Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

12 juillet 2012

Le Mexique ne combat pas la recrudescence des violences à l'égard des femmes

Les autorités mexicaines ne parviennent pas à protéger les femmes contre la recrudescence des violences et des discriminations à leur égard ni à faire en sorte que les responsables présumés de ces actes soient traduits en justice, a déclaré Amnesty International dans un rapport remis à un organe de l'ONU qui doit examiner la situation des droits des femmes au Mexique.

Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes évaluera le 17 juillet la mise en œuvre par le Mexique de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Cet organe des Nations unies rendra publiques ses conclusions et ses recommandations à l'issue de la session, qui s'achève le 27 juillet.

« La situation des droits des femmes au Mexique est alarmante, a déclaré Rupert Knox, chercheur sur le Mexique à Amnesty International. Nous avons assisté ces dernières années non seulement à une augmentation des meurtres de femmes, mais aussi à l'ancrage d'une situation marquée par l'absence de justice et de véritables enquêtes.

« Le Mexique a adopté au cours des années écoulées un certain nombre de lois destinées à protéger les femmes contre les discriminations et les violences. Des institutions spécifiques ont été mises en place. Mais ces lois ne sont pas réellement mises en œuvre et les institutions créées sont très faibles, ce qui explique bien des difficultés », a poursuivi Rupert Knox.

Le document d'Amnesty International se penche sur un certain nombre de domaines mettant en évidence les manquements de l'État mexicain en matière de respect des droits des femmes : la discrimination liée au genre ; les menaces et les attaques contre des militantes des droits des femmes ; les violences subies par les migrantes ; la non-application de l'intégralité des jugements rendus par la Cour interaméricaine des droits de l'homme dans l'affaire du viol de deux femmes indigènes de l'État de Guerrero et dans celle de l'enlèvement et du meurtre de jeunes femmes à Ciudad Juárez (affaire dite du « Champ de coton ») ; et la persistance des obstacles empêchant l'accès effectif à la santé sexuelle et reproductive.

Selon un rapport publié par le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) et des organisations locales de défense des droits humains, au moins 34 000 femmes ont été assassinées au Mexique entre 1985 et 2009, dont 2 418 pour la seule année 2010.

Dans l'État de Chihuahua, qui a connu une forte hausse des meurtres, une victime sur onze était une femme en 2010, contre une sur quatorze en 2008. À Ciudad Juárez, 320 femmes ont été assassinées en 2010. Le nombre d'homicides a légèrement reculé en 2011, mais durant les six premiers mois de 2012, plus de 130 meurtres de femmes ont été recensés dans l'État de Chihuahua.

Pour la seule année 2009, le parquet a enregistré 14 829 plaintes pour viol au niveau national – un chiffre alarmant lorsque l'on sait que la majorité des femmes ne signalent pas ces crimes. Les tribunaux n'ont prononcé que 2 795 condamnations.

Dans la plupart des affaires aucune enquête véritable n'a lieu et les victimes ne bénéficient pas de mesures de protection suffisantes.

L'affaire de San Salvador Atenco est emblématique à cet égard. Au moins 26 femmes ont subi des violences sexuelles alors qu'elles étaient détenues par la police après avoir été interpellées lors d'une manifestation en 2006. Face au déni d'accès à la justice imposé aussi bien au niveau fédéral que de l'État – et ce malgré les enquêtes et recommandations de la Commission nationale des droits humains et de la Cour suprême du Mexique –, neuf de ces femmes ont saisi la Commission interaméricaine des droits de l'homme.

Le document d'Amnesty International examine également la recrudescence des attaques et des menaces à l'encontre des militantes des droits des femmes qui se mobilisent pour que justice soit rendue à leurs camarades assassinées.

« Les autorités mexicaines – le gouvernement en place et celui qui va prendre ses fonctions en décembre prochain – doivent maintenant mettre en œuvre l'engagement de protéger les droits des femmes, et faire cesser les violences et l'impunité », a conclu Rupert Knox.

Index AI : PRE01/334/2012
Région ou pays Amériques
Pays Mexique
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