Communiqués de presse
Égypte. Il faut des mesures radicales contre la torture
Les peines de trois ans de prison imposées à deux policiers ce 5
novembre, par un tribunal égyptien, doivent être utilisées par les
autorités pour permettre le châtiment de tous les actes de torture et
autres mauvais traitements, a déclaré Amnesty International.
«La condamnation de ces deux policiers est une étape bienvenue et
positive, mais pour qu'elle prenne une vraie signification, elle doit
annoncer une action plus concertée des autorités égyptiennes pour que
toutes les allégations de torture fassent l'objet d'une enquête
approfondie et que les responsables de la torture et des mauvais
traitements infligés aux détenus rendent des comptes», a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen orient et Afrique du nord d'Amnesty International. «Les
autorités égyptiennes doivent clairement exprimer par leurs actions, et
pas seulement leurs paroles, que la torture ne sera pas tolérée.»
Notre organisation s'exprimait en réaction aux verdicts prononcés par
un tribunal égyptien à l'encontre de deux policiers reconnus coupables
d'avoir torturé Emad al Kabir en 2006. Ces deux policiers, du poste de
police de Bulaq Dakrur dans le gouvernorat de Guizeh, étaient jugés
pour la détention illégale, la torture et le viol d'Emad al Kabir, et
pour avoir obtenu et diffusé des documents nuisant à la morale et à la
décence publiques. Ces derniers chefs d'inculpation sont liés au fait
que ces deux policiers auraient filmé leur viol d'Emad al Kabir au
moyen d'un téléphone portable, et fait circuler ce film pour dégrader
et humilier encore davantage leur victime.
La torture reste répandue et systématique en Égypte ; des allégations
de torture ont récemment été confirmées par des éléments matériels,
comme des vidéos de torture et d'autres mauvais traitements, diffusées
sur Internet.
Amnesty International exprime régulièrement son inquiétude devant ce
recours général et systématique à la torture et à d'autres mauvais
traitements par les forces de sécurité égyptiennes, en particulier le
Service de renseignements de la sûreté de l'État, qui détient de vastes
pouvoirs en vertu de l'état d'urgence maintenu par le gouvernement de
manière presque permanente depuis quarante ans.
«Malgré les éléments prouvant que la torture est répandue en Égypte,
les autorités continuent de ne reconnaître que des cas occasionnels et
isolés d'atteintes aux droits humains, en soulignant que des mesures
disciplinaires sont prises à l'encontre de leurs responsables », a déclaré Malcolm Smart. «
Les procès de tortionnaires présumés devant des tribunaux pénaux sont
principalement limités aux affaires où la victime est décédée, et
seulement dans des affaires de droit commun, non politiques. Dans la
plupart des cas, les forces de sécurité peuvent agir dans une quasi
impunité.»
Amnesty International demande aux autorités égyptiennes d'ouvrir des
enquêtes promptes, approfondies et impartiales sur toutes les
allégations de torture et de mauvais traitements, et de traduire en
justice toutes les personnes accusées d'avoir commis, ordonné ou
autorisé de telles atteintes aux droits humains.
Document public
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