Témoignage : «Nous ne demandons que ce qui nous appartient»

Tomás Galeano est mort en juillet 2009. Il l'était l'une des rares personnes à se souvenir de la vie qu'avaient les Yakyes Axas lorsqu'ils vivaient encore sur leurs terres traditionnelles. Il a dirigé les Yakyes Axas dans leur tentative de récupération de leurs terres en 1996, et a également joué un rôle important au sein de la communauté pendant ces années de difficultés et de lutte pour la justice. Il est mort avant de voir ses espoirs se réaliser. Il est enterré près de la route. Les Yakyes Axas n'ont pas été autorisés à l'enterrer avec ses ancêtres, sur leurs terres traditionnelles.

Balbina Torales
est tombée malade alors qu'elle était enceinte de sept mois. Elle avait passé un examen anténatal à l'hôpital le plus proche, à Concepción, mais n'avait pas les moyens d'y retourner pour obtenir les résultats des tests. Son enfant était mort-né. Peu de temps après l'accouchement, une équipe sanitaire est arrivée dans le cadre de sa tournée mensuelle et a promis d'envoyer une ambulance. Celle-ci est arrivée deux jours plus tard. Après plusieurs journées sous perfusion à l'hôpital, Balbina Torales s'est finalement remise. Elle a eu cinq enfants au total et seuls deux d'entre eux ont survécu.

« Lorsque nous arrivons à l‘hôpital, ils nous demandent toujours d'où nous venons. Quand on répond qu'on est indigène, les ennuis commencent.« 
Balbina Torales, membre de la communauté yakye axa, novembre 2008.

Dominga Fernández, membre de la communauté yakye axa, est morte en couche des suites d'une hémorragie à l'âge de quarante-deux ans. Innocencia Gómez, militante pour le droit à la santé et également membre de la communauté, se trouvait avec elle : « Nous n´avons pas eu le temps d'appeler une ambulance. Nous n'avons pas pu l'emmener et les bus ne prenaient pas les gens malades. » L'enfant de Dominga Fernandez est un mort un an plus tard, après avoir souffert de diarrhées pendant cinq mois.

Les enfants sont les plus exposés
Dans la communauté Sawhoyamaxa, quatre enfants sont morts entre décembre 2008 et janvier 2009. Maximiliano Montanía Chávez, Susana Marecos, Rodrigo Marecos et NN [pas encore baptisé] García Martínez avaient tous moins de deux ans. Tous ces enfants sont morts après avoir souffert de diarrhées et de vomissement.