Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

24 janvier 2011

Les États-Unis sont accusés de traitements inhumains envers le soldat lié à l'affaire Wikileaks

Amnesty International exhorte les autorités américaines à améliorer les conditions particulièrement dures de la détention provisoire de Bradley Manning, le soldat accusé d'avoir divulgué des informations à Wikileaks.

Le soldat américain, âgé de 23 ans, est maintenu en détention à l'isolement 23 heures sur 24 dans une cellule rudimentaire, sans oreiller, draps ni effets personnels depuis juillet 2010.

Amnesty International a écrit la semaine dernière au secrétaire d'État à la Défense, Robert Gates, pour lui demander de revoir les restrictions imposées à Bradley Manning. La même semaine, le soldat a été soumis pendant plusieurs jours à des restrictions accrues, après avoir été provisoirement placé dans la catégorie des détenus « à risque suicidaire ».

« Nous sommes préoccupés par le fait que les conditions de détention infligées à Bradley Manning sont plus sévères que nécessaire et constituent un traitement inhumain de la part des autorités américaines, a déclaré Susan Lee, directrice du programme Amériques d'Amnesty International.

« Bradley Manning n'a été inculpé d'aucune infraction, mais les autorités militaires semblent user de tous les moyens dont elles disposent pour le sanctionner durant sa détention – ébranlant ainsi l'obligation des États-Unis de respecter le principe de présomption d'innocence. »

Mardi 18 janvier, Bradley Manning a été placé dans la catégorie des détenus « à risque suicidaire ». Cette décision lui a valu de se voir confisquer ses vêtements, à l'exception de ses sous-vêtements, et ses lunettes de vue pendant la majeure partie de la journée, ce qui l'a plongé, selon ses propres termes, dans une « quasi cécité ».

À la suite des protestations de Bradley Manning et de ses avocats, ces restrictions ont été levées jeudi 20 janvier.

Bradley Manning est soumis à un isolement carcéral maximum, bien qu'il n'ait aucun antécédent de violences ni d'infractions disciplinaires en détention. Cela signifie qu'il porte des chaînes aux mains et aux pieds durant toutes les visites et qu'il n'est pas autorisé à travailler, ce qui lui permettrait de sortir de sa cellule.

Il fait également l'objet de mesures relatives au programme de Prévention du suicide, bien que son psychiatre militaire officiel ait affirmé que c'était inutile. Les détenus associés à ce statut sont soumis à des restrictions encore plus sévères, notamment concernant le sommeil, et sont contrôlés par les gardiens toutes les cinq minutes.

Les autorités n'ont pas fourni d'explication concernant le placement sous surveillance maximum de Bradley Manning et les mesures de Prévention du suicide prises à son sujet, et ont ignoré les requêtes de ses avocats visant à contester ces restrictions.

« Les conditions répressives infligées à Bradley Manning bafouent les obligations qui incombent aux États-Unis de traiter les détenus avec humanité et dignité, a déclaré Susan Lee.

« Nous redoutons également que son isolement cellulaire prolongé, dont il a été prouvé qu'il peut entraîner des troubles psychologiques, ne nuise à sa capacité de se défendre. »

En avril 2010, l'organisation Wikileaks a divulgué la vidéo d'une attaque menée en Irak par des hélicoptères Apache de l'armée américaine, dans laquelle deux journalistes de l'agence Reuters avaient été tués en 2007.
Bradley Manning a été arrêté le mois suivant et accusé d'avoir « transféré des données confidentielles » et « divulgué des informations classées secret défense à une source non autorisée ».

Depuis lors, Wikileaks a divulgué de nombreux dossiers sur la guerre en Irak et le conflit en Afghanistan, ainsi que nombre de télégrammes de la diplomatie américaine.

Bradley Manning encourt une peine maximale de 52 ans de prison.

Note aux rédacteurs
La version anglaise du courrier envoyé au secrétaire d'État à la Défense, Robert Gates peut être consultée en cliquant sur le lien suivant : http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR51/006/2011/en

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Josefina Salomón : +44 7778 472 116, jsalomon@amnesty.org.

Index AI : PRE01/028/2011
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