16 novembre 2011
Empêchez qu'on les réduise au silence

Un manifestant bâillonné et maintenu par des policiers à Bakou, en Azerbaïdjan (2 avril 2011). Il y a eu au moins 150 arrestations lors de ce rassemblement.

Un manifestant bâillonné et maintenu par des policiers à Bakou, en Azerbaïdjan (2 avril 2011). Il y a eu au moins 150 arrestations lors de ce rassemblement.
© IRFS


En dépit de la campagne systématique de harcèlement menée par les autorités, les jeunes militants azerbaïdjanais sont déterminés à trouver un moyen d'exercer leurs droits à la liberté d'expression et de réunion. Face aux mesures répressives mises en place par le gouvernement contre la dissidence, Internet est devenu le dernier espace de libre expression en Azerbaïdjan. Un groupe restreint mais résolu de jeunes militants lancent, par le biais de journaux vidéo et de la publication de billets et de tweets, des appels en faveur d'une réforme démocratique et de la fin de la corruption généralisée au sein du gouvernement.

Le gouvernement réagit en poursuivant de plus en plus de militants sur la base de charges forgées de toutes pièces. L'immense majorité de ces personnes sont déclarées coupables à l'issue de procès iniques, et condamnées à de lourdes peines de prison.

Les autorités azerbaïdjanaises font tout ce qui est en leur pouvoir pour discréditer et intimider les militants. La télévision publique a diffusé plusieurs interviews et documentaires décrivant les utilisateurs de Facebook comme des « malades mentaux ». Les universités, contrôlées par l'État, conseillent régulièrement aux étudiants de s'abstenir de critiquer la situation du pays ; ceux qui n'obtempèrent pas risquent un renvoi.

À l'heure actuelle, il semble que l'Azerbaïdjan, qui dispose d'importantes ressources pétrolières, puisse compter sur le fait que ses partenaires commerciaux, dont beaucoup sont membres de l'Union européenne, ferment les yeux sur les violations des droits humains dont il se rend coupable. En conséquence, le gouvernement azerbaïdjanais continue à faire fi des critiques formulées par les organisations et institutions qui défendent les droits humains, notamment la Cour européenne des droits de l'homme. Les autorités utilisent le puissant appareil d'État, financé par les profits réalisés grâce à la vente de pétrole et de gaz, pour réduire au silence les voix dissidentes. Il est probable qu'elles continuent à agir ainsi, sans entraves et en toute impunité, tant que les gouvernements étrangers seront réticents à soutenir ces voix.

PASSEZ À L'ACTION

Étant donné que la Commission européenne supervise les relations commerciales bilatérales entre États membres de l'Union européenne, nous exhortons José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, à :

•   veiller à ce que l'Union européenne accorde une priorité élevée à des améliorations véritables sur le terrain du respect et de la protection des droits fondamentaux de la population azerbaïdjanaise dans le cadre de sa coopération avec l'Azerbaïdjan, lors des négociations commerciales ;
•   évoquer, lorsque cela est nécessaire, les cas dans lesquels les droits de personnes données ont été bafoués, conformément aux Orientations de l'union européenne concernant les défenseurs des droits de l'homme ;
•    demander la libération immédiate et sans condition de Jabbar Savalan, Bakhtiyar Hajiyev, Tural Abbasli et Rufat Hajibaili lors des moindres échanges avec les autorités azerbaïdjanaises.

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