Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

15 février 2012

États-Unis. La police doit recevoir des consignes plus strictes sur le Taser, 500 décès étant survenus après son utilisation


La mort de 500 personnes, consécutive à l'utilisation par la police de pistolets paralysants, souligne la nécessité d’introduire des règles plus strictes limitant le recours à ce type d’armes dans le cadre du maintien de l’ordre, a déclaré Amnesty International.

D’après les données recueillies par Amnesty International, au moins 500 personnes sont mortes aux États-Unis depuis 2001 après avoir reçu des décharges infligées par des pistolets paralysants au cours de leur arrestation ou en détention.

Johnnie Kamahi Warren est devenu la victime la plus récente lundi 13 février, après qu'un policier de Dothan, en Alabama, eut utilisé un pistolet paralysant sur lui à au moins deux reprises. Cet homme de 43 ans, qui n’était pas armé et était semble-t-il en état d’ébriété, a fait un arrêt respiratoire peu après avoir reçu une décharge ; son décès a été prononcé à l’hôpital moins de deux heures plus tard.

« Sur les centaines de décès survenus aux États-Unis après que la police ait utilisé des pistolets paralysants, des dizaines peuvent être attribuées à un recours indu à la force », a indiqué Susan Lee, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

« Cela est inacceptable, et il est désormais impératif que des consignes d’utilisation plus strictes soient introduites. »

Des consignes nationales strictes sur l’utilisation par la police de Tasers et d’autres pistolets paralysants similaires – aussi connus sous le nom d’armes à transfert d’énergie – remplaceraient avantageusement les milliers de protocoles individuels actuellement observés par les organes chargés de l’application des lois au niveau local et des États.

Les forces de police des États-Unis autorisent actuellement un recours important aux armes, souvent dans des situations qui ne justifient pas un niveau de force aussi élevé.

Les organes chargés de l’application des lois défendent l’emploi de pistolets paralysants, affirmant qu’ils sauvent des vies et peuvent être utilisés pour maîtriser des suspects dangereux ou récalcitrants.

Amnesty International estime cependant que ces armes doivent uniquement être utilisées comme solution de remplacement dans les situations où la police envisagerait autrement d’utiliser des armes à feu.

Dans un rapport de 2008 intitulé États-Unis. Les armes paralysantes dans le maintien de l'ordre, Amnesty International a examiné des données relatives à des centaines de décès consécutifs à l’utilisation d’un pistolet paralysant, notamment des rapports d’autopsie présents dans 98 dossiers et études portant sur la sécurité de ces dispositifs.

Sur les cas examinés, 90 % des personnes ayant perdu la vie n’étaient pas armées. Un grand nombre des victimes avaient reçu plusieurs décharges.

La plupart de ces décès ont été attribués à d’autres causes. Des médecins légistes ont cependant cité les pistolets paralysants comme cause ou facteur contribuant dans plus de 60 morts, tandis que dans plusieurs autres cas la cause exacte de la mort était inconnue.

Des études et des experts légistes ont déterminé que les risques en relation avec les décharges de pistolets paralysants sont plus élevés sur les personnes souffrant de troubles cardiaques ou dont l’organisme est fragilisé par une consommation de drogue ou encore à la suite d’une lutte.

« Même si les morts directement causées par des pistolets paralysants sont relativement rares, des effets négatifs peuvent survenir très rapidement, sans signe avant coureur, et il peut être impossible de faire marche arrière », a ajouté Susan Lee.

« Compte tenu de ce risque, les armes de ce type doivent toujours être utilisées avec beaucoup de prudence, dans des situations où des solutions de remplacement moins extrêmes ne sont pas disponibles. »

Il est régulièrement signalé que des policiers infligent des décharges prolongées ou à répétition, bien que des mises en garde aient été faites concernant ce type d’utilisation, qui est susceptible d’augmenter le risque d’effets négatifs sur les systèmes cardiaque et respiratoire.

Les décès survenus au cours de l’année écoulée incluent celui d’Allen Kephart, 43 ans, mort en mai 2011 après que la police lui eut demandé d’arrêter son véhicule en raison d’une infraction routière présumée, dans le comté de San Bernardino, en Californie. Il a succombé après que trois policiers lui aient infligé jusqu’à 16 décharges. Il a plus tard été conclu que ces fonctionnaires n’avaient commis aucune faute.

En novembre 2011, Roger Anthony est tombé de son vélo et a rendu son dernier souffle après qu'un policier lui eut tiré dessus avec un pistolet à décharge électrique en Caroline du Nord. Le policier aurait utilisé cette arme sur Roger Anthony – qui était handicapé et avait des problèmes d’audition – parce que celui-ci n’avait pas réagi à l’ordre de se ranger sur le côté.

Ni l'un ni l’autre de ces hommes n’était armé lorsque les policiers ont utilisé leur pistolet paralysant.

« Le plus perturbant dans le recours par la police à des pistolets paralysants est que la majorité des personnes qui sont mortes ne représentaient pas une grave menace lorsqu’elles ont été prises pour cible », a conclu Susan Lee.

Index AI : PRE01/083/2012
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