Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

27 mars 2008

Égypte. Les poursuites contre le rédacteur en chef d’un journal s’inscrivent dans une politique de harcèlement des médias

Les autorités égyptiennes doivent abandonner les poursuites contre Ibrahim Eissa, rédacteur en chef du quotidien Al Dustour, qui a été condamné mercredi 26 mars à six mois d'emprisonnement pour avoir rédigé un article sur l’état de santé du président égyptien Hosni Moubarak, a déclaré Amnesty International ce jeudi 27 mars 2008.

Ibrahim Eissa a été reconnu coupable aux termes des articles 171 et 188 du Code pénal d’avoir publié en 2007 des informations considérées par les autorités comme préjudiciables à l’intérêt public et à la stabilité nationale de l’Égypte. Il s’agissait d’informations suggérant que l’état de santé du président Moubarak, âgé de soixante-dix neuf ans, se détériorait. Les autorités ont soutenu que l’article avait porté préjudice à la situation économique du pays en incitant des investisseurs étrangers à annuler des contrats estimés à 350 millions de dollars. Ibrahim Eissa peut faire appel de la décision du tribunal.

« Ce procès s’inscrit dans une politique à plus grande échelle des autorités égyptiennes consistant à intenter des procès en diffamation et d’autres poursuites pour empêcher la diffusion d’informations considérées comme secrètes par les autorités mais qui relèvent en réalité de l’intérêt public, a déclaré Amnesty International. Il fait apparaître à quel point il est nécessaire que le gouvernement modifie la loi controversée sur la presse ainsi que les dispositions du Code pénal qui font de l’information légitime une infraction. »

La loi sur la presse adoptée par l’Assemblée nationale en juillet 2006 a ajouté de nouvelles restrictions à la liberté d’expression à celles qui existaient déjà ; les journalistes et d’autres personnes courent toujours le risque d’être incarcérés s’ils commettent des infractions à la législation, telles que l’outrage à un représentant de l’État. Lorsque la nouvelle loi a été adoptée, les journaux indépendants et les journaux de l’opposition ont interrompu leur publication pendant une journée en signe de protestation, et des centaines de personnes travaillant dans les médias ont manifesté devant le Parlement.

« Nous espérons que lorsqu’elle examinera cette affaire la Cour d’appel annulera ce jugement, respectant ainsi la liberté de la presse, a déclaré Amnesty International. Les autorités doivent cesser d’utiliser les procès en diffamation pour harceler les journalistes et les empêcher d’informer la population sur des sujets d’intérêt public légitimes. »

Le 31 mars, Ibrahim Eissa sera également jugé dans une affaire distincte pour divulgation de fausses informations sur l’état de santé du président Moubarak. En 2007, il faisait partie des quatre rédacteurs en chef de journaux condamnés en application de l’article 188 du Code pénal égyptien, qui dispose que quiconque « publie avec malveillance des informations, déclarations ou rumeurs mensongères susceptibles de troubler l’ordre public », est passible d'une peine d'un an d'emprisonnement et d'une amende de 20 000 livres égyptiennes. Les quatre hommes ont fait appel de leur condamnation et ont été laissés en liberté en attendant l’issue de la procédure ; la prochaine audience doit avoir lieu le 5 avril.

Index AI : PRE01/097/2008
Région ou pays Moyen-Orient et Afrique du Nord
Pays Égypte
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