Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde
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Communiqués de presse

25 avril 2012

L'Égypte doit infirmer la condamnation à une peine de prison prononcée contre un acteur accusé d'avoir «insulté l'islam»

Le jugement rendu contre Adel Imam, un acteur égyptien de premier plan, condamné à trois mois de prison pour avoir « insulté l'islam » dans ses films, envoie le message que le pays n'a pas rompu avec l'habitude consistant à réprimer la liberté d'expression, héritée de l'ère Moubarak, a déclaré Amnesty International.

Cet acteur, qui a par ailleurs été condamné à payer une amende d'environ 128 euros, a dans un premier temps été déclaré coupable par contumace en février pour les rôles qu'il a endossés au cinéma, après qu'un avocat ait porté plainte contre lui l'an dernier. Ses avocats ont déposé un recours contre cette décision mais un tribunal correctionnel du Caire les a déboutés mardi 24 avril et a confirmé la condamnation initiale. Son équipe de défense a déclaré qu'il était possible qu'il fasse appel de la décision de mardi.

L'avocat a déposé une deuxième plainte similaire contre Adel Imam et cinq autres auteurs et producteurs, pour leur rôle dans la création et la diffusion de films et de pièces de théâtre dans lesquels Adel Imam a joué. Une décision sera rendue sur ce deuxième cas jeudi 26 avril.

« Cette décision de justice signifie clairement que l'attitude de l'Égypte vis-à-vis de la liberté d'expression n'a toujours pas évolué », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

« Adel Imam et les cinq autres metteurs en scène ne doivent pas être punis pour avoir exprimé pacifiquement leur opinion, même si celle-ci choque leurs détracteurs. »

Lorsqu'il a déposé sa plainte pour mépris de la religion, l'avocat a invoqué l'article 98(f) du Code pénal, qui prévoit des sanctions contre « quiconque exploite la religion de vive voix, par écrit ou par tout autre moyen au service d'idées extrémistes, dans le but de provoquer un conflit, de montrer du dédain ou du mépris à l'égard de l'une des religions révélées ou de ses fidèles, ou de nuire à l'unité nationale ou à la paix sociale. »

Le cas d'Adel Imam est le dernier en date d'une série de procès en rapport avec la liberté d'expression en Égypte.

En juin 2011, Naguib Sawiris, copte, grand patron dans le secteur des télécommunications, a été accusé de « mépris envers la religion » dans deux plaintes distinctes, après avoir diffusé ce même mois sur Twitter une image montrant Mickey Mouse affublé d'une barbe et Minnie Mouse portant le voile.

Les deux affaires ont été classées au motif que le raisonnement juridique tenu par l'accusation n'était pas solide.

Parallèlement, un tribunal de la ville d'Helwan (nord du pays) a condamné Kamal Abbas, dirigeant syndical, à six mois de prison pour « outrage à un représentant de l'État » en février 2012.

Cet homme, qui a été jugé par contumace, a été poursuivi après avoir critiqué un dirigeant du syndicat égyptien officiel lors d'une conférence de l'Organisation internationale du travail, en juin dernier.

Ce même mois, le militant Gaber Elsayed Gaber a été acquitté par un tribunal de la ville d'al Wayli (nord du pays) des chefs de « troubles à l'ordre public » et d'atteinte à la réputation du Conseil suprême des forces armées d'Égypte.

Gaber Elsayed Gaber purgeait alors une peine d'un an de prison pour avoir distribué des tracts critiquant le Conseil suprême.

Index AI : PRE01/224/2012
Région ou pays Moyen-Orient et Afrique du Nord
Pays Égypte
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