Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

8 mai 2014

Brésil. Carton jaune pour les restrictions aux manifestations !

La Coupe du monde 2014 devant placer le Brésil sous les feux de la rampe, Amnesty International lance une nouvelle campagne mondiale priant les autorités de veiller à ce que les forces de sécurité « respectent les règles du jeu » pendant les manifestations qui devraient avoir lieu avant et pendant le tournoi.

La campagne, intitulée Brésil, attention à la faute !, invite les gens à travers le monde à envoyer à la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, et au président du Congrès, Renan Calheiros, des cartons jaunes leur demandant que soient respectés les droits de tout un chacun à la liberté d’expression et de réunion pacifique durant la Coupe du monde.

Des manifestations de grande ampleur se sont déroulées au Brésil depuis juin 2013. Les participants exprimaient entre autres choses un mécontentement croissant envers la médiocrité des services publics et le fait que des milliers d’habitants des zones urbaines en subissaient les conséquences. Dans plusieurs cas la police a riposté avec une force excessive et inutile, y compris en faisant usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc.

« Ce n’est pas un délit de protester, c’est un droit humain. Au lieu d’utiliser la violence contre les manifestants, les pouvoirs publics et les forces de sécurité doivent veiller à la sécurité des personnes. Tout abus doit faire l’objet d’une enquête dans les meilleurs délais, et les responsables traduits en justice, a déclaré Atila Roque, directeur exécutif d’Amnesty International Brésil.

« Le gouvernement brésilien doit garantir les droits de tous à la liberté d’expression et de réunion pacifique durant la Coupe du monde, et veiller à ce que les forces de sécurité reçoivent une formation pertinente et que le recours aux gaz lacrymogènes et aux balles en caoutchouc soit dûment réglementé. »

Le Brésil a aussi recouru à des lois destinées à la lutte contre le crime organisé et les milices urbaines pour prendre des mesures répressives contre des manifestants pacifiques. De nouveaux textes de loi antiterroristes à la formulation vague, actuellement en cours de préparation au Congrès national, menacent le droit à la liberté d’expression et pourraient servir à sanctionner ceux qui prennent part à des manifestations pacifiques.

« Les manifestations pacifiques ne devraient jamais être vues comme des menaces. Les autorités devraient plutôt s’engager dans un dialogue constructif avec les manifestants et ne jamais les considérer comme des délinquants », a ajouté Atila Roque.

La campagne contient une pétition qui sera disponible à l’adresse www.aiyellowcard.org. Les signatures, recueillies jusqu’au 2 juin, seront remises aux autorités, à Brasilia, le 5 juin.

« Cette campagne a pour objectif d’inciter les fans de foot et tous ceux qui se sentent concernés par les droits humains à travers le monde à diriger les projecteurs sur les violences policières et la liberté d’expression au Brésil », a dit Atila Roque.

À quelques semaines seulement du début de la Coupe du monde, qui se déroulera dans 12 villes du Brésil, les autorités fédérales et des États sont en train d’adopter des mesures spéciales concernant la sécurité publique et le maintien de l’ordre pendant les événements. D’après les prévisions, des milliers de personnes devraient exercer leur droit de manifester pacifiquement et descendre dans la rue.

Avec cette campagne, Amnesty International se joint à d’autres organisations de la société civile brésilienne pour plaider en faveur du respect et de la protection des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Il s’agit notamment de veiller à ce que la législation actuelle et les lois à venir soient conformes au droit et aux normes internationaux en matière de droits humains et que les opérations de sécurité publique, et notamment de maintien de l’ordre pendant les manifestations, se déroulent dans le respect de ces mêmes normes.

Région ou pays Amériques
Pays Brésil
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