Un nombre croissant de Roms et de membres d'autres minorités sont actuellement renvoyés de force au Kosovo par l'Allemagne et d'autres pays d'Europe de l'Ouest. Les personnes expulsées par l'Allemagne sont principalement des Roms, ainsi que des Ashkalis, des « Égyptiens » et des membres d'autres minorités. Une fois au Kosovo, elles risquent d'être persécutées ou de subir d'autres graves préjudices.
Les Roms, les Ashkalis et les « Égyptiens » sont le groupe minoritaire le plus défavorisé et marginalisé du Kosovo. Ils sont victimes de discriminations généralisées et systématiques lorsqu'ils essaient d'exercer leurs droits civils, politiques, sociaux, économiques et culturels, en particulier dans les domaines du logement, de l'éducation, de la santé ou de l'emploi. Ils rencontrent de grandes difficultés pour obtenir des papiers d'identité. Nombre d'entre eux risquent de se retrouver apatrides de fait.
La plupart des Roms, Ashkalis et « Égyptiens » vivant en Allemagne ont quitté le Kosovo en raison du conflit armé de 1999. D'autres ont fui au début des années 1990, quand la guerre a éclaté en ex-République fédérale socialiste de Yougoslavie. Ils ont sollicité une protection internationale en Europe de l'Ouest.
À la suite de la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo en février 2008, l'Allemagne et d'autres États membres de l'UE ont soumis les autorités kosovares à une pression croissante afin de les inciter à accepter les personnes renvoyées. De nombreux gouvernements d'Europe de l'Ouest estiment que le retour des Roms, Ashkalis et « Égyptiens » concernés au Kosovo est « sans risque ». Près de 10 000 Roms du Kosovo vivant actuellement en Allemagne risquent d'être expulsés.
Les autorités kosovares n'ont cependant ni les ressources ni la volonté politique requises pour aider les personnes renvoyées. Les autorités allemandes ont par conséquent l'obligation de les protéger tant que les conditions nécessaires à un retour sans risque et durable, ainsi qu'à leur réinstallation, ne seront pas réunies, et tant qu'elles ne seront pas à l'abri des violations des droits humains.
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