Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

25 juillet 2012

Syrie. Des informations inquiétantes font état d’exécutions sommaires imputables aux forces du gouvernement et de l’opposition

Les informations selon lesquelles les troupes gouvernementales et les groupes armés de l’opposition ont délibérément tué, en toute illégalité, des ennemis qui avaient été capturés soulignent la nécessité pour toutes les parties au conflit en Syrie de s’engager à respecter le droit international humanitaire, a déclaré Amnesty International mercredi 25 juillet.
En début de semaine, les cadavres de 19 hommes non armés et d’un enfant ont été découverts en divers endroits du quartier d’al Mezzeh à Damas. Selon des militants locaux, ils ont été abattus par les forces gouvernementales qui les soupçonnaient d’aider les rebelles du secteur. Les militants ont ajouté que certains avaient les mains attachées derrière le dos ou portaient des traces laissant à penser qu’ils avaient été torturés avant d’être tués.

Bien qu’Amnesty International ne soit pas en mesure de confirmer directement ces informations, elles font écho à des pratiques que l’organisation a pu observer dans d’autres régions du pays.

« Amnesty International a recensé ces derniers mois des homicides illégaux perpétrés par les forces de l’État et les milices liées au gouvernement. Lors de notre mission de recherche sur le terrain effectuée dans le nord de la Syrie, nous avons constaté que beaucoup de gens, pour la plupart des hommes et des garçons qui ne prenaient pas part aux hostilités, ont été exécutés sommairement par les troupes gouvernementales et les membres des milices chabiha, après le bombardement prolongé de quartiers, de villes et de villages soupçonnés d’abriter des combattants et des partisans de l’opposition, a indiqué Ann Harrison, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« L’organisation enquête également sur des informations selon lesquelles des membres des groupes armés d’opposition ont tué des soldats qu’ils avaient capturés et commis d’autres homicides illégaux. Les instances dirigeantes de tous les belligérants doivent faire clairement savoir qu’elles ne toléreront pas de tels agissements de la part des personnes placées sous leur commandement. »

La découverte de cadavres à al Mezzeh a été évoquée au lendemain de déclarations attribuées au ministre adjoint de l’Intérieur irakien, qui a révélé à l’agence de presse AFP que des soldats irakiens avaient vu le 19 juillet des membres de l’Armée syrienne libre tuer 22 soldats des forces armées gouvernementales qu’ils avaient capturés en prenant le contrôle d’un poste-frontière situé entre les deux pays.

En cas de confirmation, ces homicides constitueraient de graves violations du droit international humanitaire et des crimes de guerre.

Il y a eu des centaines de cas, dont ceux recensés par Amnesty International, de combattants capturés et d’opposants présumés tués délibérément par les forces de sécurité syriennes et les milices progouvernementales.

Plus récemment, Amnesty International a reçu un nombre croissant d’informations faisant état d’exactions similaires imputables aux groupes armés d’opposition.

Par exemple, des clips vidéos présentent des exécutions sommaires qui seraient imputables aux groupes armés d’opposition syriens.

Dans une vidéo téléchargée le 5 juillet, un homme présenté sous le nom d’Ahmed Fadhel Ahmed, un agent du renseignement de l'armée de l'air (musaid awwal), est assis devant un trou dans un champ, situé d’après les sous-titres dans la région d’Alep. Cet homme est ensuite abattu de plusieurs balles à la tête et à la poitrine.

Dans une autre vidéo, on peut voir le meurtre d’un homme, Abu Wael Rashid, défénestré depuis le deuxième ou troisième étage. Le narrateur, qui affirme que la scène a été filmée à Nabek, dans le gouvernorat de Damas, le 15 juin 2012, commente : « C’est le sort réservé à tous les traîtres, à ceux qui collaborent avec la sécurité et les chabiha. »

D’après les commentaires, l’homicide a été perpétré par le bataillon d’al Nour. Amnesty International pense qu’il s’agit d’un groupe armé salafiste qui ne fait pas partie de l’Armée syrienne libre.

Amnesty International a reçu des informations – un témoignage oral, des vidéos et des articles de médias notamment – selon lesquelles des dizaines de personnes soupçonnées de collaborer avec les forces de sécurité et les milices favorables au gouvernement ou de les soutenir ont été tuées par les groupes armés après avoir été capturées.

L’article 3 commun aux quatre Conventions de Genève, qui s’applique à toutes les parties à un conflit armé ne présentant pas un caractère international, ce qui est le cas en Syrie, prohibe « le meurtre sous toutes ses formes » et « les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué ».

« Dans un conflit armé, toutes les parties, y compris les groupes armés d’opposition, sont légalement liées par les principes du droit international humanitaire. Toute violation grave de ce droit constitue un crime de guerre et les responsables peuvent s’attendre à devoir rendre des comptes plus tard », a conclu Ann Harrison.

Index AI : PRE01/365/2012
Région ou pays Moyen-Orient et Afrique du Nord
Pays Syrie
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