17 juin 2010
Faites cesser les renvois forcés depuis l'Europe vers l'Irak

Alors qu'il y a plus de sept ans que l'invasion conduite par les États-Unis a fait basculer Saddam Hussein, l'Irak est toujours un lieu dangereux pour de nombreuses personnes, et chaque mois des centaines de civils sont encore tués ou blessés.

Des centaines de milliers d'Irakiens ont fui à l'étranger pour échapper à l'insécurité généralisée ou aux attaques directes.

La plupart de ceux qui ont fui se sont réfugiés dans des pays frontaliers mais ils sont nombreux néanmoins à chercher refuge en Europe : il y a eu 23 000 demandes d'asile déposées en Europe par des Irakiens en 2009.

Cependant les demandeurs d'asile irakiens sont confrontés à des situations très variées d'un pays européen à l'autre, le taux de reconnaissance du statut de réfugié allant de 80 % en Autriche à 0 % en Grèce.

De nombreux demandeurs d'asile irakiens ne bénéficient pas d'une procédure équitable pour l'examen de leur demande.

Lors d'une visite récente à Bruxelles, le haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a souligné le fait qu'un grand nombre de personnes ayant besoin d'une protection internationale n'avaient pas vraiment d'autre choix que d'entrer en Europe par des moyens illégaux et de se retrouver ainsi à la merci de passeurs et de trafiquants d'êtres humains. « C'est une situation dysfonctionnelle, favorisant les mouvements irréguliers des personnes au sein de l'Union européenne », a-t-il déclaré.

Amnesty International a appris que, en violation des lignes directrices des Nations unies, plusieurs pays européens renvoyaient de force des personnes en Irak, les plaçant de fait en situation de grand danger. Dans ses lignes directrices d'avril 2009, le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a recommandé de ne pas procéder à des retours forcés vers cinq provinces identifiées comme les plus dangereuses d'Irak : Bagdad, Mossoul, Kirkouk, Diyala et Salahuddin.

Le HCR a également recommandé que les États ne renvoient quiconque dans n'importe quelle région de l'Irak sans avoir au préalable évalué de manière individuelle les risques auxquels cette personne pourrait être confrontée.

Le 30 mars 2010, cependant, le gouvernement néerlandais a renvoyé de force 35 personnes des Pays-Bas vers Bagdad.

Amnesty International a parlé à plusieurs de ces personnes depuis leur retour forcé en Irak. Certaines sont originaires de Bagdad, Mossoul et d'autres endroits qualifiés de « peu sûrs » par le HCR. Toutes ces personnes ont dit qu'elles ne se sentaient pas en sécurité en Irak, et certaines ont indiqué qu'elles ne pouvaient pas retourner là où elles vivaient auparavant par peur des attaques.

Parmi les personnes renvoyées de force des Pays-Bas le 30 mars, un jeune musulman chiite âgé de 22 ans et appartenant à la minorité turkmène a déclaré à Amnesty International, le 16 avril, qu'il craignait de retourner à Tal Afar au nord de Mossoul par crainte pour ses jours. Le 14 mai, 25 personnes ont été tuées dans un attentat suicide sur un terrain de football à Tal Afar.

Le 9 juin 2010, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont conjointement procédé au renvoi forcé d'un groupe de 61 Irakiens dans plusieurs vols charters pour Bagdad. Selon certaines informations, les autorités britanniques ont organisé le renvoi forcé d'un autre groupe d'au moins 50 demandeurs d'asile irakiens dont la demande avait été rejetée.

Amnesty International s'oppose aux retours forcés vers l'Irak dans la situation actuelle d'insécurité et d'instabilité. L'organisation considère que les Irakiens originaires des cinq provinces irakiennes considérées comme les plus dangereuses devraient se voir accorder le statut de réfugiés ou bénéficier d'une forme de protection subsidiaire ; la situation des demandeurs d'asile originaires d'autres provinces en Irak devrait être évaluée individuellement afin de déterminer s'ils peuvent prétendre aussi au statut de réfugié ou bénéficier d'une forme de protection subsidiaire.

Si les services concernés estiment que ce n'est pas le cas, Amnesty International demande néanmoins aux pays hôtes d'accorder à ces Irakiens une protection humanitaire à titre provisoire, le temps que la situation du pays s'améliore sur le plan de la sécurité.

Il y a plusieurs moyens de passer à l'action. Les liens ci-dessous vous conduiront aux sites des sections britannique et suédoise d'Amnesty International, tandis que la pétition s'adresse aux gouvernements de la Norvège et des Pays-Bas.

Pour demander au ministre britannique de l'Immigration de mettre fin aux renvois forcés d'Irakiens depuis le Royaume-Uni vers Bagdad, cliquez ici (page en anglais).

Pour demander au ministre suédois des Migrations et de la Politique d'asile de mettre fin à tous les renvois forcés d'Irakiens de la Suède vers l'Irak, cliquer ici (page en suédois).


Veuillez signer la pétition d’Amnesty International ci-dessous afin de demander aux gouvernements de la Norvège et des Pays-Bas de prendre immédiatement des mesures concrètes pour mettre fin à tous les renvois forcés vers l’Irak compte tenu de la situation actuelle en termes de sécurité, et de fournir temporairement une protection humanitaire aux Irakiens qui ne peuvent pas prétendre au statut de réfugié.

Merci de faire circuler cette information auprès de vos amis et de vos proches, ainsi que dans vos réseaux.

 

Photo : Cette femme a fui sa ville natale où plusieurs de ces enfants ont été tués il y a deux ans par des tirs de mortier. © HCR / K. Brooks



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