Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

25 juillet 2011

Les forces de sécurité nigérianes tuent des gens au hasard à la suite de l'explosion d'une bombe

Les autorités nigérianes doivent immédiatement mettre un terme aux homicides illégaux commis par les forces de sécurité, a déclaré Amnesty International lundi 25 juillet après qu'au moins 23 personnes ont été tuées par les policiers à la suite de l'explosion d'une bombe le 23 juillet à Maiduguri, ville du nord-est du pays.

La bombe, qui aurait été déclenchée par le groupe islamiste Boko Haram, a explosé dans le marché de Budum, dans le centre de Maiduguri, blessant trois soldats. Selon les informations reçues par Amnesty International, la Force nigériane d'intervention conjointe (JTF) a répondu en ouvrant le feu et en tuant plusieurs personnes, manifestement au hasard, avant d'incendier le marché.

« Le président Goodluck Jonathan doit reprendre en main les forces armées nigérianes et les empêcher sans délai de perpétrer de nouvelles atteintes aux droits humains et exécutions illégales, a indiqué Tawanda Hondora, directeur adjoint d'Amnesty International pour l'Afrique.

« Le gouvernement doit enquêter sur ces crimes odieux et traduire en justice les responsables présumés. Laisser les troupes tout saccager ne permettra pas de déférer à la justice les auteurs de ces terribles attentats qui visent des civils, a-t-il ajouté.

« Tout en agissant dans le cadre de la loi, le gouvernement doit redoubler d'efforts pour juger les membres de Boko Haram qui infligent des souffrances sans nom à la population de la région. »

Une branche de Boko Haram aurait nié toute responsabilité dans l'attentat, affirmant qu'il pourrait être le fait d'une faction dissidente.

La JTF a été mise sur pied par le gouvernement fédéral en juin 2011 pour rétablir l'ordre dans l'État de Borno. Au cours des derniers mois, Amnesty International a reçu de nombreuses informations selon lesquelles les forces de sécurité de cet État se sont livrées à des exécutions illégales, à des rafles, à des détentions arbitraires et illégales, à des rackets et à des actes d'intimidation.

Un défenseur des droits humains a raconté à l'organisation : « Les soldats saccageaient tout. Ils ont abattu plusieurs personnes et incendié leurs magasins et tous leurs biens, ainsi que leurs voitures. »

À la suite d'un attentat à la bombe perpétré à Maiduguri il y a deux semaines, des membres de la JTF auraient menacé d'abattre quiconque ne les avertirait pas de la présence de bombes.

« Les perquisitions systématiques, les brutalités, les arrestations illégales, les homicides et les disparitions forcées sont le mode opératoire de la JTF à Maiduguri depuis quelques mois. Si des mesures ne sont pas prises pour veiller à ce que les forces de sécurité agissent conformément à la loi et respectent les droits humains en toutes circonstances, la prochaine fois que Boko Haram attaque ou tue un soldat, il est probable qu'on assiste aux mêmes scènes de carnage », a mis en garde Tawanda Hondora.

Des milliers d'habitants de Maiduguri ont déjà quitté la ville et beaucoup continuent de fuir.

En outre, les membres de la JTF sont accusés d'avoir violé des femmes lors de leurs opérations ces derniers mois.

« Les allégations de viols infligés à des femmes par des membres de la JTF doivent faire l'objet d'enquêtes et les auteurs présumés doivent comparaître devant les tribunaux, a estimé Tawanda Hondora.

« Parallèlement, les victimes de viols et de violences sexuelles doivent bénéficier d'un soutien et d'un suivi appropriés. »

Depuis juillet 2010, les attentats imputables à des membres présumés de la secte religieuse Boko Haram se sont multipliés. Plus de 250 personnes ont trouvé la mort dans ces attentats, qui prennent souvent pour cibles des policiers et des représentants du gouvernement.

Plusieurs dignitaires religieux ont été tués et des églises ont également été visées.

Depuis le mois de juin, Boko Haram a aussi mené des attaques contre des bars et des pubs, faisant un grand nombre de victimes.

Index AI : PRE01/367/2011
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