Conflits armés
Les guerres s’accompagnent invariablement de leur cortège de souffrances et d’épreuves. Les conflits constituent un terreau propice aux meurtres, aux actes de torture, aux déplacements de populations, aux famines et, de manière générale, aux violations massives des droits humains.

Dans les conflits qui sévissent un peu partout sur la planète, les forces gouvernementales et les groupes armés s'en prennent régulièrement aux civils, n’hésitant pas à commettre crimes de guerre et autres atrocités.

Pourtant, même en temps de guerre, il existe des règles que toutes les parties sont juridiquement tenues de respecter. Le droit international humanitaire (on parle également de lois et coutumes de la guerre) a pour objectif d'atténuer les conséquences que les conflits peuvent avoir sur les populations. Il limite le choix des moyens et méthodes utilisables dans la conduite des opérations armées. Il dispose notamment que les combattants doivent épargner les civils ainsi que toute personne qui ne prend plus part aux hostilités – les soldats blessés ou ayant accepté de se rendre, par exemple. Si le droit international humanitaire ne s’applique qu’en cas de conflit armé, le droit relatif aux droits humains s’impose en permanence, en temps de guerre comme en temps de paix.

Les grandes puissances se montrent malheureusement promptes à manipuler les institutions internationales ou à appliquer le principe «un poids, deux mesures», n’hésitant pas à armer des forces connues pour leur mépris des droits humains et à décliner ensuite toute responsabilité dans les atrocités commises.

S’il est exact que certaines organisations internationales, comme les Nations unies, ont vu se renforcer leur rôle consistant à suivre l’évolution et à rendre compte de la situation des droits humains lors d’un conflit, il est rare que les auteurs d’atteintes massives aux droits humains des civils soient traduits en justice.

La violence se nourrit des griefs et du ressentiment nés de longues années de guerre et de l’impunité dont jouissent les responsables de graves violations ou exactions.

Amnesty International ne prend pas parti dans les conflits et n’a aucune position concernant les frontières des États. Notre action en matière de conflits armés consiste exclusivement à réunir des informations sur les atteintes aux droits humains et les violations du droit international humanitaire perpétrées par les différents protagonistes, quels qu’ils soient, et à faire campagne pour qu'elles cessent.

Les conflits internes

L’immense majorité des conflits armés actuels se déroulent à l’intérieur des frontières des États. Beaucoup durent depuis des dizaines d'années en dépit des nombreux efforts déployés par la communauté internationale pour trouver des solutions.

Ils ont souvent été déclenchés par des problèmes d’identité, d’appartenance ethnique, de religion ou de rivalité dans l’accès aux ressources, en particulier au pétrole ou aux richesses minières.

Le conflit dans lequel l’Afghanistan n'en finit pas de s’enfoncer a ainsi fait des milliers de morts et de blessés parmi les civils. Des crimes de guerre sont commis par toutes les parties au conflit, que ce soit les forces de sécurité internationales, les forces de sécurité afghanes ou les talibans.

Le cercle vicieux de la violence

En Irak, les forces de sécurité commettent des violences communautaires plutôt qu’elles ne les empêchent. Le système judiciaire irakien est totalement inadapté et le pays n’a pas rompu avec les pires pratiques du régime de Saddam Hussein – tortures, y compris viols, exécutions extrajudiciaires, procès inéquitables, condamnations à mort.

Des soldats américains ou britanniques sont fréquemment accusés de violations des droits humains. Pourtant, rares sont ceux qui sont poursuivis en justice et condamnés.

Malgré de multiples initiatives de paix et de médiation internationale, une bonne dizaine de pays africains ont été en proie à des conflits armés l’an passé.  Dans tous ces pays, les droits humains des populations civiles, et plus particulièrement des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont été bafoués.

Que fait Amnesty International?

Amnesty International demande à tous les belligérants de respecter le droit international humanitaire et les droits humains. Elle rappelle notamment aux forces régulières des États et aux groupes armés que rien ne peut justifier le fait de s’en prendre à des civils.  

Amnesty International fait campagne pour en finir avec l'impunité dont peuvent jouir les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Nous luttons contre la prolifération des armes légères et de petit calibre, qui alimentent les conflits et favorisent les atteintes aux droits fondamentaux, en intervenant notamment auprès des autorités compétentes pour faire adopter un traité sur le commerce des armes.

Amnesty International milite en faveur de la présence au Darfour et dans l’est du Tchad d’une force internationale de maintien de la paix qui serait chargée d’assurer la protection des civils. L’organisation a appelé ses sympathisants du monde entier à écrire aux parlementaires soudanais pour leur demander de dénoncer publiquement les atrocités commises dans leur pays.

Amnesty International se bat vigoureusement contre le recours aux enfants soldats et plaide pour la démobilisation de ces derniers et leur réinsertion dans la société.

Nous œuvrons auprès des Nations unies pour une meilleure protection des civils, notamment en demandant le strict respect du droit relatif aux droits humains et du droit humanitaire dans le cadre des initiatives de maintien de la paix.

Obligation de rendre des comptes: des raisons d’espérer

Chargée de juger les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre, la Cour pénale internationale (CPI) a vu le jour en 2002. On peut espérer que, grâce à elle, un certain nombre d'individus responsables des pires atrocités commises lors de conflits armés seront traduits en justice. La mise en place de cette nouvelle instance a été saluée, aussi bien par les gouvernements que par les juristes et les représentants de la société civile, comme l'événement le plus marquant en matière de droit international depuis l'adoption de la Charte des Nations unies. Amnesty International a participé à toutes les étapes qui ont conduit à la création de la CPI.

Cette dernière a délivré des mandats d’arrêt visant des personnes accusées de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité perpétrés dans le cadre des conflits armés en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Soudan (Darfour).

Parallèlement, un certain nombre de dirigeants responsables de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou de génocide ont été traduits devant les tribunaux pénaux internationaux mis en place pour juger les graves crimes commis au Rwanda, en Sierra Leone et en ex-Yougoslavie.

En décembre 2006, les États membres de l'ONU, réunis en Assemblée générale, ont décidé à une écrasante majorité de se pencher sur la question d'un traité sur le commerce des armes qui soit universel et juridiquement contraignant. Ce vote représente une avancée majeure sur la voie d'une plus grande transparence et d'une responsabilisation dans le domaine du commerce des armes.

 

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