Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

23 octobre 2012

République dominicaine. Le Parlement doit dépénaliser l'avortement

Les députés de la République dominicaine doivent profiter du débat en cours sur le Code pénal pour dépénaliser l’avortement, a déclaré Amnesty International alors qu’un vote est prévu ce mercredi 24 octobre.

L’article 90 du Code pénal prévoit des sanctions pénales pour les femmes qui cherchent à se faire avorter et pour les personnes qui les aident à avorter ou pratiquent elles-mêmes l’avortement et ce, quelles que soient les circonstances, y compris si la grossesse est le résultat d’un viol ou d’un inceste, ou si une grossesse mettrait la vie d’une patiente en danger.

« Ces dispositions bafouent les droits fondamentaux des femmes et des jeunes filles et perpétuent une situation où les professionnels de la santé se voient empêchés de fournir les meilleurs soins à leurs patients », a déclaré Javier Zúñiga, conseiller auprès d’Amnesty International.

« Faire de l’avortement une infraction en toutes circonstances, comme cela est prévu dans le nouveau texte, viole le droit des femmes à la vie, à la santé et à ne pas être soumises à la discrimination et à la torture ou à tout autre forme de mauvais traitements ; cette disposition va en outre à l’encontre des engagements internationaux pris par la République dominicaine dans le domaine des droits humains. »

Les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montrent que la République dominicaine a un taux de mortalité maternelle élevé. Certains de ces décès sont dus à des avortements pratiqués dans des conditions dangereuses.

En août 2012, Rosaura, une jeune fille de 16 ans atteinte de leucémie est décédée des suites d’une fausse couche. Sa leucémie avait été diagnostiquée au début du mois de juillet de la même année, alors qu’elle n’était enceinte que de quelques semaines. Il n’a pas été possible alors de pratiquer l’avortement recommandé par plusieurs professionnels de la santé, parce que la loi l’interdisait. La chimiothérapie a également était retardée parce que les médecins craignaient les conséquences pour le fœtus.

« Des éléments montrent que lorsque l’avortement est totalement interdit, le taux de mortalité maternelle augmente parce que les médecins ne peuvent pas ou craignent de délivrer des soins essentiels qui pourraient avoir un impact sur la grossesse, même lorsque ces soins représentent le seul moyen de sauver la mère », a déclaré Javier Zúñiga.

« Toute initiative de la République dominicaine pour réduire le taux élevé de mortalité maternelle doit inclure des mesures garantissant que des femmes ne mourront pas à cause d’avortements pratiqués dans des conditions dangereuses. »

« Les parlementaires de la République dominicaine doivent écouter ce que demandent de larges secteurs de la société civile du pays, qui veulent que les droits des femmes et des jeunes filles soient protégés. Cela inclut la dépénalisation de l’avortement, la protection des femmes et des jeunes filles contre la violence fondée sur le genre, l’accès à l’information pour empêcher les grossesses non désirées, et la justice pour celles ayant subi des atteintes à leurs droits. »

Index AI : PRE01/508/2012
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