Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

8 mai 2012

Bahreïn. Il faut libérer un militant arrêté pour des tweets « insultants »

Nabeel Rajab, directeur du Centre bahreïnite des droits humains, a été arrêté samedi 5 mai dans la soirée, puis inculpé pour « insultes à une institution nationale ».

« Il s'agit de la dernière manœuvre en date des autorités bahreïnites visant à faire taire les voix discordantes dans le pays », a déploré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

« Nabeel Rajab est un prisonnier d'opinion et doit par conséquent être libéré immédiatement et sans condition. »

Il a été arrêté à l'aéroport international de Bahreïn, au retour d'un déplacement l'ayant amené au Danemark, en Suède puis au Liban.

Juste avant son départ pour l'étranger, il avait été convoqué pour un interrogatoire par le parquet après que le ministère de l'Intérieur l'ait accusé d'avoir envoyé des tweets « insultants ». Il ne s'y est pas rendu en raison de son déplacement.

Il a été présenté au parquet dimanche 6 mai et a été interrogé. Son avocat a expliqué qu'environ huit tweets étaient incriminés, et qu'il était placé en détention pendant sept jours le temps de l'enquête.

Nabeel Rajab a également comparu devant une instance inférieure dimanche dans le cadre d'une autre affaire, dans laquelle il est accusé d'avoir appelé à participer à des rassemblements illégaux lors desquels des manifestants se sont montrés violents. Le procès est ajourné jusqu'au 22 mai.

« Nabeel Rajab n'a pas prôné le recours à la violence - il s'est même publiquement prononcé contre l'emploi de la violence dans le cadre des manifestations. Les autorités n'ont donc aucune raison de le sanctionner », a poursuivi Philip Luther.

« Les rassemblements publics pacifiques et l'exercice de la liberté d'expression doivent être autorisés à Bahreïn, conformément à l'obligation de respecter ces droits faite à ce pays en vertu du droit international. »

Nabeel Rajab a réfuté toutes les accusations portées contre lui et se trouve actuellement au poste de police d'al Houra, à Manama.
La répression à l'égard des opposants au gouvernement continue à Bahreïn bien que les autorités se soient engagées à mettre en place des réformes recommandées en novembre, lorsqu'une équipe de juristes internationaux a publié un rapport important sur la lutte contre les actions de protestation.

La Commission d'enquête indépendante de Bahreïn, présidée par le juriste égyptien Cherif Bassiouni, avait préconisé un changement de grande ampleur, et notamment la dépénalisation des rassemblements publics. Certains recommandations cruciales n'ont cependant pas été mises en œuvre.

S'est tenue mardi 8 mai à la Haute Cour criminelle d'appel de Bahreïn une première audience sur le cas de 21 militants de l'opposition de premier plan, dont sept sont jugés par contumace. Le procès a cependant été ajourné jusqu'au 21 mai parce que deux accusés sont hospitalisés.

L'un d'entre eux, Abdulhadi Al Khawaja, un militant en faveur des droits humains, a entamé une grève de la faim il y a plus de deux mois afin de protester contre son emprisonnement injuste. Amnesty International croit savoir que son état de santé a atteint un seuil critique.

Amnesty International considère toutes les personnes incarcérées dans le cadre de cette affaire comme des prisonniers d'opinion, et demande leur libération immédiate et inconditionnelle.

Index AI : PRE01/248/2012
Région ou pays Moyen-Orient et Afrique du Nord
Pour plus d'informations, prenez contact avec le Bureau de presse international »

Bureau de presse international

Téléphone : +44 (0) 20 7413 5566
9h30 - 17h00 TU lundi - vendredi
Téléphone : +44 (0) 777 847 2126
24 h / 24
Fax : +44 (0) 20 7413 5835
Bureau de presse international
Peter Benenson House
1 Easton Street
London
WC1X 0DW
Royaume-Uni
Suivez le Bureau de presse international sur Twitter
@amnestypress