Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

13 juillet 2012

Syrie. L'ONU doit pouvoir enquêter sans attendre sur les informations faisant état d'un massacre à Treimsa

Les informations faisant état d'un massacre dans la ville sunnite de Treimsa (ou al Treimseh) montrent une nouvelle fois le besoin urgent de permettre aux observateurs de l'ONU d'accéder librement et immédiatement à toutes les zones du pays pour mener des enquêtes indépendantes sur les atteintes aux droits humains, a souligné Amnesty International vendredi 13 juillet.

Selon des sources de l'opposition syrienne, de très nombreuses personnes ont été tuées jeudi 12 juillet dans la matinée lorsque l'armée et les forces de sécurité, accompagnées de membres de la milice progouvernementale appelée chabiha, ont attaqué Treimsa, près de la ville de Hama. Les médias d'État syriens ont accusé des « groupes terroristes » de ce massacre.

Le général de division Robert Mood, qui dirige la mission des Nations unies, a déclaré vendredi 13 juillet que des observateurs de l'ONU étaient prêts à se rendre à Treimsa lorsqu'un cessez-le-feu serait en place. Il a confirmé que les combats se poursuivaient jeudi autour de cette ville, avec notamment l'utilisation d'unités motorisées, de tirs indirects et d'hélicoptères, et indiqué que les observateurs étaient disposés à aller vérifier les faits quand il y aurait un cessez-le-feu crédible.

« Les Nations unies doivent avoir accès au terrain de manière illimitée pour enquêter sur les événements de ce type, a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. Sans une présence indépendante pour enquêter sur les faits, il est impossible de vérifier ce qui s'est vraiment passé.

« Néanmoins, nous savons que des atteintes aux droits humains systématiques ont été largement signalées dans de nombreuses zones où les forces gouvernementales ont bombardé sans discernement des villes et des villages, tuant illégalement des civils, avant d'être suivies par des incursions des milices chabiha qui ont tué non seulement des combattants de l'opposition, mais aussi des civils, principalement des hommes et des jeunes garçons.

« Les conclusions de nos recherches effectuées récemment en Syrie ont confirmé cette pratique. Amnesty International a relevé des preuves de graves violations, y compris de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, commises par l'armée syrienne dans des villes et villages à proximité d'Idlib, d'Alep, de Jabal al Zawiyah et de Jabal al Wastani. »

Amnesty International a précisé que la résolution renouvelant le mandat de la Mission de supervision des Nations unies en Syrie (MISNUS) devrait inclure explicitement une composante des droits humains forte et dotée d'assez de personnel, en fournissant à la mission suffisamment d'expertise, notamment des experts des questions de genre et des droits de l'enfant, ainsi que d'autres ressources pour recueillir et relayer des informations sur les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre et les autres graves atteintes aux droits humains commises par toutes les parties.

« Les observateurs des droits humains mandatés par les Nations unies doivent être dotés de moyens de réaction rapide pour enquêter sur certains faits et d'une présence permanente dans des villes en dehors de Damas, a ajouté Ann Harrison.

« Le Conseil de sécurité doit en outre demander à la MISNUS de publier régulièrement ses conclusions sur les violations des droits humains et fournir à la composante des droits humains les moyens nécessaires pour le faire.

« Le Conseil de sécurité doit saisir le procureur de la CPI de cette situation. Il est évident depuis des mois que des crimes de droit international sont perpétrés à grande échelle. Une saisine de la CPI fera clairement comprendre à toutes les parties que ceux qui ordonnent ou commettent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité seront traduits en justice. »

Pour en savoir plus, veuillez prendre contact avec le Service de presse d'Amnesty International, à Londres, Royaume-Uni ; tél. : +44 20 7413 5566 ; courriel : press@amnesty.org.

Index AI : PRE01/345/2012
Région ou pays Moyen-Orient et Afrique du Nord
Pays Syrie
Pour plus d'informations, prenez contact avec le Bureau de presse international »

Bureau de presse international

Téléphone : +44 (0) 20 7413 5566
9h30 - 17h00 TU lundi - vendredi
Téléphone : +44 (0) 777 847 2126
24 h / 24
Fax : +44 (0) 20 7413 5835
Bureau de presse international
Peter Benenson House
1 Easton Street
London
WC1X 0DW
Royaume-Uni
Suivez le Bureau de presse international sur Twitter
@amnestypress