Myanmar. Aung San Suu Kyi frappée d'une nouvelle condamnation « honteuse »

11 août 2009

Le jugement de culpabilité prononcé aujourd'hui contre Aung San Suu Kyi par un tribunal du Myanmar a été qualifié de « honteux » par la secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan. « D'abord son arrestation, puis son procès et maintenant ce jugement se réduisent à une mascarade juridique et politique », a ajouté Irene Khan.

Le 11 août, un tribunal de la prison d'Insein, à Yangon, a déclaré la grande figure du mouvement en faveur de la démocratie au Myanmar coupable de violation des conditions de son assignation à résidence, parce qu'un homme avait passé deux nuits à son domicile début mai sans y avoir été invité. Conformément aux dispositions de l'article 22 de la Loi de 1975 relative à la protection de l'État du Myanmar, le tribunal a condamné Aung San Suu Kyi à trois années d'emprisonnement, peine commuée en dix-huit mois d'assignation à résidence. Cette condamnation est moins lourde que le maximum prévu par la loi, soit cinq années d'emprisonnement.

« Les autorités du Myanmar s'attendent à ce que l'application d'une peine moins lourde que la peine maximale soit perçue par la communauté internationale comme une marque de clémence de leur part. C'est un leurre et nous devons tous en être conscients, notamment l'ANASE et les Nations unies. Aung San Suu Kyi a été privée de liberté pendant plus de treize ans sur les deux dernières décennies et n'aurait jamais dû être arrêtée. La seule décision acceptable est sa libération immédiate et sans condition », a déclaré Irene Khan.

Amnesty International souligne également qu'Aung San Suu Kyi, prisonnière d'opinion, fait partie des plus de 2 150 prisonniers politiques que compte le Myanmar.

Complément d'information
La condamnation d'Aung San Suu Kyi intervient sur fond de violations persistantes des droits humains commises par les militaires contre des civils issus de minorités ethniques. Début juin, l'armée du Myanmar a monté des attaques et arrêté des civils karens pour les soumettre à des travaux forcés dans l'État kayin. Suite à ces opérations, plus de 3 500 personnes ont fui le Myanmar pour se réfugier en Thaïlande.