Document - La torture expliquée aux enfants

AMNESTY INTERNATIONAL ÉFAI

Index AI : ACT 76/001/01


DOCUMENT PUBLIC

Londres, septembre 2001

La torture

expliquée aux enfants

SOMMAIRE

Pour mettre fin à la torture 2

Amnesty International et les droits humains 2

Qu'est-ce que la torture ? 2

Pourquoi torture-t-on ? 3

Qui sont les personnes qui torturent ? 3

Qui sont les victimes de torture ? 4

Il NE FAUT PAS torturer 4

Chacun devrait se sentir EN SÉCURITÉ 4

La torture est ILLÉGALE 5

Dis NON à la torture 5

Tu peux changer les choses 5

Amnesty International 6



Pour mettre fin à la torture

La torture est inacceptable, injuste et illégale. Personne ne devrait jamais en être victime.

Chacun a le droit de ne pas être torturé ni menacé de torture.

Malheureusement, aujourd'hui, de nombreuses personnes sont victimes de torture. En fait, la torture est utilisée dans plus de 150 pays pour faire souffrir, faire peur et punir.

Ce petit livre explique ce qu'est la torture et ce que tu peux faire pour y mettre fin. Il a été rédigé par une organisation qui s'appelle Amnesty International.

Aide-nous à débarrasser le monde de la torture.

Amnesty International et les droits humains

Amnesty International est une organisation internationale dont le but est de protéger les droits de toutes les personnes. Ces droits sont appelés les droits humains.

Chaque personne a des droits. Elle n'a rien à faire pour les mériter, et peu importe qui elle est et où elle vit.

Tous les êtres humains naissent avec les mêmes droits. Par exemple, nous avons tous le droit de pratiquer notre religion, de parler notre propre langue, de recevoir une éducation, de vivre dans un logement et d'avoir à manger. Chaque personne a le droit de faire partie d'un syndicat et de travailler en toute sécurité. Elle a aussi le droit de ne pas être torturée ni maltraitée par la police ou d'autres représentants de l'État, même lorsqu'elle est accusée d'avoir enfreint la loi.

Tous ces droits t'appartiennent. Personne n'est autorisé à te les retirer. Ils devraient être respectés par tout le monde. Hélas, ce n'est pas souvent le cas.

Amnesty International compte environ un million de membres, qui vivent dans plus de 150 pays et qui agissent pour protéger les droits humains et pour que chacun connaisse ses droits.

Chaque jour, à Amnesty International, des hommes et des femmes cherchent à découvrir quelles sont les personnes dont les droits humains n'ont pas été respectés. Peu importe qui sont ces personnes et dans quel pays elles vivent. Les chercheurs avertissent ensuite les membres d'Amnesty International, les gouvernements et les médias.

Les membres d'Amnesty International organisent des manifestations et font campagne pour ces personnes dont les droits humains ne sont pas respectés

(par exemple en cas de torture).

Qu'est-ce que la torture ?

La torture consiste à faire souffrir quelqu'un volontairement pour obtenir quelque chose de cette personne ou pour la punir.

Il y a de nombreuses façons de torturer. La victime peut être violemment battue, obligée à rester pendant longtemps dans une position douloureuse ou enfermée seule dans une cellule, sans contact avec personne pendant des semaines ou des mois.

On peut aussi torturer quelqu'un en lui disant qu'on lui fera du mal ou qu'on s'en prendra à son entourage. Menacer est un acte de torture : il n'est pas nécessaire que la menace soit appliquée.

Pourquoi torture-t-on ?

Les gens sont torturés pour beaucoup de raisons. Souvent, la torture est utilisée pour obliger la victime à avouer un crime. Certaines fois, le but est de faire peur ou de punir. D'autres fois, les gens qui travaillent au gouvernement utilisent la torture comme un moyen de rester au pouvoir.

Dans les trois histoires qui suivent, les personnes sont torturées pour d'autres raisons.

Une personne peut être torturée

parce que les gens pensent qu'elle sait certaines choses.

Des policiers arrêtent une jeune femme. Ils pensent que certains de ses amis ont participé à une manifestation contre le gouvernement. Ils lui bandent les yeux, l'enferment toute seule dans une cellule froide et menacent de lui faire du mal si elle ne leur indique pas le nom de ses amis.

Une personne peut être torturée

parce qu'elle est différente des autres.

Une famille de réfugiés vit dans un foyer. Ils ont une autre religion, parlent une autre langue et ont une autre couleur de peau que la plupart des gens qui vivent dans le pays. Des policiers arrêtent ces réfugiés, les couvrent d'injures racistes et leur donnent des coups de poing, alors qu'ils n'ont rien fait de mal.

Une personne peut être torturée

parce que des gens veulent la punir.

Un tribunal envoie un adolescent dans un centre spécial pour enfants difficiles. Il se conduit mal, casse des meubles et frappe un employé du centre. Pour le punir, on le bat et on l'enferme seul dans une pièce sombre.

Même si quelqu'un a mal agi ou n'a pas respecté la loi, il ne doit jamais être torturé.

Qui sont les personnes qui torturent ?

Quelquefois, les gens qui ont un pouvoir sur les autres ont recours à la torture.

Certains policiers utilisent la torture parce qu'ils veulent obtenir une information, parce qu'ils veulent obliger quelqu'un à avouer un crime ou simplement parce qu'ils n'aiment pas une personne.

Certains soldats utilisent la torture. Ils torturent des civils (c'est-à-dire des gens qui ne combattent pas) ou bien des soldats ennemis qu'ils ont faits prisonniers. Parfois, ils torturent des personnes pour obtenir une information ou pour les punir d'avoir soutenu leurs adversaires.

Certains gardiens de prison utilisent la torture, par exemple pour punir des prisonniers, pour leur faire peur afin qu'ils respectent le règlement ou pour qu'ils donnent des renseignements sur d'autres prisonniers.

Une personne peut aussi être torturée par un membre de sa famille, un employeur, ou quelqu'un de son entourage. Elle peut ainsi être battue, menacée ou blessée. Les autorités doivent agir pour empêcher ces actes et punir toutes les personnes qui les commettent.

Les gens qui travaillent pour le gouvernement et la police ont la responsabilité particulière de protéger la population. La plupart d'entre eux sont calmes et sérieux. Mais d'autres profitent de leur pouvoir, ne respectent pas les gens ni leurs droits et peuvent même avoir recours à la torture.

Qui sont les victimes de torture ?

N'importe qui peut être torturé : des femmes aussi bien que des hommes, des adultes mais aussi des enfants.

Dans quelques pays, la torture est tellement banale que presque toutes les personnes arrêtées par la police ou emprisonnées risquent d'être maltraitées ou torturées.

Dans d'autres pays, certaines personnes courent plus de risques d'être torturées, à cause de leur origine, de leurs idées politiques ou de leur religion, parce qu'elles vivent dans une région où il y a beaucoup d'opposants au gouvernement, ou encore parce qu'elles sont pauvres ou font partie d'un syndicat.

Il NE FAUT PAS torturer

Peu importe qui est la personne qui torture,

peu importe qui est la victime,

peu importe le pays où cela se passe.

Chacun devrait se sentir EN SÉCURITÉ

Peu importe qui est cette personne,

peu importe le pays d'où elle vient,

peu importe ce qu'elle pense,

peu importe ce qu'elle a fait.

La torture est ILLÉGALE

Le droit international et les lois de presque tous les pays disent clairement que la torture est un crime. Mais, dans certaines régions, les personnes qui doivent faire respecter la loi (par exemple les représentants du gouvernement, les policiers ou les militaires) sont celles qui enfreignent le droit en ayant recours à la torture.

À travers le monde, les gens qui torturent sont rarement punis. Cela donne l'impression que la torture est acceptable et que les responsables peuvent continuer à commettre leurs crimes.

Pour mettre fin à la torture, il faut faire passer ce message : une personne qui est soupçonnée d'avoir torturé doit passer devant un tribunal pour y être jugée. Si elle est reconnue coupable, elle doit être envoyée en prison.

Dis NON à la torture

Aide-nous à mettre fin à la torture.

En octobre 2000, Amnesty International a lancé une campagne contre la torture. L'organisation demande à toutes les personnes (à toi, entre autres) d'apporter son aide.

Amnesty International lance une campagne quand elle souhaite que les gens agissent pour mettre fin à une grave violation des droits humains, par exemple

la torture.

À travers ses campagnes, l'organisation

• fait connaître le problème en question aux gens du monde entier et les invite à participer à la campagne ;

• demande aux gens qui ont un certain pouvoir (au gouvernement par exemple) de prendre des mesures pour que les violations s'arrêtent.

Amnesty International est convaincue que nous pouvons et que nous devons mettre fin à la torture.

Ensemble,

• nous empêcherons les actes de torture ;

• nous ferons tout pour que les personnes qui torturent soient jugées ;

• nous dirons NON aux gens qui pensent que la torture est normale.

Tu peux changer les choses

Si tu souhaites participer à cette campagne, tu peux :

• organiser une manifestation ou une rencontre pour informer les gens ;

• écrire des lettres et signer des pétitions qui seront envoyées dans le monde entier aux personnes au pouvoir pour leur demander de mettre fin à la torture ;

• demander aux gens qui travaillent pour un journal, pour la télévision ou pour la radio de parler de ces questions ;

faire un dessin comportant la phrase « Barons la route à la torture »

et l'utiliser pour indiquer que ta chambre, ta maison, ton école ou ta rue sont des zones sans torture ;

• écrire et échanger des histoires, des poèmes et des chansons sur le droit de chaque personne de ne pas être torturée ;

• dessiner une bougie à la mémoire des victimes de torture et expliquer à tes amis et ta famille ce qu'elle veut dire ;

• organiser à l'école une réunion sur la torture et sur la campagne pour y mettre fin ;

visiter le site Internet de la campagne : www.stoptorture.org

Amnesty International

mult1 Cette organisation a été créée il y a quarante ans par Peter Benenson, un avocat britannique.

Il s'était mis en colère après avoir lu un article de journal sur deux étudiants portugais qui avaient été condamnés à sept ans de prison. Leur seul crime était d'avoir levé leur verre à la liberté.

Peter Benenson a réfléchi à la manière de persuader le gouvernement portugais, et tous les gouvernements en général, de libérer les personnes victimes d'une injustice. Il a eu une idée : envoyer beaucoup de lettres de protestation aux autorités.

Pour faire en sorte que les gens s'intéressent à la situation des personnes emprisonnées à cause de leurs idées politiques comme ces deux étudiants portugais, Peter Benenson et plusieurs défenseurs des droits humains ont organisé une campagne qui a duré une année. Ils l'ont appelée l'Appel à l'amnistie, 1961.

La campagne a été lancée le 28 mai 1961 sous la forme d'un article de journal. Cet article, « Lesprisonniers oubliés », demandait aux gens, dans tous les pays, de manifester dans le calme pour soutenir les personnes emprisonnées dans le monde entier à cause de leurs idées politiques et de leurs croyances religieuses. Ces personnes ont été appelées des prisonniers d'opinion.

L'article de journal a eu un énorme succès. En l'espace d'un mois, plus de 1 000 lecteurs ont envoyé des lettres de soutien et proposé une aide concrète. Ils ont aussi fourni des informations sur de nombreux autres prisonniers d'opinion.

En voyant le soutien que l'article de journal avait permis de créer, Peter Benenson a annoncé six mois plus tard que son initiative, qui devait être de courte durée au départ, allait donner naissance à un mouvement permanent et international. C'est ainsi qu'Amnesty International a vu le jour.

Aujourd'hui, l'organisation continue à faire campagne pour les droits humains et sa force est de pouvoir compter sur l'action de beaucoup de personnes à travers le monde. Elle compte plus d'un million de membres dans plus de 150 pays. Depuis 1961, les militants d'Amnesty International ont travaillé sur le cas de plus de 45 000 personnes et répondu à plus de 16 000 appels urgents en faveur d'hommes, de femmes et d'enfants en danger. Un grand nombre de ces appels concernaient des personnes qui risquaient d'être torturées.

Il y a quarante ans, la colère face à l'injustice avait permis la création d'Amnesty International. Aujourd'hui encore, elle continue de motiver des millions de personnes qui sont décidées à construire un monde meilleur.

Quatrième de couverture

Ce manuel fait partie d'une série d'outils éducatifs produits par Amnesty International à l'intention des enseignants et des éducateurs. Ceux-ci peuvent s'appuyer sur ces ressources pour préparer leurs cours et aider les enfants à comprendre que la torture est une violation des droits humains. Ce manuel a été conçu pour des enfants âgés de dix à douze ans, mais l'enseignant ou l'éducateur peut l'adapter à d'autres classes d'âge.

Légendes

À partir d'octobre 1997, Ali Mustafa Tubeh a été détenu

pendant neuf mois dans le centre de détention de Khiam, au Liban, où il a été torturé.

© DR

Ces femmes ont été arrêtées en décembre 1998 pendant qu'elles participaient

à une manifestation pacifique pour demander la libération d'Alpha Condé, le président d'un parti d'opposition en Guinée. Pendant cette manifestation, des centaines d'hommes

et de femmes ont été arrêtés et torturés.

© AI

À São Paulo, au Brésil, des enfants prient avant le déjeuner,

dans une maison qui regroupe des enfants accusés d'avoir enfreint la loi.

Beaucoup ont été torturés dans ce type d'établissement.

© Reuters

En Inde, des enfants qui ont été forcés à travailler dans des fabriques de briques manifestent contre l'exploitation des enfants.

© Fernando Moleres / Panos Pictures

Ce jeune Tchétchène de dix-sept ans, Adam Aboubakarov,

est apparemment détenu dans un camp en Russie, où il risque d'être torturé.

© DR

Manifestation organisée par une organisation de femmes devant le poste de police de Sarwar, dans l'État indien du Rajasthan, le 14 septembre 1999. Les participantes protestent contre les violations des droits d'une femme dalit et de sa famille par la police. Les dalits (qu'on appelait « intouchables »par le passé) sont régulièrement victimes de discrimination et de violations des droits humains. De plus, au Rajasthan, les violences contre les femmes dalits sont fréquentes et leurs auteurs sont rarement punis.

© Mahila Jan Adihikar Samiti

Aux Philippines, des jeunes défilent pour mettre fin à la torture.

© DR

Dessin réalisé par un ancien enfant soldat d'Ouganda. Dans ce pays, des milliers d'enfants ont été enlevés et obligés à se battre pour l'Armée de résistance

du Seigneur, un groupe d'opposition armé.

© AI

Des enfants participent à un concours de peinture organisé par Amnesty International

au Bangladesh pour lutter contre la torture des enfants.

© DR

Des élèves manifestent à Freetown, en Sierra Leone, pour le lancement d'une campagne de l'organisation Caritas-Makeni, qui lutte contre l'utilisation d'enfants comme soldats.

© Caritas-Makeni

Au Népal, des écoliers installent des rubans « zone sans torture ».

© AI

Première de couverture

En mars 1997, en Colombie, la communauté de San José de Apartadó s'est déclarée « communauté pacifique ».Les enfants se tiennent devant un panneau qui indique

ce que souhaitent les membres de la « communauté pacifique ».

Ceux-ci demandent que les deux camps en conflit respectent leur droit à la vie

et leur droit de rester en dehors du conflit.

© DR

Deuxième de couverture

Comme d'autres étudiants de l'université de Tunis, en Tunisie, Imen Derouiche

a été arrêtée, privée du droit de parler à quiconque, battue, menacée et privée des soins médicaux élémentaires. On la voit ici s'exprimer au Royaume-Uni sur les tortures qu'elle a subies et les raisons pour lesquelles elle soutient la campagne d'Amnesty International.

© AI

Troisième de couverture

Des membres d'Amnesty International et d'autres défenseurs des droits humains demandent que le centre de détention de Khiam, situé au Liban et désormais fermé,

soit déclaré une « zone sans torture ».De nombreux détenus y ont été torturés.

© AI





La version originale en langue anglaise de ce document a été publiée par Amnesty International, Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni, sous le titre Stop torture.Children's booklet. Seule la version anglaise fait foi.

La version française a été traduite et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat international par LES ÉDITIONS FRANCOPHONES D'AMNESTY INTERNATIONAL - ÉFAI - septembre 2001.

Vous trouverez les documents en français sur LotusNotes, rubrique ÉFAI – IS documents.

Vous pouvez également consulter le site Internet des ÉFAI :www.efai.org

Pour toute information complémentaire, veuillez vous adresser à :

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