07 décembre 2010
Le Parlement lituanien doit rejeter une loi homophobe

Le 16 décembre, le Seimas (Parlement lituanien) va se prononcer sur un projet de loi qui prévoit de sanctionner la « promotion des relations homosexuelles » d'une amende pouvant aller de 580 à 2 900 euros.

Le 12 novembre, le Seimas a adopté en première lecture un amendement à l'article 214 du Code administratif lituanien. Ce texte introduit des amendes de 2 000 à 10 000 litas (environ 580 à 2 900 euros) pour sanctionner la « promotion publique des relations homosexuelles ».

Ce projet de loi, ouvertement discriminatoire, restreindrait illégalement le droit à la liberté d'expression des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, et il constitue une violation des obligations de la Lituanie au regard du droit international. Amnesty International prie donc instamment les membres du Parlement lituanien de voter contre cette modification discriminatoire du Code administratif.

Amnesty International est également préoccupée par la formulation vague de cet amendement : toute expression ou évocation publique de l'homosexualité et toute information à ce sujet seraient interdites. Parmi les actes répréhensibles figureraient notamment, mais pas exclusivement, le fait de militer sur des questions de droits humains relatives à l'orientation sexuelle et l'identité de genre, de fournir des informations sur la santé sexuelle à des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, d'organiser des événements tels que des festivals du film gay, ou encore d'organiser ou de participer à des marches des fiertés.
Le député qui a proposé cet amendement, Petras Gražulis, est connu pour ses opinions homophobes et sa forte opposition à la Baltic Pride, la marche des fiertés, qui a eu lieu le 8 mai à Vilnius. Il a explicitement fait savoir que l'un des principaux objectifs de cet amendement était d'empêcher que des évènements tels que la Baltic Pride puissent avoir lieu à l'avenir en Lituanie.

Cet amendement violerait toute une série de droits humains, notamment le droit à la liberté d'expression, et représenterait une importante atteinte au principe de non-discrimination. En outre, il aggraverait l'homophobie en Lituanie.

Photo : © Magda Maxi Jakab

1317
appels envoyés

Passez à l'action

Campaign has expired
663,219
Nombre total d’actions entreprises
par des personnes telles que vous