Trente-cinq familles guaranis-kaiowás de la communauté de Laranjeira Ñanderu, dont environ 85 enfants, vivent dans des abris de fortune le long de l'autoroute B-163, très fréquentée, dans l'État du Mato Grosso do Sul. Ces personnes vivent dans des conditions déplorables et elles sont menacées et harcelées par les agents de sécurité armés employés par le propriétaire terrien et des agriculteurs locaux.
Ces familles ont été expulsées de leurs terres ancestrales en septembre 2009. La police fédérale, qui a supervisé l'expulsion, a prévenu le propriétaire que les membres de la communauté reviendraient pour récupérer leurs biens. Cependant, le propriétaire a incendié les maisons et tous les biens de ces familles. Ces personnes vivent maintenant dans des cabanes couvertes de bâches en plastique noir, alors que la température dépasse les 30 °C dans la journée. Les inondations sont fréquentes et le campement grouille d'insectes et de sangsues. D'après les membres de la communauté, les agriculteurs locaux conduisent très vite la nuit près du campement et éclairent l'intérieur des cabanes pour intimider leurs habitants.
Quelque 30 000 Guaranis-Kaiowás vivent dans l'État du Mato Grosso do Sul, dans le sud-ouest du Brésil. Depuis plus d'un siècle, ces personnes sont chassées de leurs terres par le développement de l'agriculture à grande échelle – un processus qui se perpétue encore aujourd'hui. Pour les communautés concernées, les conséquences sont souvent désastreuses.
L'incapacité des autorités brésiliennes à garantir le droit à la terre des populations indigènes de l'État du Mato Grosso do Sul a intensifié l'éclatement social des communautés guaranis-kaiowás et les importantes difficultés économiques auxquelles elles sont confrontées. Privés de l'accès à leurs territoires ancestraux, les Guaranis-Kaiowás n'ont d'autre choix que de travailler sur la mosaïque de fermes qui recouvrent l'État. Plus de la moitié des jeunes hommes de ces communautés parcourent de longues distances pour couper la canne à sucre dans les plantations, bien souvent dans des conditions difficiles qui s'apparentent à de l'exploitation.
En raison de ces conditions de vie très difficiles, les Guaranis-Kaiowás ont adopté une stratégie appelée retomada – qui consiste à réoccuper pacifiquement de petites parcelles de terres sur leurs territoires ancestraux – pour tenter de faire accélérer le processus qui doit leur permettre de récupérer légalement leurs terres. Ils se heurtent à des menaces, des violences et des expulsions de la part de groupes armés engagés par les propriétaires terriens. Plusieurs chefs indigènes ont été tués. D'importants retards dans les procédures légales devant mener à la restitution des terres aux communautés, ainsi que l'impunité généralisée des auteurs d'attaques et d'homicides contre des indigènes, ont entraîné un climat de violence persistant.
À l'heure où les exploitations agricoles dans tout l'État se mécanisent tandis que le processus de démarcation des terres est au point mort, la lutte des Guaranis-Kaiowás pour leurs droits est plus urgente que jamais. Le gouvernement fédéral doit considérer avec sérieux ses engagements en matière de droits humains.
Il doit en particulier résoudre tous les conflits fonciers en suspens et veiller à ce que toute décision concernant des terres indigènes ancestrales fasse l'objet d'un consentement préalable, libre et éclairé.
Légende photo : la communauté de Laranjeira Ñanderu a été expulsée de ses terres ancestrales en septembre 2009. Après l'expulsion, le propriétaire terrien a incendié les maisons et tous les biens de ces personnes. Les membres de cette communauté vivent désormais dans des conditions précaires au bord d'une autoroute. © Egon Heck/arquivo CIMI
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