Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

22 mai 2014

Soudan. Plus de 600 000 personnes réclament la libération d’une femme enceinte condamnée à mort en raison de son choix religieux

Les avocats de Meriam Yehya Ibrahim ont confirmé à Amnesty International qu’ils avaient formé un recours contre la condamnation de cette femme enceinte soudanaise, chrétienne, condamnée à mort en raison de ses croyances religieuses et à 100 coups de fouet pour « adultère ».

Meriam Yehya Ibrahim est incarcérée avec son fils de 20 mois depuis qu’elle a été condamnée à mort pour « apostasie » et à 100 coups de fouet pour « adultère », le 15 mai. Sa condamnation a suscité des déclarations inquiètes de la société civile soudanaise, des Nations unies et des gouvernements du monde entier, ainsi qu’une réaction exceptionnelle de la part des sympathisants d’Amnesty International : ils sont plus de 620 000 à avoir adressé aux autorités un appel en faveur de sa libération.

« Le calvaire et le courage de cette jeune mère enceinte a ému le monde entier. Plus de 620 000 sympathisants d’Amnesty International sont passés à l’action pour demander sa libération immédiate et inconditionnelle, a déclaré Manar Idriss, chercheuse sur le Soudan à Amnesty International.

« Depuis que Meriam a été condamnée, nous sommes très préoccupés par ses conditions de détention et par l’utilisation de méthodes cruelles et inhumaines de contrainte. D’après les informations que nous avons reçues, elle est enchaînée en permanence. Les autorités soudanaises doivent garantir sa sécurité et la libérer sans délai et sans condition. »

Selon les informations reçues par ses avocats, depuis sa condamnation, Meriam, qui est enceinte de huit mois, porte constamment des chaînes aux chevilles, pratique couramment utilisée pour les prisonniers condamnés à mort. Elle aurait dit à ses avocats que ses chaînes étaient lourdes, rendant chacun de ses mouvements douloureux.

Ses avocats ont fait appel de sa condamnation devant la cour d’appel de Bahri et Sharq Al Nil le 22 mai. Si cet appel est rejeté, ils comptent explorer d’autres possibilités et porter l’affaire devant la Cour suprême et la Cour constitutionnelle du Soudan.

« Nous saluons le fait qu’un recours ait été déposé, même si Meriam n’aurait jamais dû être inculpée d’aucune charge. Amnesty International continuera de faire campagne en sa faveur. Nous gardons l’espoir qu’une mobilisation locale et internationale suffisante permettra de faire annuler cette condamnation abjecte », a déclaré Manar Idriss.

Pour organiser un entretien, veuillez contacter Stefan Simanowitz : + 44 (0) 20 7413 5729 ou 07721398984, press@amnesty.org.

Pour demander la libération immédiate de Meriam, rendez-vous sur la page : http://bit.ly/sud4n8m.

Complément d’information
Meriam Yehya Ibrahim, qui est enceinte de huit mois, a été élevée dans la foi chrétienne orthodoxe, la religion de sa mère, parce que son père, musulman, était semble-t-il absent pendant son enfance. Elle a été arrêtée et accusée d’« adultère » en août 2013, un membre de sa famille ayant affirmé qu’elle commettait l’adultère puisque son mariage avec un chrétien du Soudan du Sud n’était pas valide. En février 2014, le tribunal l’a également inculpée d’« apostasie », lorsque Meriam a déclaré être chrétienne et non musulmane. Le tribunal l’a déclarée coupable de ces deux chefs d’inculpation le 11 mai 2014, et lui a laissé trois jours pour renier sa foi. Ayant refusé, elle a été condamnée à mort pour « apostasie » et à 100 coups de fouet pour « adultère ».

Région ou pays Afrique
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