10 août 2011
Mettez fin à l'angoisse des familles de ceux qui ont «disparu» en Libye

Photos des « disparus » affichées devant un palais de justice. © Amnesty International

« Je crains le pire depuis qu'il est tombé aux mains des forces de Kadhafi. Mais je veux simplement savoir s'il est encore en vie ou s'il est mort. Si nous apprenons [qu'il a été tué], au moins nous pourrons faire notre deuil et commencer à nous reconstruire. » Témoignage de la sœur de Mostafa Ibrahim El Baghdadi, 19 ans, qui a « disparu » à Misratah à la mi-mars.

Dans toute la Libye, des familles vivent dans l'angoisse, dans l'attente de savoir quel sort a été réservé à leurs proches « disparus ». Des centaines voire des milliers de personnes auraient été victimes de disparitions forcées imputables aux forces du colonel Mouammar Kadhafi depuis le début de la révolte. Certaines ont été interpellées avant la « Journée de la colère » du 17 février, dans le cadre d'une vaine tentative visant à écraser l'opposition. Elles risquent d'être torturées ou de subir des mauvais traitements, voire d'être exécutées de manière extrajudiciaire.

Les forces pro-Kadhafi refusent de révéler ce qu'il est advenu des personnes arrêtées et de dévoiler l'endroit où elles se trouvent. Certaines sont sans doute incarcérées dans des grands centres de détention tels que les prisons d'Ain Zara et d'Abou Salim, le centre de Salaheddin à Tripoli et la caserne de la police militaire de Syrte. Mais les autorités refusent l'accès de ces sites aux organismes indépendants.

Les « disparus », pour la plupart des hommes, viennent de toute la Libye : de Benghazi et d'autres secteurs de l'est du pays, de Misratah, des montagnes de Nafusa et de la capitale Tripoli. Parmi eux figurent des opposants présumés à Kadhafi et des personnes capturées par l'armée du colonel Kadhafi lorsqu'elle battait en retraite ou « disparues » lors des affrontements qui se sont déroulés dans l'est du pays. Certains ont été emmenés au cours de raids lancés par les forces de Kadhafi contre les territoires contrôlés par les opposants au régime, d'autres alors qu'ils quittaient les places fortes de l'opposition. Depuis le début du soulèvement, les familles des prisonniers politiques déjà incarcérés par les autorités de Tripoli n'ont plus aucune nouvelle de leurs proches. Si certains ont été libérés, on ignore toujours où beaucoup d'autres se trouvent. Certains anciens détenus ont affirmé avoir été torturés ou maltraités par les soldats de Kadhafi à Syrte et Tripoli. D'autres sont apparus à la télévision d'État, semble-t-il après avoir subi des tortures, pour « avouer » qu'ils avaient rejoint des groupes armés dans la mouvance d'Al Qaïda, qu'ils étaient drogués ou qu'ils avaient été bernés par l'opposition.

Dans la mesure où la pratique des disparitions forcées s'inscrit dans le cadre d'une offensive généralisée et systématique menée par les forces du colonel Kadhafi contre les civils, ces disparitions constituent des crimes contre l'humanité, au titre de l'article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

La disparition forcée constitue un crime au regard du droit international et une grave violation des droits humains. Signez la pétition pour demander que soit mis fin à la pratique des disparitions forcées en Libye. Le 30 août, à l'occasion de la Journée internationale des disparus, Amnesty International la remettra aux représentants du gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi.

« Je demande au gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi de :

  • révéler le nombre de personnes arrêtées et placées en détention depuis la mi-février, ainsi que le sort qui leur a été réservé, le lieu où elles se trouvent et leur statut au regard la loi, et, si elles sont mortes, informer leurs proches, leurs représentants ou leurs avocats des circonstances et des causes de leur décès, ainsi que du lieu où se trouvent leurs dépouilles ;
  • veiller à ce que les familles et les avocats des civils détenus soient informés immédiatement de leur lieu de détention et autoriser l'accès immédiat et indépendant à tous les sites de détention, y compris ceux qui ne dépendent pas du Comité populaire pour la justice libyen, afin de garantir la sécurité et le bien-être des prisonniers ; et
  • remettre en liberté immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues uniquement en raison de leurs opinions ou de leurs activités pacifiques, et veiller à ce qu'elles puissent regagner leur foyer en toute sécurité. »
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