Appelez les autorités russes à enquêter efficacement sur des allégations de torture


Zelimkhan Tchitigov, victime de torture en Ingouchie, le 5 novembre 2011.  © DR

Dans la matinée du 27 avril 2010, une trentaine d'hommes armés se sont rendus chez Zelimkhan Tchitigov à Karaboulak, en Ingouchie, et ont emmené le jeune homme alors âgé de 20 ans. Celui-ci a été interrogé, battu à plusieurs reprises et soumis à divers actes de torture. Il a notamment été électrocuté, suspendu à des barres métalliques et blessé avec des tenailles, et ses ongles de pieds ont été arrachés.

Les policiers voulaient qu'il « avoue » avoir commis des activités liées au terrorisme et qu'il fournisse un faux témoignage accusant d'autres personnes. Après trois jours de détention secrète, cet homme a finalement été déféré devant un juge qui devait autoriser sa détention, mais il ne pouvait alors plus marcher à cause de ses blessures et il s'est effondré dans le tribunal.

La famille de Zelimkhan Tchitigov a appelé plusieurs fois les autorités à identifier et poursuivre les responsables présumés du placement en détention et des actes de torture dont cet homme a été victime. Cependant, celles-ci n'ont diligenté une enquête qu'après que des policiers locaux ont organisé une manifestation pour exprimer leur refus d'obéir à ce qu'ils appellent des « ordres illégaux de recourir à la violence », émanant du commissaire de police et de son adjoint, qui étaient alors inculpés de plusieurs infractions pénales. Le commissaire adjoint était notamment accusé d'être impliqué dans la détention secrète de Zelimkhan Tchitigov. Deux ans plus tard, le procès de ces deux officiers de police est toujours en cours. Cependant, aucune enquête n'a permis d'identifier d'autres membres des forces de l'ordre ayant participé à la détention secrète et aux actes de torture dont Zelimkhan Tchitigov a été victime. Ce dernier a passé plusieurs mois à l'hôpital où il a reçu des soins pour ses blessures dues à la torture et où il a suivi de nombreuses séances de rééducation. Il a ensuite dû quitter le pays avec sa femme et ses jeunes enfants.

En République d'Ingouchie, et dans d'autres endroits en Russie, le recours à la torture et à d'autres mauvais traitements dans le but d'extorquer des« aveux » et des informations incriminant d'autres personnes fait l'objet de nombreux rapports. La souffrance des victimes et de leurs familles est exacerbée lorsque les autorités n'enquêtent pas sur les allégations de torture et d'autres mauvais traitements perpétrés par des membres des forces de l'ordre. Le cas de Zelimkhan Tchitigov est significatif car c'est la seule affaire en Ingouchie où le recours à la torture a été officiellement reconnu et confirmé au cours de l'enquête, bien que certains éléments indiquent qu'il existe beaucoup d'autres affaires semblables.

En mai 2012, le Comité d'enquête russe et ses sections régionales ont créé un nouveau service ayant pour mission d'enquêter sur les informations concernant des infractions commises par des policiers et d'autres agents chargés de l'application des lois. Ce service devrait pouvoir lancer des investigations sur des allégations similaires à celles de Zelimkhan Tchitigov, tout en écartant toute éventuelle complicité de policiers locaux pouvant faire obstacle à la justice. Cette situation nouvelle peut enfin permettre de s'attaquer à l'absence choquante de responsabilisation en République d'Ingouchie et ailleurs en Russie, mais certaines questions appellent encore des réponses...

Imprimez la lettre ci-jointe et FAXEZ-LA à Alexandre Ivanovitch Bastrykine, directeur du Comité d'enquête de la Fédération de Russie. C'est le seul moyen efficace pour communiquer avec les autorités et obtenir des résultats !

Envoyez vos fax au : +7 499 265 90 77 ou au +7 499 265 97 75

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