La Corée du Sud doit adopter un moratoire officiel sur les exécutions

30 octobre 2009

Lee Kwi-nam venant d'être nommé nouveau ministre de la Justice en Corée du Sud, Amnesty International lui demande d'instituer immédiatement un moratoire sur les exécutions et de commuer toutes les condamnations à mort dans le pays.

Depuis début 2009, Amnesty International déplore que le gouvernement sud-coréen prenne des mesures laissant présager une reprise des exécutions.

Une réunion consultative à laquelle ont participé des membres du Grand Parti de la nation – le parti au pouvoir –, de la police nationale et des ministères de la Justice et de l'Administration publique et de la Sécurité, s'est penchée le 12 février sur la question de savoir s'il fallait exécuter les 58 personnes condamnées à mort actuellement emprisonnées et s'il fallait instituer une peine de réclusion à perpétuité sans possibilité de commutation. Cette réunion est survenue dans un contexte de colère au sein de la population à la suite de l'arrestation d'un homme soupçonné du meurtre de sept femmes.

Bien que la Corée du Sud conserve la peine capitale dans sa législation, les dernières exécutions en date dans ce pays ont eu lieu en décembre 1997 ; 23 personnes avaient alors été mises à mort.

Depuis novembre 1999, quatre propositions de loi pour l'abolition de ce châtiment ont été soumises successivement à l'appréciation de l'Assemblée nationale sud-coréenne.

À ces quatre occasions, la commission législative et judiciaire de l'Assemblée nationale n'a pas terminé l'examen de ces textes avant la fin de la session parlementaire et les propositions de loi sont donc devenues caduques.

Deux nouvelles propositions de loi relatives à l'abolition introduites depuis 2007 sont actuellement en cours d'examen à l'Assemblée nationale.

Trois nouvelles condamnations à la peine capitale ont été prononcées en 2008, et 60 prisonniers se trouvent actuellement sous le coup d'une condamnation à mort. Amnesty International appelle le ministre sud-coréen de la Justice à instaurer immédiatement un moratoire sur les exécutions en vue de l'abolition de la peine de mort, comme le prescrivent les résolutions 62/149 et 63/168 de l'Assemblée générale des Nations unies, et de commuer toutes les condamnations à mort dans le pays.

Légende photo : Journée mondiale contre la peine de mort en Corée du Sud, le 10 octobre 2009. Copyright: Amnesty International