Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

16 février 2012

Soudan. Il faut mettre fin aux bombardements et autoriser l'accès humanitaire dans les régions touchées par le conflit

Amnesty International a salué jeudi 16 février l'appel lancé par le Conseil de sécurité des Nations unies en faveur d'un accès humanitaire immédiat et sans entrave aux États du Kordofan méridional et du Nil bleu, au Soudan.

Le 14 février, le Conseil de sécurité est enfin sorti du silence, après des mois de conflit, en publiant une déclaration à la presse à l'attention du gouvernement soudanais et du Mouvement populaire de libération du Soudan (Nord) (SPLM-N).

« Cet appel, plus que bienvenu et attendu de longue date, brise enfin le silence qui entourait le blocage de l'aide humanitaire au Soudan, dans les États du Kordofan méridional et du Nil bleu, a réagi Renzo Pomi, représentant d'Amnesty International auprès des Nations unies.

« Le Conseil de sécurité doit désormais maintenir la pression sur le gouvernement soudanais afin qu'il permette l'accès humanitaire à la région et doit condamner fermement les bombardements aveugles et toutes les violations des droits humains perpétrés dans ces deux États. »

Le 15 août 2011, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a publié un rapport sur le Kordofan méridional, qui s'appuie sur des recherches menées par les observateurs chargés de veiller au respect des droits humains de la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS), avant la fin de son mandat le 9 juillet 2011.

Ce rapport décrivait des homicides illégaux, des destructions et des pillages massifs de biens civils, ainsi que d'autres atteintes aux droits humains susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

Amnesty International appelle le Conseil de sécurité à suivre les recommandations de ce rapport, qui préconisait de mandater une commission indépendante chargée d'enquêter sur les violations présumées du droit international humanitaire et relatif aux droits humains dans le Kordofan méridional.

Cette enquête devra aussi se pencher sur les violences commises dans l'État du Nil bleu, où un conflit a éclaté le 1er septembre 2011, après la publication du rapport.

Dans ces deux États, les forces armées soudanaises bafouent le droit international humanitaire en procédant à des bombardements aériens à haute altitude à l'aide de munitions non guidées, sur des zones habitées par des civils. Les conséquences de ces bombardements sont dévastatrices pour la population civile.

Le 6 février, quatre bombes auraient été larguées sur un centre de soins à Kurchi, dans le Kordofan méridional, endommageant le centre et détruisant les quelques fournitures médicales dont il disposait encore. Ce centre se trouve près du marché de Kurchi, qui a été bombardé le 26 juin 2011, faisant 13 morts et plus de 20 blessés parmi la population civile. La plupart étaient des femmes et des enfants.

Le lendemain, trois bombes auraient été larguées sur Alabo, dans les monts Nouba, au Kordofan méridional, où des civils s'étaient réfugiés dans des grottes et en terrain difficile, cherchant à s'abriter après avoir fui de précédents bombardements aériens.

Amnesty International s'est rendue dans la région en août 2011 et a constaté que beaucoup de personnes déplacées avaient dû abandonner leurs champs à un moment essentiel pour les récoltes et vivaient grâce à des stocks de nourriture qui s'amenuisaient et à la cueillette de baies.

« Les civils continuent de vivre dans des conditions précaires. Ils manquent de nourriture, n'ont pas d'abri, n'ont pas accès à des soins, et vivent dans la peur constante d'être bombardés. Il est crucial que la population civile de ces deux secteurs puisse recevoir une aide humanitaire impartiale », a indiqué Renzo Pomi.

Les autorités soudanaises ont sérieusement restreint l'aide humanitaire à destination des États du Kordofan méridional et du Nil bleu, depuis le début des conflits en 2011. Plus de 300 000 personnes ont été déplacées en raison des combats, dont environ 130 000 réfugiés qui ont fui vers l'Éthiopie voisine et le Sud du Soudan en raison de l'intensification des attaques terrestres menées par les forces armées soudanaises et le SPLM-N.

En février, Amnesty International a publié un document qui montre comment les ventes d'armes – provenant principalement de Chine et de Russie – alimentent de graves violations des droits humains au Darfour et dans plusieurs autres régions du Soudan, dont le Kordofan méridional.

L'embargo sur les armes actuellement en vigueur, qui s'est avéré inefficace, couvre uniquement les transferts d'armes à destination du Darfour.

Alors que le Conseil de sécurité doit se réunir pour revoir le régime des sanctions imposées au Soudan et renouveler le mandat du Groupe d'experts sur le Soudan, Amnesty International demande que l'embargo sur les armes soit étendu à l'ensemble du territoire soudanais.

Index AI : PRE01/092/2012
Région ou pays Afrique
Pays Soudan
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