La vie des Roms – Un cycle d’exclusion

Les Roms d’Europe sont contraints de vivre dans la pauvreté et la ségrégation. Ils n’ont aucune sécurité de logement et n’ont accès qu’à des services médiocres en matière d’éducation et de santé. Ils sont exposés à la violence et rencontrent beaucoup de difficultés pour accéder à l’emploi. Dans la région, un racisme avéré empêche ces populations de bénéficier de la dignité et des droits normalement accessibles à tous. 

Romani children in Kladno, Czech Republic

« Nous subissons des discriminations de notre naissance (dans des maternités séparées) à notre enterrement (dans des zones spéciales des cimetières). » Un militant rom de Trebišov (Slovaquie) résume ainsi la vie de sa communauté.

Observez plusieurs pays européens, et vous constaterez une différence choquante entre le discours et la pratique. Des pays qui ont accepté formellement de protéger et de promouvoir les droits des populations vivant sur leur sol ignorent et violent les droits des Roms. 

Les Roms, l’une des minorités les plus anciennes d’Europe, ont subi une longue histoire de discrimination. Dans l’Europe du 21e siècle, souvent louée pour ses lois, normes et mécanismes de contrôle destinés à protéger les droits humains, les Roms restent largement exclus de la vie publique. 

Qu’ils suivent une politique délibérée de ségrégation, ou refusent d’enrayer les conséquences d’un racisme chronique, les gouvernements et les autorités municipales isolent les minorités dans des logements et des établissements de seconde zone, les déracinent et les relogent illégalement, et les laissent exposées à la violence raciste. 

Les difficultés financières que rencontrent ces communautés sont exacerbées par l’exclusion de la vie publique, l’insécurité au foyer, et le sentiment qu’aucun pouvoir en place ne les écoute. 

Cette exclusion renforce les discriminations et l’isolement culturel accompagnant ces personnes tout au long de leur vie, lorsqu’elles cherchent à étudier, à travailler ou à fonder une famille. Ces minorités sont perçues comme manquant d’hygiène, d’éducation ou de racines simplement parce que, dès la naissance, elles n’ont pas pu exercer leurs droits à l’éducation, au logement et aux services de base. 

La discrimination généralisée fait d’elles des cibles faciles, notamment pour les expulsions forcées, qui sont illégales au regard du droit international relatif aux droits humains. Du fait que ces personnes rencontrent des difficultés pour louer des maisons, et qu’elles sont souvent exclues des systèmes de logement social, elles n’ont pas d’autres choix que de se loger où elles peuvent, souvent dans des habitations informelles peu sûres (tant du point de vue physique que juridique). Lorsque les autorités municipales veulent « nettoyer » une zone, ou se plient à la pression de voisinages plus riches qui veulent déplacer les minorités, ou encore souhaitent faire de la place pour une nouvelle infrastructure ou des projets d’urbanisme, les communautés roms n’ont que très peu de recours ou de protection. 

Même dans de tels cas, la loi exige que les communautés affectées soient pleinement consultées et qu’on leur propose un relogement avec un accès aux services de base. Cela arrive rarement. Ces personnes s’enfoncent alors souvent dans l’exclusion. Toujours plus éloignées du reste de la société, elles partagent des logements et des installations sanitaires surchargées. Lorsqu’elles ont eu de la chance, elles ont pu emporter leurs biens avant de devoir partir, mais il leur est très difficile de reconstruire leur environnement, de retrouver une école ou du travail. 

Pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté et de la marginalisation, l’éducation est une solution, et également un droit qui s’applique à tous les enfants roms. Pourtant, le piège de l’exclusion interdit cette solution à beaucoup d’entre eux. 

Partout dans la région, ces enfants continuent d’être placés dans des classes ou des écoles séparées, moins bien équipées et dont l’enseignement est fortement simplifié. Les autorités les placent souvent intentionnellement dans des écoles pour les handicapés mentaux ou pour les enfants ayant des difficultés d’apprentissage, malgré des décisions de la Cour européenne soulignant le caractère illégal de telles mesures et malgré des lois nationales interdisant ce type de discrimination. Dans d’autres cas, les familles choisissent d’elles-mêmes des écoles de seconde zone, afin que leurs enfants puissent être avec d’autres Roms et échappent aux mauvais traitements des enfants et des enseignants de la population majoritaire.

Une telle ségrégation n’est pas que le seul résultat du racisme au sein des systèmes éducatifs. C’est également l’un des principaux facteurs contribuant à la discrimination et à l’intolérance dans les sociétés européennes. Elle empêche aussi les Roms d’exercer leurs autres droits, notamment rechercher un environnement de vie correct et participer à la vie publique, ainsi qu’aux processus de décision susceptibles de les affecter. 

Comme le militant de Trebišov le décrit, du berceau à la tombe, la vie des Roms en Europe est une continuelle exclusion.

Partout dans la région, les communautés roms luttent pour faire respecter leurs droits avec le soutien d’ONG locales. Certaines affaires de discrimination ont été transmises à la Cour européenne, et un intense travail de campagne a été réalisé afin que soit appliquée la législation européenne visant à protéger les droits des Roms, en s’appuyant sur les tribunaux nationaux pour les réparations. 

 

Pour en savoir plus sur les expulsions forcées en Europe, voir ici

Pour des exemples de pays pratiquant les expulsions forcées, voir Italie, Roumanie, Serbie.

Pour les problèmes d’accès à l’éducation, voir Slovaquie (en anglais) et République tchèque.  

Pour plus d’informations sur les discriminations en Europe et leurs implications sur les droits humains, (en anglais) voir ici.

 


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