Il y a un an, le 5 juin 2009, une manifestation organisée par des Indigènes afin de dénoncer l'exploitation des ressources naturelles sur les terres qu'ils occupaient traditionnellement s'est soldée par la mort de 33 personnes.
Plus de 200 autres personnes ont été blessées lorsque la police a mis fin à ce rassemblement, qui se tenait depuis 50 jours sur un tronçon de route – appelé Curva del Diablo – conduisant à Bagua et Bagua Grande, dans le département d'Amazonas (Pérou).
Parmi les victimes figuraient vingt-trois policiers, cinq habitants des villes de la région et cinq Indigènes. À ce jour, on ignore toujours ce qu'il est advenu d'un policier.
Les manifestants dénonçaient le fait que des lois relatives à l'exploitation des ressources naturelles sur des terres traditionnellement occupées par des peuples indigènes aient été adoptées sans que les populations en question aient été consultées, alors même que ces dispositions pouvaient affecter leurs droits.
Le droit des peuples indigènes d'être consultés au sujet de toute mesure législative ou administrative qui les concerne est reconnu par la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT) et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
Le 27 mai, Alberto Pizango, dirigeant de l'une des principales organisations indigènes du pays, l'AIDESEP (Asociación Interétnica de Desarrollo de la Selva Peruana), a été arrêté à son retour du Nicaragua, où il s'était exilé.
Cet homme avait fui il y a près d'un an, après que des poursuites avaient été engagées contre lui pour les violences commises à Bagua.
Il avait été relâché le lendemain mais, comme d'autres dirigeants indigènes, il est toujours sous le coup d'accusations qu'Amnesty International estime injustifiées. En effet, celles-ci ne semblent pas fondées sur des éléments de preuve concrets et pourraient être motivées par des considérations politiques.
Il y a moins d'un mois, le 19 mai, le Congrès péruvien a adopté une loi prévoyant que les peuples indigènes soient consultés sur les questions les affectant. Amnesty International considère ce texte comme un pas important vers la reconnaissance des droits des peuples indigènes.
Il est désormais essentiel que le président le promulgue afin qu'il puisse être appliqué sans délai et fasse l'objet d'une consultation en bonne et due forme des populations indigènes concernées.
Les centaines de victimes et de familles de victimes des violences et des violations des droits humains commises il y a un an à Bagua ¬– parmi lesquelles figurent les 23 policiers et les 10 civils qui ont perdu la vie – n'ont toujours pas obtenu justice, et les centaines de blessés non plus.
À ce jour, personne n'a été jugé dans le cadre de cette affaire. Trois manifestants indigènes sont encore en prison, plus d'une dizaine demeure sous le coup d'un mandat d'arrêt et de nombreux autres doivent toujours répondre de certaines accusations. En revanche, aucun policier ou représentant de l'État n'a été inculpé.
Amnesty International appelle Alan García, le président péruvien, à montrer son engagement à résoudre les problèmes qui ont mené aux événements du 5 juin 2009.
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