Pérou. La police doit respecter les droits humains en tout temps, rappelle Amnesty alors que les protestations s’intensifient
9 juillet 2009
En réaction à l’arrestation de 156 manifestants, dont 127 à Lima, Amnesty International a appelé la police péruvienne à ne pas utiliser une force excessive au moment où le mouvement de protestation entame sa dernière journée.
« Les autorités ont le devoir de faire respecter la loi et de maintenir l’ordre public, a déclaré Nuria Garcia, responsable des recherches sur le Pérou au sein d’Amnesty International. Cependant, elles se doivent de veiller à ce que la force ne soit utilisée que lorsque cela est nécessaire et uniquement dans la stricte mesure requise par la situation. »
« La population a le droit de manifester et doit être autorisée à protester pacifiquement sans craindre l’emprisonnement, une inculpation pénale ou d’autres formes de représailles, a déclaré Nuria Garcia. Les personnes qui ont été arrêtées doivent être libérées immédiatement si elles ne sont pas dûment inculpées d’une infraction pénale reconnue par la loi. »
Le Front national pour la défense de la vie et de la souveraineté – constitué de syndicats, d’organisations indigènes et d’associations – a lancé un appel en faveur de trois jours de manifestations du 7 au 9 juillet.
Les manifestants protestent contre une série de décrets sur l’utilisation de la terre et des ressources naturelles en Amazonie. Ces populations n’ont pas été consultées au sujet de cette législation, bien que le Pérou ait ratifié la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui l’oblige à consulter les peuples autochtones à propos de toute décision ou législation les concernant.
En juin, au moins 33 personnes, dont 23 policiers, ont été tuées et 200 personnes ont été blessées lorsque la police a chassé des manifestants indigènes qui protestaient contre le même décret que celui qui avait entraîné le bouclage de la route vers Bagua dans l’Amazonie péruvienne. Soixante-dix neuf manifestants avaient été arrêtés à Bagua, dont 21 seraient toujours détenus. Certains d’entre eux auraient été torturés et soumis à d’autres formes de mauvais traitements, et auraient été privés d’avocats et d’interprètes.
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