Un blogueur égyptien emprisonné depuis un an
22 février 2008
Il y a un an, le blogueur égyptien Karim Amer était condamné à quatre ans d’emprisonnement. Son « crime » ? Avoir critiqué sur Internet l’islam et le président Moubarak.L’ancien étudiant de l’université d’Al Azhar, alors âgé de vingt-trois ans, a été condamné le 22 février 2007. La Cour d’appel a confirmé la peine le 12 mars de la même année. Pour Amnesty International, cette condamnation a porté un nouveau coup à la liberté d'expression en Égypte.
Amnesty International considère Karim Amer comme un prisonnier d’opinion ; il est incarcéré alors qu’il n’a fait qu’exprimer pacifiquement son point de vue. L’organisation a condamné la peine de quatre ans de prison qui lui a été infligée, et demande sa libération immédiate et inconditionnelle.
Karim Amer, qui purge sa peine dans la prison de Borg el Arab, à Alexandrie, a écrit dans ses lettres à l’un de ses avocats qu’il avait été battu le 24 octobre 2007.
Il a expliqué qu’un autre détenu et un gardien lui avaient donné des coups de poing et de pied sous la surveillance d’un inspecteur pénitentiaire. Il a eu une dent cassée et d’importantes contusions. Il a ensuite été emmené dans une cellule disciplinaire, on l’a menotté et on lui a attaché les jambes, et il a de nouveau été battu par les deux mêmes individus sur ordre de l’inspecteur.
Karim Amer a également écrit qu’un autre détenu, qu’il ne connaissait pas, avait été amené dans la cellule, déshabillé et frappé en sa présence par les mêmes personnes. Karim Amer a été menacé de subir le même sort s’il intervenait encore dans les affaires de la prison. Il a dit avoir conseillé à des Érythréens de la prison de veiller sur leur argent après avoir découvert qu’un codétenu érythréen auquel il servait d’interprète avait perdu 100 dollars (environ 70 euros).
Karim Amer a écrit qu’il avait été examiné par le médecin de la prison, mais sa dent cassée n’a pas été mentionnée dans le rapport médical. Il a également déclaré qu’on ne l’avait pas autorisé à porter plainte au sujet de ce qui s’était passé.
Après avoir été battu, Karim Amer a été placé à l'isolement dans une cellule disciplinaire jusqu’au 2 novembre 2007. Pendant cette période, il n’a reçu qu’un repas et une bouteille d’eau par jour et n’a pas été autorisé à envoyer des lettres. Le 7 novembre 2007, il a finalement été ramené dans la partie de la prison où il avait été détenu au départ, et placé dans une cellule individuelle.
Amnesty International a demandé qu’une enquête soit menée sur les mauvais traitements dont Karim Amer a fait l’objet en prison, et que des mesures adéquates soient prises pour garantir sa sécurité.
L’organisation a également appelé les autorités égyptiennes à réviser ou à abroger toute loi qui, en violation des normes internationales, prévoit une peine d’emprisonnement pour le simple exercice du droit à la liberté d’expression, de pensée, de conscience et de religion.
Karim Amer avait été détenu une première fois par les autorités égyptiennes pendant douze jours en octobre 2005 à cause de son blog (karam903.blogspot.com) sur l’islam et sur les violences religieuses qui s’étaient produites le même mois à Alexandrie dans le quartier de Moharram Bek. Ces émeutes avaient éclaté à la suite d’informations selon lesquelles la vidéo d’une pièce de théâtre présumée antimusulmane était diffusée dans une église copte du quartier.
En mars 2006, l’université d’Al Azhar avait pris des sanctions disciplinaires contre Karim Amer, qui avait été renvoyé. Le conseil de discipline de l’établissement avait reconnu le jeune homme coupable de blasphème envers l’islam.
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