Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde
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Communiqués de presse

9 août 2013

Cambodge. Les tensions postélectorales ne doivent pas mener à la violence

Compte tenu du risque accru de manifestations massives après l’annonce des résultats contestés des élections législatives au Cambodge, et de la décision du gouvernement de déployer des centaines de membres des forces de sécurité à Phnom Penh, Amnesty International demande aux autorités cambodgiennes et aux autres responsables politiques de prévenir les violences.

« Les autorités et les autres dirigeants politiques au Cambodge doivent veiller à ce que les tensions postélectorales ne dégénèrent pas en affrontements violents », a indiqué Isabelle Arradon, directrice du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« De nombreux Cambodgiens ont réclamé des changements. Les dirigeants politiques doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir afin que ceux-ci soit concrétisés de manière pacifique et dans le respect absolu des droits humains », a-t-elle ajouté.

Des désaccords entre les deux principaux partis du pays à propos des résultats des élections du 28 juillet, ainsi que sur les enquêtes au sujet d’irrégularités présumées ont débouché sur une situation tendue à l’issue imprévisible.
 
Mardi 6 août, Sam Rainsy, dirigeant du Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), une coalition d’opposition, a dit à des milliers de sympathisants de se préparer à participer à des manifestations de masse à moins que le pays ne sorte de l’impasse. Hun Sen, Premier ministre de longue date appartenant au Parti populaire cambodgien (PPC), a annoncé qu’il était possible que son parti organise des contre-manifestations.

En prévision de ces éventuelles manifestations, le gouvernement a déployé jeudi 8 août des centaines de membres des forces de sécurité à Phnom Penh, la capitale.

« Les Cambodgiens, notamment ceux qui soutiennent un parti politique, doivent bénéficier de suffisamment d’espace pour exprimer leurs opinions, et être autorisés à exercer leur liberté de réunion pacifique », a poursuivi Isabelle Arradon.

« Les dirigeants politiques doivent demander à leur partisans de ne pas se rendre coupables de violences ni d’atteintes aux droits humains, y compris pour des motifs d’opinion politique et d’appartenance ethnique. »

« Les forces cambodgiennes de sécurité, dont le bilan en termes de maintien de l’ordre lors de manifestations est mitigé, doivent s’abstenir de recourir à une force excessive ou injustifiée contre les manifestants. Il ne faut pas qu’ils rendent des situations tendues encore plus explosives en ne respectant pas les droits humains. »

Complément d’information


Le PPC au pouvoir et le PSNC ont tous deux affirmé avoir remporté l’élection. Le PSNC a demandé avec insistance la création d’une commission multipartite faisant participer les Nations unies et des groupes de la société civile, dont le rôle serait d’enquêter sur les fraudes électorales présumées ; la Commission nationale électorale a cependant affirmé que les Nations unies et les autres acteurs sont seulement habilités à observer ces investigations.

La campagne électorale s’est caractérisée par une baisse de la violence par rapport aux précédents scrutins, bien que le PCC ait évoqué la guerre qui éclaterait dans le cas d’une victoire de l’opposition. La liberté limitée des médias reste préoccupante, même si les médias sociaux ont constitué un nouvel exutoire pour certains. Un plus grand respect de la liberté d’expression et de réunion a permis une campagne majoritairement pacifique et publique.

Le jour du scrutin lui-même, de nombreux électeurs se sont plaints de n’avoir pas trouvé leur nom sur les listes électorales – un problème prédit par de nombreuses organisations. Selon certaines informations préoccupantes, des propos péjoratifs auraient été tenus à l’égard de personnes perçues comme étant vietnamiennes, ce qui a pu créer une atmosphère intimidante à certains bureaux de vote. Des dirigeants du PSNC ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’influence du Viêt-Nam au Cambodge, dans un langage considéré comme provocateur par beaucoup.

Depuis l’élection, des partisans de l’opposition auraient été harcelés dans divers endroits en raison de leur action militante pendant l’élection.

Index AI : PRE01/407/2013
Région ou pays Asie - Pacifique
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