Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

25 février 2009

Les droits humains doivent figurer au premier rang des préoccupations de l'ANASE

Amnesty International a engagé les États membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) à faire preuve de leur adhésion à la Charte de l'association en plaçant les droits humains en tête des priorités de leur sommet, qui doit se dérouler ce samedi 28 février et dimanche 1er mars en Thaïlande.

« Le traitement réservé aux Rohingyas qui ont fui le Myanmar par la mer a mis en évidence à quel point il est urgent de prendre des mesures en faveur des droits humains au niveau de la région, a déclaré Donna Guest, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. L'ANASE doit agir maintenant pour faire face aux préoccupations en matière de droits humains en Asie du Sud-Est, car les répercussions négatives se font sentir sur l'ensemble de la région et même dans le monde entier. »

À la veille du sommet en Thaïlande, Amnesty International a salué le fait que l'ANASE a reconnu les problèmes relatifs aux droits fondamentaux dans la région, tout en rappelant que beaucoup reste à faire.

Tous les États membres doivent désormais ratifier la Charte de l'ANASE, qui compte plusieurs dispositions en matière de droits fondamentaux et prévoit notamment la mise sur pied d'une instance chargée de défendre ces droits. Selon Amnesty International, cet organe doit être robuste, professionnel, indépendant et représentatif, et doit appliquer les normes internationales. En outre, l'organisation a engagé les États membres de l'ANASE à ratifier les principaux instruments relatifs aux droits humains et à s'appuyer sur cet organe pour les mettre en œuvre.

« L'un des défis que devra relever un organe de défense des droits humains affilié à l'ANASE est la situation préoccupante au Myanmar, a expliqué Donna Guest. Les atteintes aux droits humains, dont des crimes contre l'humanité, s'y poursuivent depuis des décennies. Pour être digne de son nom, cet organe devra avoir toute latitude pour s'attaquer efficacement à la situation des droits humains dans cet État membre de l'ANASE. »

Le 21 février, le gouvernement du Myanmar a libéré 24 prisonniers politiques, mais plus de 2 100 sont toujours derrière les barreaux – c'est le nombre le plus élevé depuis plus de vingt ans.

La crise récente concernant les boat people rohingyas, musulmans de l'ouest du Myanmar qui fuient les persécutions, illustre la dimension régionale des problèmes relatifs aux droits humains. En janvier 2009, Amnesty International a adressé une lettre ouverte aux gouvernements du Bangladesh, de l'Inde, de l'Indonésie, de la Malaisie, du Myanmar et de la Thaïlande, au sujet des milliers de membres de la minorité rohingya qui avaient quitté le Myanmar à bord d'embarcations pour rejoindre la Thaïlande et la Malaisie. Des centaines d'entre eux sont portés disparus, probablement noyés. En outre, l'armée thaïlandaise a expulsé de force environ un millier de ces « réfugiés de la mer » qui avaient accosté dans le sud-ouest du pays.

Au cours de l'année 2008, les gouvernements de l'ANASE ont prouvé qu'ils peuvent coopérer en vue de résoudre des problèmes régionaux. En mai, l'ANASE a pris la tête des efforts visant à constituer le Groupe central tripartite, avec les Nations unies et le gouvernement du Myanmar, pour venir en aide de toute urgence aux victimes du cyclone Nargis.

« Il faut se soucier des droits humains à l'échelon régional, tout autant que national et international ; le fait d'ajouter un volet régional de protection s'est révélé très précieux dans d'autres parties du globe, a conclu Donna Guest. Si l'ANASE ne saisit pas l'occasion d'instaurer un mécanisme robuste doté des pouvoirs requis pour recevoir les plaintes, enquêter et rendre compte publiquement sur les situations des droits humains dans les 10 États membres, elle perdra toute crédibilité. »
Région ou pays Asie - Pacifique
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