18 avril 2008
Des milliers de cadavres retrouvés dans des charniers au Cachemire

Des centaines de tombes clandestines – contenant, pense-t-on, les corps de victimes d’homicide illégal, de disparition forcée, de torture et d’autres graves violences – ont été découvertes dans l'État de Jammu-et-Cachemire, en Inde.

Amnesty International a exhorté le gouvernement indien à ouvrir d’urgence des enquêtes sur ces charniers qui, pense-t-on, contiennent les restes de victimes d'atteintes aux droits humains commises dans le cadre du conflit armé qui déchire la région depuis 1989.

C’est dans son rapport intitulé Facts under Ground, publiée le 29 mars, que l’Association des parents de « disparus », basée à Srinagar, a fait état de ces découvertes. Elle y fournit des informations détaillées sur ces très nombreuses tombes auxquelles il impossible d’accéder sans une autorisation spécifique des forces de sécurité, car elles sont situées à proximité de secteurs contrôlés par le Pakistan. Selon les informations reçues, depuis 2006 au moins 940 corps ont été retrouvés dans de telles tombes dans 18 villages du seul district d'Uri.

L’armée indienne a affirmé qu’il s’agissait de rebelles armés et de « militants étrangers » tués de manière légale lors d’affrontements armés avec les forces militaires. Or, le rapport indique que des villageois ont déclaré que la plupart des personnes enterrées dans ces tombes étaient des gens de la région, originaires de l’État.

Selon le rapport, plus de 8 000 personnes ont été portées disparues dans l'État de Jammu-et-Cachemire depuis 1989. Les autorités indiennes ramènent ce chiffre à 4 000, affirmant que la plupart de ces personnes sont parties au Pakistan pour rejoindre des groupes d’opposition armés.

En 2006, un rapport établi par la police de l’État a confirmé la mort en détention de 331 personnes ainsi que la disparition forcée de 111 autres après leur arrestation, depuis 1989.

Les homicides illégaux, les disparitions forcées et la torture violent les dispositions du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire inscrites dans des traités auxquels l’Inde est partie. Ces actes constituent par ailleurs des crimes internationaux.

Amnesty International a appelé le gouvernement indien à condamner sans équivoque les disparitions forcées commises dans l'État de Jammu-et-Cachemire, et à veiller à ce que des enquêtes exhaustives, indépendantes et impartiales soient menées sans délai par des experts médicolégaux et conformément au protocole type de l’ONU approprié, dans tous les sites de la région où des charniers ont été découverts.

Toutes les allégations passées et actuelles de disparition forcée doivent faire l’objet d’une enquête et, lorsque qu’il existe des preuves suffisantes, toutes les personnes soupçonnées d’être responsables de tels crimes doivent être poursuivies en justice dans le respect des normes d’équité des procès, et toutes les victimes doivent pleinement obtenir réparation.

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