Durant la guerre qui a ravagé le Kosovo en 1999, plus de 3 000 Albanais du Kosovo ont été victimes de disparitions forcées imputables à la police, aux groupes paramilitaires et à l'armée serbes. Quant aux membres de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK), ils auraient enlevé quelque 800 Serbes, Roms et membres d'autres groupes minoritaires.
Ces 10 dernières années, plus de la moitié des corps d'Albanais du Kosovo victimes de disparitions forcées ont été exhumés et rendus aux familles. Cependant, la situation a très peu évolué en ce qui concerne les poursuites engagées contre les auteurs présumés de ces faits en Serbie et au Kosovo. On ignore toujours ce qu'il est advenu de plus de 1 300 Albanais du Kosovo et où ils se trouvent.
Des enquêtes ont été ouvertes par la police et les procureurs internationaux au Kosovo. Néanmoins, Amnesty International considère que c'est à la police et aux procureurs serbes qu'il incombe, en premier lieu, d'enquêter sur les cas de disparitions forcées d'Albanais du Kosovo commises par l'armée serbe. Environ la moitié des corps de ces personnes que l'on pensait avoir été victimes de disparitions forcées en 1999 ont été retrouvés par la suite.
Amnesty International estime qu'il existe de graves obstacles institutionnels en Serbie, comme le manque de volonté politique qui empêche de mettre fin à l'impunité qui est la règle dans les affaires de disparitions forcées. Les anciens fonctionnaires des ministères de l'Intérieur et de la Défense préfèreraient que les personnes disparues et enlevées ne ressurgissent jamais du passé. Ils continuent à faire obstruction au système judiciaire en Serbie.
En mars 2009, des policiers de Leskovac ont organisé des manifestations contre l'arrestation au Kosovo de quatre anciens membres du 37e bataillon de l'Unité de la police spéciale serbe pour crime de guerre. Ils demandaient la libération de ces personnes et la publication des noms des témoins, qu'ils auraient menacé de tuer.
En 2009, dans le cadre des poursuites engagées contre des commandants de la police serbe par la Chambre spéciale chargée des crimes de guerre pour la disparition forcée de deux militaires américano-albanais (les frères Bytyqi), commise après le conflit, 96 témoins – tous policiers – ont été entendus. Ils ont couvert les accusés, qui étaient leurs supérieurs hiérarchiques.
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