous courions pour nous mettre à l'abri, et l'instant d'après elle était morte » (Soudan du Sud), avril 2012.

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Des jeunes garçons attendent une distribution de moustiquaires par une organisation humanitaire dans le camp de réfugiés de Yida (Soudan du Sud), avril 2012.

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Des jeunes garçons s'abritent du soleil dans le camp de réfugiés de Pariang (Soudan du Sud), 17 avril 2012.

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Tentes vides installées par le HCR, l'agence des Nations unies pour les réfugiés, dans le camp de réfugiés de Nyiel. Elles sont prévues pour accueillir 9 000 personnes, mais seuls 600 réfugiés vivent dans ce camp (Soudan du Sud), avril 2012.

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Des femmes assises dans un entrepôt de nourriture au camp de réfugiés de Yida (Soudan du Sud), avril 2012. Les réfugiés qui arrivent dans les camps après avoir fui le conflit armé dans les États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu (Soudan) continuent d'être confrontés à la pénurie de nourriture.

DES RÉFUGIÉS EN DANGER : LES DROITS DES RÉFUGIÉS SOUDANAIS NE SONT PAS PROTÉGÉS AU SOUDAN DU SUD

Selon la convention et le protocole relatifs au statut des réfugiés (1951, 1967), les réfugiés ont certains droits, notamment celui de ne pas faire l'objet de discrimination ou de sanctions du fait de leur statut de réfugié, de même que le droit à l'éducation et au travail�. Les enfants réfugiés ont droit à l'éducation. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a appelé les État à garantir « à tous les enfants réfugiés l'accès à un enseignement primaire de qualité� ».

Le HCR souligne que la protection des réfugiés « incombe essentiellement aux Etats et que le meilleur moyen d'y parvenir est d'instaurer une coopération efficace entre tous les Etats concernés et le HCR, ainsi que d'autres organisations internationales et acteurs pertinents� ». En outre, le HCR réaffirme « qu'il est important de fournir une assistance et une protection opportunes et adéquates aux réfugiés, que l'assistance et la protection se renforcent mutuellement et qu'une assistance matérielle inadéquate et des pénuries alimentaires hypothèquent les activités de protection� ».

Il incombe aux États de veiller à ce que les réfugiés puissent jouir de leurs droits fondamentaux – droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de leur personne – et à ce qu'ils soient traités avec dignité et respect. En outre, les États recevant des réfugiés et des demandeurs d'asile doivent prendre les dispositions pour les accueillir et assurer leur bien-être. Ils doivent notamment permettre à ces personnes de « recevoir toute l'assistance nécessaire et l'on doit leur fournir tous les produits de première nécessité: vivres, abris et services d'hygiène et de santé� ».

PÉNURIE DE NOURRITURE ET D'EAU

Dans les camps de réfugiés de Doro et Jammam, les organisations humanitaires, les agences des Nations unies et les réfugiés ont déclaré que la pénurie d'eau était l'un de leurs principaux problèmes. Les normes minimales précisent que, pour survivre dans des situations d'urgence, une personne a besoin de sept à 15 litres d'eau par jour. L'eau doit avoir un goût acceptable et être d'une qualité permettant de la boire et de l'utiliser sans risque sanitaire pour la cuisine, la toilette et l'hygiène personnelle�.

Des organisations non gouvernementales (ONG) internationales présentes à Doro et Jammam ont déclaré que l'on donnait aux réfugiés entre cinq et sept litres d'eau par jour. Mais certaines personnes estiment que la ration est inférieure. Selon des organisations travaillant dans le domaine de la santé, la pénurie d'eau, associée aux mauvaises conditions sanitaires hygiéniques, était à l'origine des taux élevés de diarrhée dans les camps.

À Jammam, les tentatives pour obtenir de l'eau en creusant des puits se sont révélées vaines du fait de pauvreté de la nappe phréatique�. Les ONG internationales gérant l'approvisionnement en eau potable et les installations sanitaires ont été obligées convoyer de grandes quantités d'eau dans la région. Si bien que le 7 mai 2012, le HCR a commencé à réinstaller 15 000 réfugiés à Doro alors que ce camp en compterait déjà 38 000�. La pénurie d'eau a également été évoquée par les réfugiés installés à Doro et par des personnes interrogées à Khortumbak, un camp improvisé situé à une heure de route de Doro, où sont regroupés environ 2 000 réfugiés. Certaines d'entre elles ont déclaré qu'elles refusaient d'aller au camp de Doro, notamment à cause de la pénurie d'eau.

Silka Chunahada, 28 ans, originaire de Baambai dans l'État du Nil Bleu, est arrivé à Khortumbak en octobre 2011. Il a déclaré :

« Je ne me suis pas inscrit auprès du HCR parce que j'aime cet endroit et je veux y rester. J'ai entendu qu'il n'y avait ni nourriture ni eau à Doro et qu'il y avait des problèmes avec les habitants du coin. Ici, nous n'avons pas de problèmes avec les habitants. »

En juin 2012, le HCR a déclaré qu'à Doro les réfugiés recevaient en moyenne 18 litres d'eau par personne et par jour, et qu'il n'y avait plus de queues aux points d'eau. Mais diverses ONG internationales estiment que le camp de Doro ne peut pas accueillir davantage de réfugiés et qu'au camp Usuf Batil (Doro II) il n'y a d'eau que pour 3 000 à 4 000 réfugiés�.

La saison des pluies rendra plus difficile le transport du matériel de forage des puits, car les routes deviendront impraticables. En mars 2012, lorsqu'Amnesty International était sur place, les organisations internationales présentes à Doro attendaient une foreuse plus grande depuis plus d'un mois pour creuser davantage de puits. Celle-ci n'arrivait pas à cause des grands problèmes logistiques que pose le transport d'équipements lourds dans les zones reculées du Soudan du Sud.

À Yida, l'ampleur de la pénurie d'eau est également manifeste. Lorsqu'Amnesty International était sur place, en avril 2012, trois des cinq puits étaient hors d'usage, et les femmes faisaient la queue pour avoir de l'eau pendant parfois plus de 10 heures, ce qui incitait certaines personnes à puiser l'eau stagnante des mares. Ces queues interminables provoquaient souvent des tensions et des conflits entre les réfugiés.

Tia Tutu, 31 ans, originaire de Chat au Kordofan du Sud, est arrivé à Yida le 2 avril. Il a déclaré à Amnesty International :

« Notre plus grand problème, c'est d'obtenir de l'eau. Il y a beaucoup de monde et ça prend un temps infini. Ma femme est partie à minuit et demie et elle est revenue à 10 heures du matin avec un seul bidon. Elle a laissé deux bidons là-bas. »

Amnesty International a appris que depuis sa visite à Yida, en avril 2012, les pompes à main avaient été remplacées par des pompes submersibles pour accélérer la production et que le HCR avait entrepris de creuser six puits supplémentaires pour faire face à l'augmentation du nombre des réfugiés.

Les difficultés, notamment pour les réfugiés nouvellement arrivés, d'obtenir de la nourriture ont également été évoquées à Doro et Yida. Le droit à l'aide alimentaire signifie que les personnes doivent recevoir une quantité de nourriture suffisante pour qu'elles puissent survivre dans la dignité et, autant que possible, permettant d'éviter une dégradation de leur état et de renforcer leur résistance. Une personne devrait recevoir quotidiennement 2 100 calories�.

Sheik Ali Shattah, l'un des représentants des réfugiés de Mayek à Doro, a déclaré, le 24 mars, à Amnesty International qu'un groupe de réfugiés était arrivé 14 jours plus tôt, mais qu'ils n'étaient pas encore enregistrés auprès du HCR et ne recevaient par conséquent pas de rations alimentaires. Il a déclaré :

« Une distribution [de nourriture] aura lieu dans quelques jours, mais je ne sais pas ce qui se passera pour eux. Actuellement je leur donne de la nourriture sur ma propre ration pour nourrir les enfants. Ce n'est pas bien si je mange alors qu'ils ne le peuvent pas. »

À Yida, les réfugiés arrivés trois semaines avant la visite d'Amnesty International ne recevaient pas encore de ration alimentaire. On leur avait donné, au moment de leur arrivée, des biscuits à haute teneur énergétique pour trois semaines, mais beaucoup partageaient leurs rations avec d'autres réfugiés. Ezzeldin Keki a déclaré à Amnesty International :

« Je suis arrivé [le 4 avril] et je me suis fait enregistrer. Jusqu'à présent, je n'ai rien reçu. Des personnes arrivées avant moi n'ont rien reçu entre le 8 mars la fin mars. On m'a renvoyé en me disant d'attendre, qu'une organisation m'apporterait des choses, mais j'attends toujours. Je partage mes repas avec des parents et des voisins, et ils m'hébergent. J'ai réussi à me procurer une bâche pour dormir, et on m'a donné trois paquets de biscuits par personne. »

Si les provisions ne sont pas entreposées à proximité du camp suffisamment à l'avance, l'augmentation du nombre des réfugiés et les problèmes logistiques qui surviendront avec la saison des pluies risquent de renforcer la pression sur les points d'eau et de ralentir l'approvisionnement alimentaire.

MANQUE D'ACCÈS À L'ÉDUCATION

« Pour nous, c'est vraiment important d'apprendre. C'est ce qu'il y a de plus important dans ma vie. C'est pour ça que lorsque les combats ont éclaté dans les monts Nouba, beaucoup de gens ont d'abord pris des dispositions pour que leurs enfants puissent continuer à aller à l'école », a déclaré Isaac Malak, originaire de Kauda, au Kordofan du Sud, et interviewé au camp de Yida.

Les populations réfugiées au Soudan du Sud accordent beaucoup d'importance à l'éducation, notamment celles du Kordofan du Sud. Le déclenchement des affrontements au Kordofan du Sud a gravement perturbé la scolarité des enfants. Lors des frappes aériennes, des bombes sont tombées sur des écoles, d'autres à proximité. Un jeune de 15 ans, qui vit maintenant dans le camp de Yida sans sa famille, a raconté à Amnesty International l'assaut de son école à Saraf Al Jamous, dans la vallée de la Gigeba, en juin 2011. Il a indiqué à Amnesty International que les Antonov et les MiG avaient multiplié les bombardements dans les jours précédant l'assaut, tuant de nombreux élèves et instituteurs, et qu'il avait fui immédiatement après, sans savoir où étaient les autres membres de sa famille.

La scolarité a également été perturbée parce que les élèves et leurs instituteurs, comme l'ensemble de la population civile du Kordofan du Sud, ont souvent été forcés de se cacher dans des grottes dans les montagnes et dans les forêts par crainte des attaques. L'aggravation de la pénurie alimentaire a touché les élèves et les instituteurs au même titre que le reste de la population du Kordofan du Sud et a incité de nombreux élèves à fuir au Soudan du Sud, souvent seuls, ou quelque temps avant les autres membres de leur famille. Mais il est manifeste que les élèves ont du mal à poursuivre leur scolarité une fois dans la sûreté toute relative des camps de réfugiés.

En avril 2012, lors de la visite d'Amnesty International au camp de Yida, 6 822 enfants (4 312 garçons et 2 510 filles) allaient à l'école primaire, ce qui représentait un tiers de la population du camp. Parmi ces enfants, 2 293 n'étaient pas accompagnés et vivaient à Yida sans soutien familial�. Le nombre des élèves continue d'augmenter rapidement, car il y a de nombreux enfants parmi les nouveaux arrivants.

Malgré le nombre élevé d'enfants en primaire à Yida, les trois écoles du camp n'ont reçu que peu de moyens. Au moment de la visite d'Amnesty International, 136 instituteurs issus de la population du camp de Yida enseignaient bénévolement. Le matériel scolaire comme les cahiers d'exercice et les tableaux étaient peu nombreux, et les professeurs se partageaient un unique manuel. Les classes étaient terriblement surchargées, certaines comptant jusqu'à 120 élèves, et l'enseignement avait lieu dans des installations provisoires nécessitant des consolidations importantes pour résister à la saison des pluies�. Mais si les installations scolaires du camp de Yida sont inadaptées, c'est aussi parce que les agences des Nations unies n'ont pas apporté à ce camp leur soutien total afin d'inciter les réfugiés à partir pour les camps de Pariang et Nyiel.

ENFANTS NON ACCOMPAGNÉS

La volonté des réfugiés du Kordofan du Sud de continuer à faire instruire leurs enfants malgré les difficultés dues à la poursuite du conflit, est à l'origine du nombre élevé d'enfants non accompagnés dans le camp de Yida. Le Conseil des réfugiés a indiqué à Amnesty International qu'à la mi-avril 2012 il y avait, parmi les réfugiés nouvellement arrivés dans ce camp, 2 293 élèves dont 1 474 garçons, 508 filles et 311 jeunes enfants (sans préciser la répartition filles-garçons de ce dernier groupe). Le plus jeune enfant non accompagné avait huit ans et les jeunes les plus âgés, 22 ans. Les jeunes de plus de 18 ans ne sont pas considérés comme des mineurs. Mais comme ils ont fui le Kordofan du Sud pour continuer à aller à l'école primaire et sont arrivés sans leur famille, ils sont hébergés avec les enfants�.

Les enfants non accompagnés et les jeunes du camp de Yida vivent dans des secteurs définis par le Conseil des réfugiés. Les responsables du Conseil des réfugiés et le personnel des ONG internationales et des agences des Nations unies présentes à Yida ont se sont unanimement dits préoccupés par les conditions dans lesquelles vit cette catégorie de personnes, notamment les filles non accompagnées.

Amnesty International a visité un secteur réservé aux filles et un secteur réservé aux garçons et a discuté de leurs problèmes avec un certain nombre d'élèves. Chez les garçons comme chez les filles, les installations sont surpeuplées. On a expliqué aux délégués d'Amnesty International, lors de leur visite du secteur réservé aux filles, situé au centre du camp de Yida, que ce secteur abritait 140 filles réparties dans 12 petites chambres.

Halima Ahmed, 18 ans, originaire de Frandala au Kordofan du Sud, a décrit à Amnesty International les conditions dans lesquelles les filles de ce secteur dormaient :

« Il y a des nuits où nous avons dû dormir à 20 dans notre chambre. Certaines filles sont très jeunes, elles ont 13 ou 14 ans. Nous ne pouvons pas dormir toutes en même temps, alors on dort à tour de rôle : certaines s'allongent pour dormir pendant que les autres attendent leur tour assises ou debout. »

Les garçons et les filles des deux secteurs ont déclaré à Amnesty International qu'ils ne recevaient pas suffisamment de nourriture et que c'étaient les instituteurs qui gardaient leurs cartes de rationnement. Ils ont précisé qu'ils ne prenaient généralement qu'un repas par jour. Abil Abdallah, 15 ans, originaire de Sarifiya au Kordofan du Sud, a déclaré :

« Nous devons nous-mêmes préparer nos repas. Souvent, nous avons juste assez pour un seul repas que l'on prépare au moment du petit-déjeuner. C'est un mélange de sorgho et de lentilles que l'on fait cuire avec de l'huile. Parfois, nous avons aussi une infusion de sorgho. J'ai beaucoup de problèmes d'estomac. J'ai dû aller deux fois à la clinique parce que j'avais des diarrhées très douloureuses. »

Les élèves qui veulent suivre des études secondaires sont obligés d'aller s'installer à Pariang. Ce camp abrite majoritairement des élèves du secondaire�. Pariang reçoit davantage d'aide des ONG internationales et des agences des Nations unies, mais les conditions de vie des élèves y sont quand même difficiles. Pariang est situé dans une zone au sol durci, pauvre en végétation et en ombre. Pendant la saison des pluies, il est exposé aux grandes inondations. Les projets des ONG internationales destinés à limiter les conséquences des inondations n'étaient pas achevés au moment de la visite d'Amnesty International, à la mi-avril 2012.

Louza Omar, 18 ans, originaire de Kauda au Kordofan du Sud, a quitté sa famille pour pouvoir poursuivre des études secondaires. Elle est arrivée à Pariang le 29 février 2012. Elle a dit à Amnesty International qu'à Pariang elle souffrait notamment des problèmes suivants :

« La chaleur dans les tentes et le manque d'eau [...] Nous devons faire la queue de quatre heures à sept heures du matin pour pouvoir prendre une douche avant d'aller à l'école. Il y a trois douches et trois toilettes pour les filles [...] et le bois de chauffe, nous allons le ramasser le week-end de quatre heures à neuf heures du matin. Nous y allons avec les garçons et c'est très loin. Pendant la saison humide, nous allons vraiment souffrir. Il nous faudrait du charbon de bois […] On ne nous a donné du savon qu'une seule fois, en mars. »

Malgré le nombre important d'élèves du secondaire à Pariang, Amnesty International a constaté lors de sa visite, le 17 avril, que les équipements scolaires étaient quasiment inexistants. L'accord de trois mois conclu entre les ONG internationales et les habitants de la localité pour que les élèves réfugiés puissent utiliser l'école est arrivé à terme le 15 avril 2012. Les ONG internationales travaillant sur place ont informé Amnesty International qu'il était prévu de construire des salles de classe dans le camp, mais que le projet n'était pas terminé. Les travaux de construction avaient été fortement retardés pour diverses raisons : entre autres, le personnel non indispensable, comme les maçons, avait été contraint de quitter la zone, car sa sécurité était menacée par les bombardements aveugles auxquels se livraient les forces armées soudanaises dans les environs de Bentiu, une ville située à deux heures de route de Pariang. Les élèves réfugiés au camp de Pariang n'ayant à leur disposition aucun autre local, leurs cours avaient été suspendus.

Ils ne savaient pas s'ils allaient rester à Pariang pendant que l'école était fermée. Louza Omar a déclaré à Amnesty International :

« Si je suis ici, c'est pour étudier. C'est pour cela qu'aujourd'hui je suis revenue à Pariang [alors que j'étais en visite à Yida]. Je voulais aller à mes cours. Il n'y a rien à faire ici ; je ne sais pas quoi faire. Je retournerai peut-être à Yida ou dans les monts Nouba [au Kordofan du Sud]. Je suis très inquiète pour mes parents et j'ai peur qu'ils ne soient bombardés par des Antonov ».

Début juin 2012, le HCR a indiqué à Amnesty International que les cours avaient repris à Pariang, ainsi que les travaux de construction.

Les ONG internationales ont déclaré que, dans les camps de Doro et Jammam (État du Haut-Nil), 65 % des réfugiés originaires du Nil Bleu étaient des enfants. Elles y avaient créé des espaces pour que les enfants puissent jouer. Mais elles avaient observé que les filles étaient moins nombreuses à venir jouer le soir, car elles aidaient leurs mères à la corvée d'eau. Elles ont ajouté que des écoles avaient été ouvertes dans ces camps, mais qu'elles avaient dû abaisser les niveaux d'instruction, en raison des problèmes rencontrés par les professeurs : le programme scolaire du Soudan du Sud prévoit que les cours doivent avoir lieu en anglais alors que les professeurs sont habitués à enseigner en arabe.

PRÉSENCE MILITAIRE ET TENSIONS AUX FRONTIÈRES

Amnesty International a vu de nombreux individus armés dans le camp de Yida (État de l'Unité) et à Khortumbak, camp improvisé situé dans l'État du Haut-Nil. À Yida, des ONG internationales ont déclaré à Amnesty International qu'elles voyaient souvent des individus armés dans ce camp mais que leur présence était irrégulière. Des individus en uniforme mais apparemment non armés ont également été vus à Doro et Jammam (État du Haut-Nil). D'après les déclarations recueillies par les délégués d'Amnesty International, ils rendaient visite à leurs familles.

Certains des soldats observés par Amnesty International étaient des membres de l'APLS ou de l'APLS-Nord. Leur uniforme ne permet pas de les distinguer précisément. D'ailleurs depuis l'indépendance du Soudan du Sud, la distinction entre l'APLS et l'APLS-Nord reste floue : les membres de l'APLS-Nord continuent de porter l'uniforme de l'APLS arborant le drapeau du Soudan du Sud, et les uns comme les autres utilisent des véhicules semblables. En outre, les forces de l'APLS et de l'APLS-Nord opèrent l'une et l'autre le long des régions frontalières revendiquées que les forces armées soudanaises bombardent régulièrement depuis l'éclatement du conflit au Kordofan du Sud et dans le Nil Bleu et la sécession du Soudan du Sud en 2011.

En avril 2012, les tensions entre le Soudan et le Soudan du Sud s'étant renforcées, les forces armées soudanaises ont procédé à des frappes aériennes aveugles sur l'État de l'Unité (alors ces bombardements sont interdits, que le conflit soit interne ou international). Les répercussions des combats sur les camps de Pariang et Nyiel ont inquiété les Nations unies et les ONG internationales. Ces deux camps sont proches de la capitale de l'État de l'Unité, Bentiu, laquelle a été bombardée de manière répétée à la mi-avril par des chasseurs (Antonov et MiG) soudanais. Le 14 avril 2012, Amnesty International a vu et entendu des Antonov et des MiG survoler le camp de Nyiel. Ceux-ci se dirigeaient vers leurs cibles situées dans les environs de Bentiu. Après les bombardements, les autorités du Soudan du Sud ont temporairement fermé la route reliant Bentiu à Nyiel et Pariang, ce qui a contraint les Nations unies et les ONG internationales à suspendre leurs déplacements dans la région.

Lors de frappes antérieures, effectuées le 10 novembre 2011 par les forces armées soudanaises sur l'État de l'Unité, cinq bombes ont touché la région de Yida. Deux d'entre elles sont tombées sur le camp de réfugiés, dont une tout près de l'école�. Outre les bombardements sur le camp, les réfugiés et les ONG présentes à Yida ont ressenti la violence des combats que se sont livrés les forces armées soudanaises, l'APLS et l'APLS-Nord dans le village frontalier de Jaw en décembre 2011 et février 2012, du fait de sa proximité du camp. Jaw a été bombardé par des Antonov et des Sukhoi SU-25 des forces armées soudanaises les 9 et 12 février, et de violents combats ont apparemment eu lieu dans ses environs le 26 février�. Du fait de la proximité des combats et par crainte d'attaques sur Yida, les ONG internationales ont provisoirement éloigné leur personnel de la région�.

Elfoj est un camp de transit situé dans le Haut-Nil et a été ouvert pour les réfugiés venant du Nil Bleu. Il a été bombardé le 23 janvier 2012, semble-t-il par les forces armées soudanaises. Bilan de cette attaque : un garçon a été blessé et les réfugiés et organisations les aidant contraints de se disperser�. Le village de New Guffa et Yafta, un hameau tout proche (Haut-Nil), où des soldats de l'APLS vivaient avec leurs familles, ont été bombardés en octobre et novembre 2011. Or c'était également une zone de transit pour les réfugiés, dont des membres de l'APLS-Nord, venant du Nil Bleu. À la suite des bombardements les habitants de ce village ont apparemment déserté les lieux. Elia Omar, père de quatre enfants, habitait à New Guffa. Il a déclaré à Amnesty International que lui et sa famille se précipitaient dans la savane pour se cacher à chaque fois qu'ils entendaient le vrombissement d'un Antonov, ajoutant que cela se produisait régulièrement.

Amnesty International a trouvé des éléments prouvant qu'il y avait eu des bombardements dans trois endroits aux alentours de New Guffa, notamment des débris d'obus et des trous semblant avoir été causés par des bombes. Il y avait également les tombes des victimes des frappes, parmi lesquelles semble-t-il un homme, une femme et leur enfant, originaires de Kurmuk dans le Nil Bleu, et trois soldats de l'APLS-Nord apparemment tués pendant le bombardement effectué le matin du 9 novembre 2011.

L'instabilité de la zone frontalière et la présence de groupes armés dans les camps de réfugiés ou à proximité expose souvent les réfugiés, le personnel des ONG internationales et des Nations unies et les civils vivant dans les régions du Soudan du Sud aux attaques des forces armées soudanaises et des groupes les soutenant.

DÉTENTION ILLÉGALE

Comme indiqué plus haut, le statut du camp de Yida et la volonté des Nations unies d'inciter les réfugiés à se réinstaller à Nyiel ont donné lieu à controverse. Amnesty International a recueilli des éléments confirmant que certaines personnes avaient subi des violations de leurs droits fondamentaux parce qu'elles n'adhéraient pas totalement à la position des représentants des réfugiés, à savoir le maintien des réfugiés à Yida.

I. T. a été arrêté le 25 janvier 2012 et détenu pendant 44 jours dans divers endroits du camp de Yida et au Kordofan du Sud. Il n'a jamais été informé des motifs de sa détention. Mais il pense que c'est parce que des membres de sa famille ont quitté Yida pour Pariang, alors que le Conseil des réfugiés de Yida veut le maintien sur place. Il est arrivé à Yida avec sa première épouse et leurs enfants en août 2011 et, en novembre, il est retourné au Kordofan du Sud pour ramener sa deuxième épouse et leurs enfants au Soudan du Sud. À son retour à Yida, le 3 janvier 2012, il a appris que sa première femme était partie s'installer au camp de Pariang avec ses enfants à cause des violents combats qui se déroulaient à Jaw, zone de conflit située à proximité de Yida.

I. T. était revenu au Soudan du Sud dans un camion que le HCR avait payé pour qu'il aide des élèves de Yida à déménager à Pariang. Alors qu'il s'apprêtait à charger le camion pour un deuxième voyage, des gens sont montés dans le camion, disant qu'ils voulaient aller à Pariang. Le chauffeur d'I. T. a demandé de l'aide à la police. Une personne en civil est arrivée, a demandé au chauffeur de s'éloigner et a emmené I. T. dans un endroit que celui-ci a présenté comme un poste de renseignement militaire « Nouba » où il a été interrogé sur les raisons pour lesquelles sa famille était partie à Pariang mais pas lui. On lui a également demandé quel était sa profession, s'il parlait anglais, pourquoi il travaillait avec des « blancs » et on lui a dit qu'il avait l'air d'un « politicien ». Puis l'interrogatoire s'est musclé, et on l'a averti que s'il élevait la voix on le battrait.

Un soldat armé a emmené I. T. dans ce que ce dernier a décrit comme une prison à l'air libre, c'est-à-dire un espace clôturé et surveillé par des gardes armés, situé à une certaine distance de Yida. I. T. a précisé que 25 soldats et deux autres civils y étaient détenus. Il y est resté trois jours. À un moment donné, leurs gardiens ont entendu que des représentants d'une ONG internationale s'approchaient de la prison. I. T. et trois autres prisonniers qui étaient enchaînés ont immédiatement été placés dans un tukul (une hutte recouverte de chaume) et avisés de se tenir tranquilles. I. T. a entendu que les représentants de l'ONG internationale demandaient à le voir, mais les gardes ont nié le détenir.

À 11 heures ce soir-là, on lui a enlevé ses chaînes mais on lui a attaché les mains dans le dos. Ensuite, on l'a fait monter dans un véhicule et on l'a emmené à Tabanya, près de Jaw (Kordofan du Sud) et on l'a enfermé dans un petit conteneur où il est resté 24 jours. Pendant cette période il n'a jamais été interrogé. Un parent d'I. T. membre de l'APLS-Nord a réussi à savoir où il était détenu. Il a évoqué le cas d'I. T. auprès d'un commandant local, à la suite de quoi I. T. a été envoyé dans les bâtiments de l'administration locale, à Tabanya. Il y a été détenu 17 jours supplémentaires. Pendant ce temps, des responsables locaux ont dit à plusieurs reprises à I. T. qu'ils ne savaient pas pourquoi il était détenu. I. T. a déclaré à Amnesty International :

« Ils [les responsables de l'administration locale] ne savaient absolument pas pourquoi j'étais en prison. Ils disaient que les soldats m'avaient simplement déposé là et qu'ils étaient repartis sans la moindre explication. Même après ma libération, je n'ai pas pu en apprendre davantage. »

Une fois libéré, I. T. est retourné à Yida et il a demandé au responsable du Conseil des réfugiés du camp la raison de son arrestation. Ce dernier a répondu qu'il s'agissait d'une erreur. Une semaine plus tard, I. T. et sa famille sont partis s'installer à Nyiel.

À la mi-janvier 2012, Alfred Ali, originaire du Kordofan du Sud, a été enlevé alors qu'il était réfugié au camp de Pariang. Un témoin oculaire a raconté à Amnesty International qu'un groupe de sept soldats de l'APLS-Nord, dont trois en uniforme et quatre en civil, mais tous armés, était entré dans le camp et avait forcé Alfred Ali à monter dans une camionnette qui était partie en direction du nord, vers Yida. Peu avant son enlèvement, Alfred Ali avait aidé un groupe de personnes récemment arrivées dans le camp. Alors qu'il retournait à sa tente, des soldats l'avaient accosté. Le témoin oculaire a entendu Alfred Ali crier « au secours ». Il a accouru vers Alfred Ali, mais les soldats de l'APLS-Nord ont pointé leurs armes sur lui pour le tenir à distance.

Alfred Ali, la quarantaine, vivait au camp de Pariang et travaillait comme traducteur pour les ONG internationales. Pendant le conflit armé qui a déchiré le Soudan, il était soldat dans les rangs de l'APLS, puis il a quitté l'armée pour poursuivre ses études au Kenya. Avant d'aller se réfugier au Soudan du Sud, en juin 2011, il avait travaillé pour une organisation humanitaire à Kadugli (Kordofan du Sud). L'enlèvement d'Alfred Ali a été signalé aux Nations unies et aux autorités du Soudan du Sud. Malgré les démarches semble-t-il entreprises d'un côté comme de l'autre pour le retrouver, on ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de lui.

M. T. a raconté à Amnesty International que, le 16 décembre 2011, lui-même et deux autres réfugiés du camp de Yida avaient été convoqués par un « soldat » au poste de police du camp. Il a précisé que la convocation émanait de la « police communautaire » laquelle est composée de personnes vivant dans le camp. Lorsqu'ils sont arrivés, on leur a annoncé qu'on les arrêtait. Ils ont été placés dans un bâtiment du camp, gardé par des individus armés. Leurs familles étaient autorisées à leur apporter de la nourriture. M. T. était régulièrement interrogé par un soldat qui lui demandait s'il avait dit aux gens de ne pas aller à Yida. Il répondait non. Il a été détenu pendant deux jours et demi. Les deux autres hommes auraient été détenus pendant sept et dix jours. À sa libération, M. T. est allé s'installer au camp de Nyiel avec sa famille.

Amnesty International a souvent entendu parler de la « police communautaire » qui opère de manière non officielle à Yida et dont on dit qu'elle travaille avec d'autres forces de sécurité, notamment l'APLS-Nord, l'APLS et la police du Soudan du Sud. Le responsable du Conseil des réfugiés, Hussein Angolbola, a déclaré à Amnesty International qu'à Yida le Conseil disposait d'un réseau d'une soixantaine de « bénévoles chargés de la protection » et que ceux-ci l'aidaient à maintenir l'ordre dans le camp. Il a précisé que ces bénévoles collaboraient avec la police du Soudan du Sud et qu'une ONG internationale leur avait donné une formation�. Il a affirmé que lorsque des membres de la police communautaire commettaient un acte criminel, ils étaient remis au chef de leur boma (c'est-à-dire de leur communauté) dans le camp.

Amnesty International a également reçu des informations faisant état de lieux de détention secrets ou non officiels, comme ceux décrits par I. T. et M. T., mais elle n'a pas été en mesure de visiter ceux de Yida.

RECRUTEMENT FORCÉ

Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles l'APLS-Nord enrôlerait de force les réfugiés des camps du Haut-Nil. Notre organisation n'a pas pu vérifier si les réfugiés de ces camps étaient systématiquement enrôlés de force, mais ces informations lui ont été données par des personnes qui avaient elles-mêmes été recrutées de force ou dont un parent l'avait été. Amnesty International rappelle que le fait de recruter ou d'enrôler des enfants de moins de 18 ans dans les forces armées nationales ou de les faire participer aux hostilités constitue un crime de guerre.

O.K.A., 24 ans, originaire du Nil Bleu est réfugié dans le camp de Jammam. Il y est aussi bénévole et a déclaré à Amnesty International :

« Après le marché, sur le chemin du village, un groupe de six soldats m'a interpellé. Ils m'appelaient et me disaient “allons-y”. Je les ai suivis parce que je ne savais pas pourquoi ils m'appelaient. Je suis retourné au marché avec les soldats et ils m'ont emmené au carrefour avec la route qui va à Elfoj. Comme je connais les responsables, j'ai essayé de leur expliquer que je pourrais mieux les aider en étant dans ma communauté. Une personne qui me connaissait m'a fait renvoyer. La semaine dernière [celle du 19 mars 2012], des soldats m'ont encore interpellé. »

O.K.A. est parvenu à convaincre les soldats de l'APLS-Nord de ne pas l'emmener avec eux parce qu'il aide sa communauté.

A. M., 26 ans, réfugié au camp de Jammam, a déclaré à Amnesty International que son frère, qui vivait aussi dans ce camp, avait été emmené par l'APLS-Nord :

« Mon frère a été emmené à Elfoj pour aller au front. Pendant 10 jours, il a reçu un entraînement, mais il s'est échappé. Ils l'ont emmené fin janvier ou début février à sept heures du matin alors qu'il dormait. Ils ont ouvert la porte et ils l'ont emmené. Il [mon frère] n'y est pas retourné, mais il ne se sent pas libre. Il part tôt le matin et ne revient qu'à la nuit parce qu'il a peur. »

Selon les informations dont dispose Amnesty International, les représentants des communautés du camp de Jammam ont reconnu, en février, qu'il y avait des recrutements forcés et ont demandé au HCR de les aider à les empêcher. Mais peu après ce constat, ils auraient été convoqués à une réunion avec l'APLS-Nord à Elfoj. À la suite de cette réunion, ils se sont dédits et ont affirmé que ces recrutements n'étaient que rumeur.

PRÉOCCUPATIONS POUR LES FILLES ET LES JEUNES FEMMES

Les filles et les jeunes femmes vivant dans les secteurs réservés aux personnes non accompagnées sont les groupes du camp de Yida dont la sécurité est la plus menacée. Toutes les filles et les jeunes femmes avec lesquelles Amnesty International s'est entretenue ont donné des détails sur le harcèlement qu'elles subissaient et déclaré que, la nuit, elles avaient extrêmement peur. Le niveau d'insécurité auquel elles sont confrontées est aggravé par le manque d'équipements réservés où elles pourraient s'occuper en toute sécurité de leur hygiène personnelle. Dans le secteur central de Yida, il n'y a pas de toilettes ou de douches réservées aux filles. Elles se douchent par deux la nuit tombée et sont obligées de demander à leurs voisins la permission d'utiliser leurs toilettes ; or ceux-ci la leur refusent parfois.

Samah Juma, 17 ans, originaire de Kurungu a dit à Amnesty International :

« À Yida, nous n'avons pas assez de toilettes, de salles d'eau, de bidons pour aller chercher de l'eau ; il n'y a pas de bassines pour se laver, pas de fournitures scolaires, pas d'uniformes. Nous sommes obligées d'utiliser les toilettes des autres et de nous doucher près de notre chambre par deux quand il fait nuit. Il y a des gens qui sont ivres. Nous avons peur qu'ils nous fassent du mal, par exemple qu'ils nous frappent, nous violent ou [nous] cherchent querelle. Les ivrognes entrent même dans notre secteur la nuit, alors nous crions. Un jour, un homme ivre est entré dans notre chambre avec un couteau et un petit fusil. Nous l'avons laissé à l'intérieur et nous sommes sorties en criant. »

Halima Ahmed a déclaré à Amnesty International :

« La nuit, nous avons constamment peur. Des hommes et des garçons viennent souvent rôder et nous harcèlent. Parfois la police les chasse. Un jour, au milieu de la nuit, un homme a réussi à entrer dans notre chambre. Il m'a saisie. J'ai hurlé et des policiers ont accouru. L'homme s'est enfui. Les policiers ne protègent pas notre secteur et ils ne font pas de rondes. Mais lorsque nous crions, en général ils viennent assez rapidement. »

Si les problèmes relatifs à la protection des secteurs occupés par les filles non accompagnées sont si nombreux, c'est en grande partie parce que les instructions ou les bonnes pratiques habituellement proposées par le HCR ou ses ONG partenaires sont insuffisantes, notamment celles traitant des espaces de vie sûrs et adéquats dont ont besoin les populations vulnérables�. Les ONG internationales présentes à Yida ont pris acte de ces insuffisances et elles ont élaboré des plans pour renforcer la sécurité des filles non accompagnées et améliorer leurs conditions de vie. Ces plans prévoient entre autres de regrouper les filles les plus âgées afin qu'elles aient leur espace à elles et d'essayer de placer les plus jeunes dans des familles d'accueil vivant dans le camp. Mais tant que ces projets n'auront pas été mis en œuvres, les filles seront obligées de continuer à gérer seules le manque de sécurité.

Les viols et le harcèlement sexuel dont les femmes et les filles ont dit être victimes la nuit près des points d'eau inquiétaient beaucoup les ONG internationales du camp de Doro. Celles-ci avaient pensé à des mesures pour limiter les risques – comme la mise en place d'un programme de suivi, l'ouverture d'un dispensaire et l'amélioration de l'éclairage – mais au moment de la visite d'Amnesty International, ces mesures n'étaient pas encore en place.

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

Le conflit entre le gouvernement soudanais et l'APLS-Nord dans les États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu continue à avoir un impact sur les vies de centaines de milliers de civils au Soudan. Conséquence directe des combats et de la pénurie alimentaire qui en découle, plus de 100 000 personnes se sont réfugiées au Soudan du Sud, dans les États de l'Unité et du Haut-Nil, limitrophes du Soudan. L'instabilité qui règne à la frontière entre ces deux pays et l'insuffisance des infrastructures de base à l'intérieur et aux environs des camps de réfugiés au Soudan du Sud placent les réfugiés face à des situations humanitaires problématiques dans lesquelles ils risquent des violations de leurs droits fondamentaux.

Depuis juin 2011, les organisations humanitaires n'ont plus l'autorisation d'accéder aux zones du Kordofan du Sud et du Nil Bleu touchées par le conflit, ce qui entrave sérieusement l'acheminement de l'aide aux civils. Les démarches entreprises par la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine, pour convaincre le gouvernement soudanais de laisser passer les convois humanitaires ont été extrêmement inadaptées. Le Conseil de sécurité n'a manifesté aucun empressement à se saisir de ce problème urgent : le 14 février 2012, il a demandé que l'accès des organisations humanitaires soit garanti�, soit huit mois après la fermeture de l'accès au Kordofan du Sud. Depuis la fin du mandat de la MINUS, le 9 juillet 2011, les observateurs des droits humains ne peuvent plus accéder librement aux zones de conflit. Par conséquent, il est impossible de connaître exactement l'ampleur et les répercussions que l'insuffisance de l'aide humanitaire et les violations des droits humains commises par toutes les parties au conflit ont sur les populations�.

À la lumière des conclusions de ce rapport, Amnesty International formule les recommandations suivantes :

Au gouvernement du Soudan :

Faire cesser immédiatement toutes les violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits humains dans les États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu, notamment les frappes aériennes touchant aveuglément les zones civiles de ces deux États et du Soudan du Sud ;

Prendre toutes les précautions possibles lors des attaques afin de protéger les civils, notamment prévenir les civils de l'imminence des attaques ;

Ouvrir sans délai de véritables enquêtes impartiales sur toutes les violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits humains et traduire devant des tribunaux civils ordinaires toutes les personnes soupçonnées d'avoir commis des actes criminels pour qu'elles soient jugées dans le cadre de procès équitables excluant la peine de mort ;�

Accorder aux agences humanitaires des Nations unies et autres organisations humanitaires un accès immédiat et sans entrave à toutes les zones du Kordofan du Sud et du Nil Bleu pour qu'elles puissent apporter une assistance d'urgence aux civils touchés par le conflit, notamment une assistance alimentaire et sanitaire ;

Autoriser immédiatement les observateurs internationaux spécialistes des droits humains, notamment à ceux des Nations unies, à accéder à toutes les zones du Kordofan du Sud et du Nil Bleu ;

Adhérer sans délais au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées et ratifier la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

À l'Armée populaire de libération du Soudan-Nord :

Prendre des mesures concrètes pour que les combattants respectent le droit international humanitaire, notamment éviter dans toute la mesure du possible d'installer des bases militaires et des sites constituant des objectifs militaires dans des zones civiles densément peuplées ou leurs environs, y compris dans les camps de réfugiés établis ou improvisés ;

Suspendre de ses fonctions tout membre des forces armées soupçonné de violations du droit international humanitaire. En outre, ces personnes devront être traduites devant des tribunaux civils offrant des garanties minimums d'indépendance et d'impartialité, respectant les normes relatives aux procès équitables et n'appliquant pas la peine de mort ;

Libérer toutes les personnes détenues arbitrairement ou pour le simple fait d'avoir exercé leurs droits fondamentaux sans recourir à la violence, notamment celles s'opposant au recrutement dans l'APLS-Nord ;

Respecter le droit de circuler librement de tous les réfugiés, notamment de ceux désirant se réinstaller dans des camps de réfugiés plus éloignés de la frontière avec le Soudan.

Au gouvernement du Soudan du Sud :

Veiller à ce que les camps de réfugiés conservent leur caractère civil et humanitaire, notamment par l'installation des camps de réfugiés, établis ou improvisés, dans des lieux sûrs, situés à une distance raisonnable de la frontière, où la vie est possible, l'ordre maintenu et l'usage des armes interdit, et par le désarmement des individus armés, leur identification, leur mise à l'écart et leur incarcération ;

Collaborer avec la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) et le HCR pour qu'à Yida ou dans les divers camps de réfugiés établis ou improvisés au Soudan du Sud le maintien de l'ordre et la sécurité soit assurés par des organes transparents, rendant des comptes, reconnus par la loi et respectant pleinement les normes internationales relatives aux droits humains ; �

Veiller à ce que les bases militaires et les divers sites constituant des objectifs militaires, notamment les terrains d'entraînement militaire, ne soient pas installés dans des zones civiles densément peuplées ou leurs environs, y compris dans les camps de réfugiés établis ou improvisés ;

Garantir à toutes les personnes le minimum d'eau, d'installations sanitaires, de services de santé, de nourriture et d'éducation indispensables et, au besoin, faire appel à la coopération et à l'aide internationales pour y parvenir. Dans toutes les démarches et au moment de l'affectation des ressources, accorder la priorité aux groupes les plus désavantagés, notamment aux populations réfugiées dans le Soudan du Sud.

Au HCR, à la MINUSS, aux agences des Nations unies et aux ONG internationales :

Le HCR, les diverses agences des Nations unies et les ONG internationales doivent redoubler d'efforts pour préparer tous les camps de réfugiés du Soudan du Sud à la saison des pluies. Ils doivent entre autres entreposer à proximité des camps des quantités suffisantes de nourriture, veiller à ce que l'approvisionnement en eau soit adéquat et à ce que les mesures visant à assurer la protection des groupes vulnérables, notamment des femmes et des filles, soient en place ;

Le HCR, en collaboration avec l'UNICEF et des organisations humanitaires internationales, doit de toute urgence renforcer les programmes scolaires dans les camps de Yida et Pariang, notamment par l'apport de fonds permettant de financer la construction d'écoles, la rémunération des instituteurs et l'achat de livres et fournitures scolaires ;

Le HCR doit immédiatement élaborer ou mettre en place une structure pour que le camp de Yida soit géré et coordonné de manière claire, et parallèlement continuer à encourager les réfugiés à se réinstaller dans des endroits plus adaptés, situés à une distance raisonnable de la frontière avec le Soudan;

Le HCR et la MINUSS doivent collaborer avec le gouvernement du Soudan du Sud pour qu'à Yida ou dans les divers camps de ce pays abritant des réfugiés le maintien de l'ordre et la sécurité soit assurés par des organes transparents, rendant des comptes, reconnus par la loi et respectant pleinement les normes internationales relatives aux droits humains ;

Au Conseil de sécurité des Nations unies, à l'Assemblée générale des Nations unies et au Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine :

Exiger du gouvernement soudanais l'arrêt immédiat des bombardements aériens aveugles et des autres violations du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire au Kordofan du Sud dans le Nil Bleu ;

Demander au gouvernement soudanais d'autoriser les organisations humanitaires et les observateurs internationaux indépendants chargés des droits humains à se rendre immédiatement et sans entrave dans ces deux États ;

Ouvrir une enquête indépendante sur les atteintes au droit international humanitaire et au droit international relatif aux droits humains que toutes les parties au conflit dans le Kordofan du Sud et le Nil Bleu auraient commises depuis juin 2011;

Suspendre tous les transferts d'armes destinés au gouvernement soudanais pour éviter que de nouvelles atteintes au droit international humanitaire et au droit international relatif aux droits humains ne soient commises au Kordofan du Sud ou dans d'autres régions du Soudan, notamment au Darfour, et pour éviter leur acquisition par d'autres parties au conflit dans ce pays ;

Étendre immédiatement à l'ensemble du Soudan l'embargo déclaré par les Nations unies sur les armes à destination du Darfour pour que les équipements militaires ou connexes ne puissent plus parvenir aux parties au conflit au Darfour et pour empêcher le déploiement au Kordofan du Sud et dans le Nil Bleu d'armes classiques utilisées pour enfreindre le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains ;

Prôner la conclusion d'un traité sur le commerce des armes (TCA) comportant ;

des conditions strictes en matière de droits humains, exigeant des gouvernements qu'ils empêchent les transferts internationaux d'armes classiques s'il existe un risque sérieux que ces armes soient utilisées pour commettre ou favoriser de graves atteintes au droit international humanitaire ou au droit international relatif aux droits humains ;

des dispositions lui donnant une vaste portée, à savoir englobant tous les types de commerce et de transferts internationaux d'armes, de munitions, d'armements, d'équipements divers, de pièces ou de technologies, utilisés pour maintenir l'ordre, ainsi que le courtage, le transport et les services financiers permettant ces transferts ;

des mécanismes rigoureux concernant la mise en œuvre du traité, notamment des procédures nationales de délivrance des autorisations et des licences, des procédures permettant d'effectuer des vérifications après livraison, et l'obligation pour les États d'établir des rapports annuels sur les transferts d'armes relevant de leur compétence.

NOTESimage26.png

� L'APLS-N, qui est la branche armée du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N), est présente dans les États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu. Tous deux avaient les mêmes positions que le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) et l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) avant l'indépendance du Soudan du Sud, déclarée le 9 juillet 2011.

� Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, Sudan Weekly Humanitarian Bulletin, 16-22 avril 2012, disponible sur : �HYPERLINK "http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/OCHA%20Sudan%20Weekly%20Humanitarian%20Bulletin%2016%20-%2022%20April%202012.pdf"�http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/OCHA%20Sudan%20Weekly%20Humanitarian%20Bulletin%2016%20-%2022%20April%202012.pdf�

� Les localités concernées par l'état d'urgence sont les suivantes : Talodi, Abu Jubaiha, Keilak, El Buram, El Tadamon, El Leri, Meiram, Al Salam, Al Dibab et Heiban au Kordofan du Sud ; Al Jabalain et Al Salam dans le Nil Blanc ; Al Dali et Mazmoum au Sannar.

� Constitution nationale provisoire de la République du Soudan, 2005, partie 14, disponible en anglais sur : �HYPERLINK "http://www.pclrs.org/downloads/bills/Constitutional%20Law/Sudan%20National%20Constitution%202005.pdf"�http://www.pclrs.org/downloads/bills/Constitutional%20Law/Sudan%20National%20Constitution%202005.pdf�

� Pour plus d'informations sur le conflit dans la région d'Abyei, voir le rapport d'Amnesty International intitulé Soudan-Soudan du Sud. Destruction et désolation à Abyei (AFR 54/041/2011), décembre 2011, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.amnesty.org/en/library/info/AFR54/041/2011/en"�http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR54/041/2011/fr�

� Pour plus d'informations, voir Cour pénale internationale, Mandat d'arrêt à l'encontre d'Ahmad Harun, 27 avril 2007, disponible sur : � HYPERLINK "http://212.159.242.181/iccdocs/doc/doc279817.PDF" ��http://212.159.242.181/iccdocs/doc/doc279817.PDF�

� International Crisis Group, Conflict Risk Alert: Stopping the Spread of Sudan's New Civil War, 26 septembre 2011, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.crisisgroup.org/en/publication-type/alerts/2011/sudan-26sept11.aspx"�http://www.crisisgroup.org/en/publication-type/alerts/2011/sudan-26sept11.aspx�

� Soudan : Des civils du Kordofan méridional racontent l'horreur des frappes aériennes (AFR 54/028/2011), disponible sur : � HYPERLINK "https://www.amnesty.org/en/library/info/AFR54/028/2011/en" HYPERLINK "https://www.amnesty.org/en/library/info/AFR54/028/2011/en" HYPERLINK "https://www.amnesty.org/en/library/info/AFR54/028/2011/en" �https://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR54/028/2011/fr�

� Voir par exemple : �HYPERLINK "http://www.amnesty.org/en/library/asset/ACT30/011/2008/en/19ea0e74-8329-11dd-8e5e-43ea85d15a69/act300112008en.pdf"�http://www.amnesty.org/en/library/asset/ACT30/011/2008/en/19ea0e74-8329-11dd-8e5e-43ea85d15a69/act300112008en.pdf� (en anglais).

� Jane's, Air Launched Weapons, n° 54-2009.

� Institut international pour les études stratégiques (IISS), 2010 Military Balance. Ce document établit la liste suivante : avions de combat : 10 Su-25 Frogfoot (de fabrication russe) ; 6 Shenyang J-6 (de fabrication chinoise) ; 15 A-5 Fantan ; 21 MiG-29SE ; 2 MiG-29UB Fulcrum ; 3 MiG-23BN ; 10 F-7 (MiG-21) ; avions cargos : 1 An-26 Curl (modifié pour pouvoir procéder à des bombardements) ; 4 Hercules C-130H ; 3 DHC-5D Buffalo ; 2 Y-8; 1 Clank An-30 ; 1 An-74TK-200/300; 1 Falcon 20 (VIP); 1 Falcon 50 (VIP); 1 Fokker 27 (VIP).

� Voir les paragraphes 81 à 83 du rapport du Groupe d'experts des Nations unies sur le Soudan S/2011/111, ainsi que le Registre des armes classiques de l'ONU : � HYPERLINK "http://unhq-appspub-01.un.org/UNODA/UN_REGISTER.nsf" HYPERLINK "http://unhq-appspub-01.un.org/UNODA/UN_REGISTER.nsf" HYPERLINK "http://unhq-appspub-01.un.org/UNODA/UN_REGISTER.nsf" � http://unhq-appspub-01.un.org/UNODA/UN_REGISTER.nsf� (en anglais) pour les années en question.

� Les informations sur la livraison de ces hélicoptères de combat ont été fournies par la Russie au Registre des armes classiques des Nations unies. Voir : �HYPERLINK "http://unhq-appspub-"�http://unhq-appspub-01.un.org/UNODA/UN_REGISTER.nsf� (en anglais). Les paragraphes 85 à 88 du rapport du Groupe d'experts S/2011/111 donnent aussi des précisions sur l'exportation de ces hélicoptères.

� Une photographie prise à l'aéroport de Saint-Pétersbourg (Russie) en mai 2011 montre un nouvel appareil Mi-24 peint aux couleurs des forces armées soudanaises (portant le numéro 949, soit le numéro qui suit ceux des hélicoptères de l'armée soudanaise vus au Soudan) vraisemblablement en attente d'être exporté au Soudan. Le Groupe d'experts des Nations unies chargé d'enquêter sur l'application de l'embargo sur les livraisons d'armes au Darfour avait déjà signalé qu'une société russe assurait l'entretien d'une flotte d'hélicoptères d'attaque constituée de Mi-17 et de Mi-24, et que du personnel militaire soudanais avait été formé au pilotage des Mi-24 au Centre de combat et de reconversion de l'armée de l'air de Torzhok, en Russie.

� D'après les informations fournies par le Soudan à la base de données Comtrade des Nations-unies à propos de ses importations d'armes dans la catégorie 930190 du Système harmonisé, en 2009 et 2008, la Chine lui a fourni des armes de gros calibre, des obusiers et des mortiers (autopropulsés et non autopropulsés) pour un montant de 23 773 782 dollars (18 896 700 euros) ;� des chars et autres véhicules blindés de combat pour un montant de 10 967 538 dollars (8 717 610 euros) ; et des armes à feu militaires (telles que des mitrailleuses, des fusils d'assaut et des fusils de combat) pour un montant de 1 824 186 dollars (1 449 960 euros).

� Amnesty International, Soudan : violences sans fin au Darfour. L'approvisionnement en armes se poursuit malgré la persistance des violations des droits humains (AFR 54/007/2012), février 2012.

� Comité international de la Croix-Rouge, Droit international humanitaire coutumier, règle 15 : le principe des précautions dans l'attaque, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.icrc.org/customary-ihl/eng/docs/v1_rul_rule15"�http://www.icrc.org/fre/assets/files/other/icrc_001_pcustom.pdf�

� Une instruction a été ouverte à l'encontre de Bushra Gamar Hussein Rahma en vertu des articles 50, 51, 53, 63, 64, 65 et 66 du Code pénal soudanais de 1991.

� Conseil de sécurité des Nations unies, Le Conseil de sécurité décide que le Soudan et le Soudan du Sud prendront des mesures pour cesser immédiatement les hostilités. Les deux pays sont également tenus de reprendre les négociations dans un délai de deux semaines, 2 mai 2012, disponible sur : �HYPERLINK "https://www.un.org/News/Press/docs/2012/sc10632.doc.htm"�http://www.un.org/News/fr-press/docs/2012/CS10632.doc.htm�

� Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, Weekly Humanitarian Bulletin Sudan, 30 avril-6 mai, disponible sur : �HYPERLINK "http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Full_Report_3948.pdf"�http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Full_Report_3948.pdf�

� Selon la Commission gouvernementale soudanaise chargée de l'aide humanitaire, depuis juin 2011, plus de 146 000 personnes ont été déplacées dans les zones du Kordofan du Sud contrôlées par le gouvernement. Les autorités locales des zones du Kordofan du Sud contrôlées par le MPLS-N estimaient, en janvier 2012, à 420 000 le nombre des déplacées internes. Dans l'État du Nil Bleu, d'après les estimations, quelque 100 000 personnes ont été déplacées.

� HCR, « Pressure on land, water as more refugees enter South Sudan », 1 er juin 2012, disponible sur : � HYPERLINK "http://www.unhcr.org/4fc8b5409.html" HYPERLINK "http://www.unhcr.org/4fc8b5409.html" HYPERLINK "http://www.unhcr.org/4fc8b5409.html" �http://www.unhcr.org/4fc8b5409.html�

� Entretien avec Hussein Angolbola, responsable du Conseil des réfugiés de Yida, 13 avril 2012.

� HCR, Running on empty, Sudanese refugees urged to leave unsafe border site, 30 décembre 2011, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&docid=4efdaa946&query=yida"�http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&docid=4efdaa946&query=yida� ; Border insecurity increasing concerns for refugees' safety in Yida, South Sudan, 27 mars 2012, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&docid=4f719a059&query=yida"�http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&docid=4f719a059&query=yida�

� Convention de l'OUA régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique, 1969, article 2, disponible sur : � HYPERLINK "http://www.africa-union.org/Official_documents/Treaties_%20Conventions_%20Protocols/Refugee_Convention.pdf" HYPERLINK "http://www.africa-union.org/Official_documents/Treaties_%20Conventions_%20Protocols/Refugee_Convention.pdf" HYPERLINK "http://www.africa-union.org/Official_documents/Treaties_%20Conventions_%20Protocols/Refugee_Convention.pdf" �http://www.africa-union.org/Official_documents/Treaties_Conventions_fr/Convention%20de%20l%20OUA%20regissant%20les%20aspects%20propres%20aux%20refugies.pdf�

� HCR, Lexique des conclusions du Comité exécutif, 1997, n° 82 (XLVIII), Conclusion sur la sauvegarde de l'asile, pp. 50-51, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.unhcr.org/3d4ab3ff2.html"�http://www.unhcr.fr/4af436266.html�

� Entretien avec des représentants du HCR basés au camp de Pariang, mais rencontrés dans le camp de Yida le 16 avril 2012.

� Entretien avec Hussein Angolbola, responsable du Conseil des réfugiés de Yida, 13 avril 2012.

� HCR, « Les réfugiés soudanais sont confrontés à des problèmes croissants alors que l'afflux augmente », points de presse, 11 mai 2012, disponible sur : � HYPERLINK "http://www.unhcr.org/4facf5899.html" HYPERLINK "http://www.unhcr.org/4facf5899.html" HYPERLINK "http://www.unhcr.org/4facf5899.html" �http://www.unhcr.fr/4fad1f7ec.html�

� Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Convention et protocole relatifs au statut des réfugiés, 1951, 1967, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.unhcr.org/3b66c2aa10.html"�http://www.unhcr.fr/4b14f4a62.html�

� HCR, Lexique des conclusions du Comité exécutif, 2011, p. 225, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.unhcr.org/3d4ab3ff2.html"�http://www.unhcr.fr/4af436266.html�

� HCR, Lexique des conclusions du Comité exécutif, 2011, p. 361, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.unhcr.org/3d4ab3ff2.html"�http://www.unhcr.fr/4af436266.html�

� HCR, Lexique des conclusions du Comité exécutif, 2011, p. 388, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.unhcr.org/3d4ab3ff2.html"�http://www.unhcr.fr/4af436266.html�

� HCR, Lexique des conclusions du Comité exécutif, 2011, p. 349, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.unhcr.org/3d4ab3ff2.html"�http://www.unhcr.fr/4af436266.html�

� Selon les normes une personne a besoin de 20 litres d'eau par jour. Pour en savoir plus sur cette question, vous pouvez consulter Le Projet Sphère. La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire, p. 111, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.sphereproject.org/handbook/"�http://www.sphereproject.org/sphere/fr/manuel/�

� Oxfam, « Options running out for 37,000 refugees in South Sudan's Jamam camp », 26 avril 2012, disponible sur : � HYPERLINK "http://www.oxfam.org.uk/media-centre/press-releases/2012/04/options-running-out-for-37000-refugees " HYPERLINK "http://www.oxfam.org.uk/media-centre/press-releases/2012/04/options-running-out-for-37000-refugees " HYPERLINK "http://www.oxfam.org.uk/media-centre/press-releases/2012/04/options-running-out-for-37000-refugees " �http://www.oxfam.org.uk/media-centre/press-releases/2012/04/options-running-out-for-37000-refugees�

� HCR, « Les réfugiés soudanais sont confrontés à des problèmes croissants alors que l'afflux augmente », point presse, 11 mai 2012, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.unhcr.org/4facf5899.html"�http://www.unhcr.fr/4fad1f7ec.html�

� Médecins Sans Frontières, « Soudan du Sud : 30 000 nouveaux réfugiés n'ont nulle part où aller », 6 juin 2012, disponible sur : � HYPERLINK "http://www.msf.fr/presse/communiques/soudan-sud-30-000-nouveaux-refugies-n-ont-nulle-part-ou-aller" ��http://www.msf.fr/presse/communiques/soudan-sud-30-000-nouveaux-refugies-n-ont-nulle-part-ou-aller�

� Le Projet Sphère. La Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire, p. 209, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.sphereproject.org/handbook/"�http://www.sphereproject.org/sphere/fr/manuel/�

� Chiffres fournis lors d'une rencontre (18 avril 2012) avec le responsable du Comité éducatif du Conseil des réfugiés de Yida et le directeur des écoles primaires.

� En juin 2012, le HCR a indiqué à Amnesty International que, depuis sa visite d'avril 2012, il avait fourni 100 bâches et 800 piquets pour que des espaces de classes puissent provisoirement être installés, et que l'UNICEF avait envoyé des jeux et des fournitures pour parer à l'urgence.

� Chiffres fournis lors d'une rencontre (15 avril 2012) avec le responsable du Comité éducatif du Conseil des réfugiés de Yida.

� Les responsables du camp de Pariang ont déclaré aux délégués d'Amnesty International, lors de leur visite le 17 avril 2012, que sur les 1 973 personnes vivant dans ce camp 1 888 étaient des élèves. Les 85 réfugiés restant étaient « en transit » pour le camp de Nyiel.

� « Le HCR condamne les attaques aériennes contre un camp de réfugiés au Soudan du Sud », 11 novembre 2011, disponible sur : � HYPERLINK "http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&docid=4ebd2f5d6&query=yida" HYPERLINK "http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&docid=4ebd2f5d6&query=yida" HYPERLINK "http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&docid=4ebd2f5d6&query=yida" �http://www.unhcr.fr/4ebd4cfec.html�

� �HYPERLINK "http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Full%20Report_630.pdf"�http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Full%20Report_630.pdf�

� Le personnel de Samaritan's Purse a été évacué le 4 décembre 2011 à cause des combats qui se déroulaient à Jaw. Cette organisation est revenue le 6 décembre, mais d'autres ONG n'ont pas fait revenir leur personnel aussi rapidement, craignant pour sa sécurité. Samaritan's Purse, communiqué du 4 décembre, disponibles sur �HYPERLINK "http://www.samaritans-purse.org.uk/article/1325/fighting-near-yida"�http://www.samaritans-purse.org.uk/article/1325/fighting-near-yida�

� OCHA, Sudan : Weekly Humanitarian Bulletin, 23-29 janvier 2012, disponible sur : �HYPERLINK "http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Full_Report_3445.pdf"�http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Full_Report_3445.pdf�

� En juin 2012, le HCR a déclaré à Amnesty International qu'il avait lancé un programme de formation destiné à la police communautaire de Yida pour inciter celle-ci à respecter les droits humains, et que les policiers du Soudan du Sud recevraient également une formation aux droits humains.

� International Rescue Committee, The Condition of Women and Girls in Yida Refugee Camp, South Sudan: A Reproductive Health and Gender-Based Violence Rapid Assessment, Yida Refugee Camp, Unity State, South Sudan, février 2012, disponible sur : �HYPERLINK "http://southsudanprotectioncluster.org/wp-content/uploads/2012/03/IRC_RHGBV_Assessment_SouthSudan.pdf"�http://southsudanprotectioncluster.org/wp-content/uploads/2012/03/IRC_RHGBV_Assessment_SouthSudan.pdf�

� Nations unies, « Déclaration à la presse du Conseil de sécurité sur les États du Kordofan du Sud et du Nil Bleu », 14 février 2012, disponible sur : �HYPERLINK "http://www.un.org/News/Press/docs//2012/sc10543.doc.htm"�http://www.un.org/News/fr-press/docs/2012/SC10543.doc.htm�

� Thirteenth periodic report of the UN High Commissioner for Human Rights on the situation of human rights in Sudan: Preliminary report on violations of international human rights and humanitarian law in Southern Kordofan from 5 to 30 June 2011, publié en août 2011. Ce rapport présente des récits corroborés faisant état d'exécutions illégales, de pillage et de destruction à grande échelle de biens de civils, ainsi que de divers actes susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.