États-Unis. Les atteintes aux droits humains commises à Bagram doivent donner lieu à des enquêtes plus vastes
24 juin 2009
Les interviews données à la BBC par d’anciens détenus de Bagram font apparaître à quel point il est important que les différents intervenants soient tenus de rendre des comptes, en toute transparence, et que les droits fondamentaux des personnes détenues en Afghanistan par les États-Unis soient pleinement protégés. L’organisation a demandé une nouvelle fois aux autorités américaines de nommer une commission d'enquête sur les méthodes de détention et d’interrogatoire instaurées dans le cadre de ce que le gouvernement de George W. Bush appelait la « guerre contre le terrorisme ».
D’anciens détenus, incarcérés à Bagram à différentes périodes entre 2002 et 2008, ont indiqué à la BBC que lorsqu’ils étaient aux mains des américains ils avaient été soumis à des atteintes aux droits humains telles que des coups, le maintien dans des positions douloureuses, l’exposition à des températures extrêmes, l’obligation de se dénuder, la privation de sommeil et des menaces de mort.
Ce qu’a révélé la BBC correspond à ce qu’Amnesty International a découvert lors de ses recherches.
« Ces allégations nous sont familières, a déclaré Rob Freer, spécialiste des États-Unis à Amnesty International. Comme l’est aussi le fait que personne n'a été tenu de rendre des comptes ou n'a bénéficié de réparations pour ces atteintes aux droits humains. Les États-Unis ne se conforment toujours pas à l’obligation qu’ils ont aux termes du droit international d’enquêter pleinement sur de telles allégations et de demander des comptes aux personnes ayant autorisé ou commis des violations des droits humains. »
Amnesty International regrette que le nouveau gouvernement des États-Unis ait adopté en bloc l’approche de son prédécesseur en ce qui a trait aux droits légaux des détenus de Bagram. L’organisation a appelé le président Obama et son gouvernement à reconnaître le droit des détenus à remettre en cause la légalité de leur détention auprès d'un tribunal indépendant et impartial.
Le mois dernier, le Pentagone indiquait dans un courrier à Amnesty International qu’il y avait « environ 565 » personnes détenues à Bagram. On en sait peu sur qui sont ces personnes, les circonstances de leur arrestation, le traitement qui leur est réservé et leurs conditions de détention. Aucune de ces personnes n’a été présentée à un magistrat et n’a pu consulter un avocat.
En réponse aux préoccupations de l’organisation concernant la détention de mineurs, le Pentagone a déclaré que l’armée américaine avait arrêté une centaine de mineurs en Afghanistan dont « moins de cinq » étaient toujours détenus. Le courrier du Pentagone ne donnait pas d’autre renseignement sur les détentions à Bagram et indiquait que les informations qu’Amnesty International avait demandées étaient classées secrètes ou faisaient l’objet d’une procédure judiciaire devant un tribunal fédéral.
Note aux rédacteurs
Des spécialistes d’Amnesty International connaissant bien la situation à Bagram peuvent donner des interviews.
Pour plus d’informations sur les travaux de recherche d’Amnesty International sur les atteintes aux droits fondamentaux des personnes détenues à Bagram, veuillez consulter les documents suivants (en anglais) :
Out of sight, out of mind, out of court? The right of Bagram detainees to judicial review, 18 février 2009, http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR51/021/2009/en
USA: Obama administration must take new approach on Bagram detentions, 19 février 2009, http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR51/024/2009/en.
Urgent need for transparency on Bagram detentions, 6 mars 2009, http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR51/031/2009/en
Administration opts for secrecy on Bagram detainee details, 12 mars 2009, http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR51/034/2009/en
Federal judge rules that three Bagram detainees can challenge their detention in US court, 3 avril 2009, http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR51/048/2009/en
Pour obtenir plus d’informations ou prendre rendez-vous pour un entretien, veuillez prendre contact avec :
Josefina Salomón ; tél. : +44 207 413 5562 ; mobile : +44 7778 472 116 ; jsalomon@amnesty.org
FIN
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