Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

21 novembre 2012

L’exécution de Kasab, signe d’un retour en arrière de l’Inde sur la question de la peine de mort

L’exécution d’Ajmal Kasab pour sa participation aux attentats de Mumbai (Bombay) en 2008 anéantit une grande partie des progrès réalisés par l’Inde pour abolir la peine de mort, a déclaré Amnesty International.

Ajmal Kasab, ressortissant pakistanais, a été pendu mercredi 21 novembre dans la matinée à la prison de Yerawada, située dans la ville de Pune. En 2010, il avait été déclaré coupable par un tribunal spécial d’avoir participé aux attentats de Mumbai (Bombay), qui avaient fait plus de 150 morts et plus de 250 blessés.

Plus de 80 chefs d’inculpation, notamment le fait d’avoir commis des actes terroristes et d’avoir comploté en vue d’un meurtre, avaient été retenus contre cet homme et confirmés.

« L’exécution qui a eu lieu mercredi 21 novembre signifie que l’Inde a fait un grand pas en arrière et a rejoint le petit groupe de pays qui procèdent encore à des exécutions », a indiqué VK Shashikumar, responsable des programmes à Amnesty International Inde.

La condamnation à mort prononcée contre Ajmal Kasab a été confirmée par la Cour suprême le 29 août 2012, et son recours en grâce aurait été rejeté par le président indien le 5 novembre.

Avant qu’Ajmal Kasab ne forme son recours en grâce, 11 autres présentés par des condamnés à mort étaient en instance, dans l’attente d’une réponse du président.

L’avocat et les proches d’Ajmal Kasab au Pakistan n’ont pas été informés de son exécution imminente, en violation des normes internationales relatives à l’application de la peine capitale.

« Nous sommes conscients de la gravité des crimes dont Ajmal Kasab a été reconnu coupable, et compatissons à la douleur des victimes de ces actes et de leurs familles, mais la peine de mort constitue le châtiment le plus cruel et le plus inhumain qui soit, a expliqué VK Shashikumar.

« Nous sommes par ailleurs profondément choqués par la rapidité inhabituelle avec laquelle son recours en grâce a été rejeté, ainsi que par le secret qui a entouré son exécution. »

La reprise des exécutions en Inde est intervenue deux jours seulement après l’adoption par la troisième commission de l’Assemblée générale des Nations unies d’un projet de résolution appelant à l’instauration d’un moratoire mondial sur la peine de mort, en vue de son abolition universelle.

Le vote de l’Assemblée générale des Nations unies confirme la forte tendance abolitionniste observée dans le monde.

Amnesty International est opposée à la peine de mort, car elle constitue une violation du droit à la vie inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’organisation défend cette position en toutes circonstances et sans exception, quelles que soient la nature ou les circonstances du crime commis, la méthode d’exécution utilisée et que le condamné soit coupable, innocent ou dans une autre situation. Les autorités indiennes doivent instituer immédiatement un moratoire sur les exécutions en vue de l’abolition de la peine de mort, ainsi que le prescrivent les résolutions adoptées par l’Assemblée générale des Nations unies depuis 2007.

Index AI : PRE01/573/2012
Région ou pays Asie - Pacifique
Pays Inde
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