Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

22 janvier 2009

L'Europe doit contribuer à la fermeture de Guantánamo

Il faut offrir une protection humanitaire aux détenus qui risquent d'être torturés ou persécutés dans leur pays

Bruxelles, le 22 janvier 2009 – Une coalition d'organisations de défense des droits humains a écrit ce jeudi 22 janvier aux ministres des Affaires étrangères qui se réuniront la semaine prochaine à Bruxelles pour les appeler à contribuer à la fermeture de la prison de Guantánamo, en offrant une protection humanitaire aux détenus risquant d'être torturés ou persécutés de retour chez eux.

La lettre que la coalition a envoyée aux ministres qui participeront au conseil Affaires générales et relations extérieures (GAERC) du 26 janvier 2009 est signée par Amnesty International, le Centre de défense des droits constitutionnels (CCR), Human Rights Watch, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et Reprieve.

Le 20 janvier, sur décision du président Barack Obama, les procureurs des commissions militaires ont demandé la suspension pendant cent vingt jours des procédures engagées par les commissions, pour permettre au nouveau gouvernement américain de réexaminer le mode de fonctionnement des commissions et les affaires en attente. Les groupes de défense des droits humains ont salué cette initiative en indiquant qu'ils espéraient qu'elle constituait un signe avant-coureur de la fermeture de Guantánamo. Ils ont mis l'accent sur le fait que le gouvernement de Barack Obama aurait besoin de l'aide des gouvernements européens pour pouvoir mettre en œuvre un plan de fermeture du centre de détention.

Sur les 250 détenus qui se trouvent toujours à Guantánamo près de sept ans après l'ouverture de la prison, une soixantaine environ risquent d'être torturés ou persécutés s'ils retournent dans leur pays ; au moins un de ces détenus est apatride. Les États-Unis décideront peut-être d'accueillir certains d'entre eux sur leur territoire mais les détenus restants ont besoin d'une protection humanitaire dans d'autres pays où ils soient en sécurité.

« Amnesty International espère qu'à l'issue de cette réunion, les États membres de l'Union européenne se diront prêts à offrir leur aide pour la fermeture de Guantánamo, et qu'ils joindront le geste à la parole en cherchant des lieux d'accueil pour les détenus ne pouvant être renvoyés dans leur pays d'origine », a déclaré Nicolas Beger, directeur du bureau européen d'Amnesty International.

Emi MacLean, avocate au Centre de défense des droits constitutionnels (CCR) a fait la déclaration suivante : « Le nouveau gouvernement des États-Unis a là une réelle occasion de tourner une nouvelle page, de fermer Guantánamo et de mettre fin une bonne fois pour toute à cette période épouvantable de détentions illégales et d'atteintes aux droits humains. Ceci pourra se faire uniquement si les pays de l'Union européenne offrent protection aux hommes qui sont toujours à Guantánamo simplement parce qu'ils n'ont aucun lieu sûr où retourner. »

Julia Hall, avocate à Human Rights Watch spécialisée dans le contreterrorisme, a déclaré quant à elle : « Offrir un refuge sûr à certains des détenus les plus vulnérables constituerait un geste humanitaire significatif. L'Europe pourrait aider le nouveau gouvernement à fermer ce lieu de détention illégal, ce qui constitue un objectif majeur, et contribuer ainsi au rétablissement de l'état de droit. »

Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), a déclaré : « Chaque jour, la situation humanitaire, déjà très mauvaise, s'aggrave. Il n'y a plus de temps à perdre, ces personnes doivent être libérées. »

Cori Crider, avocate à Reprieve, a tenu les propos suivants : « Un grand nombre de ces détenus sont marqués par sept années de détention illégale et ne peuvent plus retourner dans leur pays. "Rentrer chez eux" pourrait être tragique, comme ce fut le cas pour certains des clients de Reprieve. L'aide des gouvernements européens peut empêcher de telles tragédies et nous espérons que l'Europe fera un geste en direction de ces hommes. »


Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec les personnes suivantes :

Nicolas Beger, Amnesty International, tél. : + 32 (0)2 502 1499

Jennifer Nessel, Centre de défense des droits constitutionnels (CCR) ; tél. : +1.212.614.6449

Julia Hall, Human Rights Watch ; tél. : +1.716.884.0001; (mobile) ou +1.716.432.0140

Antoine Madelin, FIDH ; tél. : +32.(0)2.609.4422

Cori Crider, Reprieve ; tél. : +44.(0)207.353.4640 ou (mobile) +44.7962.890.575

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