Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

15 janvier 2009

Vénézuéla. Attaquer la Convention américaine relative aux droits de l’homme porte préjudice à l’intérêt de tous

En rejetant une décision de la Cour interaméricaine des droits de l’homme et en demandant au gouvernement de renoncer à la Convention américaine relative aux droits de l’homme, la Cour suprême du Vénézuéla véhicule le message dangereux selon lequel les droits humains seraient optionnels, a déclaré Amnesty International ce jeudi 15 janvier.

L’organisation réagissait à la publication d’un arrêt de la Cour suprême du Vénézuéla dans lequel celle-ci rejette une décision de la Cour interaméricaine d’août 2008 demandant le rétablissement dans leurs fonctions et l’indemnisation de trois juges révoqués en 2003.

« La Cour suprême vénézuélienne a rendu un arrêt surprenant et décevant, a déclaré Kerrie Howard, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International. Elle ne devrait pas considérer la décision de la Cour interaméricaine comme une critique mais plutôt comme une occasion de consolider la protection et le respect des droits humains. »

L’arrêt de la Cour suprême ne dégage pas le Vénézuéla de l’obligation qu’il a au niveau international de respecter la Convention américaine et les décisions de la Cour interaméricaine des droits de l’homme.

La Convention américaine relative aux droits de l’homme, qui date de 1969, est l’un des premiers instruments adoptés par une région du monde pour le respect des droits humains dans tout pays de cette zone géographique, indépendamment du gouvernement en place. Avec la Commission et la Cour, c’est l’une des pièces maîtresses de l’appareil interaméricain de défense des droits humains.

« Le système a été mis en place à l’initiative des pays du continent américain dans le cadre de leur lutte historique contre les violations des droits fondamentaux, l’impunité et la répression, a déclaré Kerrie Howard. Il a joué un rôle fondamental dans l’amélioration de la situation des droits humains dans la région depuis quarante ans. »

« Rejeter les conventions et les instances de défense des droits humains portera atteinte non seulement à la crédibilité du Vénézuéla devant la communauté internationale mais aussi à un système qui a contribué à renforcer le respect des droits fondamentaux de nombreux hommes, femmes et enfants dans la région », a conclu Kerrie Howard.

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