18 avril 2008
Appel à la libération d’un prisonnier nigérian
Patrick Okoroafor en prisonPatrick Okoroafor n’avait que quatorze ans lorsqu'il a été arrêté, en mai 1995. Il a été condamné à mort deux ans après pour vol, avec six autres personnes. Il n’a pas eu le droit de faire appel de sa condamnation. Selon les informations reçues, il avait été torturé pendant sa détention sous la responsabilité de la police.

En 2001, la sentence capitale prononcée contre lui a été déclarée « illégale, nulle et non avenue », mais il n’a pas été remis en liberté. Il est maintenu en détention – pour une durée indéterminée – dans la prison d’Aba, dans l’État d'Abia. Il a passé près de la moitié de sa vie derrière les barreaux.

« Patrick s’est rendu au poste de police uniquement parce que les policiers voulaient inspecter une voiture que notre mère avait achetée à l’un des autres suspects. C’est alors qu’ils l’ont arrêté. Nous avons tenté de le faire libérer, mais les policiers ont refusé », a déclaré son frère. Ce dernier affirme que Patrick a été torturé par des policiers qui l’on roué de coups et qui lui ont arraché des dents en se servant de tenailles.

Patrick et un de ses six coaccusés, Chidiebere Onuoha, qui était âgé de quinze ans au moment de son arrestation, ont déposé un recours en grâce fondé sur leur âge. Le 18 juillet 1997, la sentence capitale prononcée contre Patrick a été commuée en peine réclusion à perpétuité. Chidiebere Onuoha et les cinq autres hommes ont été exécutés en public.

L’état de santé de Patrick s’est gravement détérioré en prison. Il souffre de crises d'asthme « fréquentes qui mettent sa vie en danger », selon les autorités pénitentiaires, et son état de santé « empire de jour en jour ».

En novembre 2001, Patrick a de nouveau déposé un recours en grâce. Dans sa requête, il indiquait notamment : « Le procès a été un cauchemar pour moi car je suis totalement innocent des faits qui m’ont été reprochés […] Ces années d’emprisonnement immérité, je les ai passées à pleurer, à prier et à lire… » En mars 2002, le gouverneur de l’État d’Imo a rejeté sa requête.

Passez à l'actionAmnesty International, l’Association du barreau nigérian et des organisations non gouvernementales nigérianes ont appelé à sa libération.
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Veuillez libérer Patrick Okoroafor

Monsieur le Gouverneur,
Je vous écris pour vous demander la libération de Patrick Obinna Okoroafor, actuellement incarcéré dans la prison d’Aba, dans l’État d'Abia, alors que sa peine a été déclarée illégale et nulle et non avenue par la haute cour de l'État d’Imo il y a six ans.
Patrick Okoroafor (également appelé Patrick Okorafor) a été victime d'une grave erreur judiciaire. Il a été arrêté à l’âge de quatorze ans en 1995 et condamné à mort à seize ans, ce qui est contraire à la législation nigériane et aux normes internationales, aux termes desquelles les enfants ne doivent pas être condamnés à la peine capitale.
Il n’a pas eu le droit de faire appel de sa condamnation, alors même que ce droit est garanti par la Constitution nigériane de 1999. Il a déclaré que pendant sa garde à vue des policiers l’avaient roué de coups et suspendu et lui avaient arraché des dents en se servant de tenailles. Les conditions dans lesquelles il est détenu depuis si longtemps ont gravement nui à son état de santé. Il souffre de crises d’asthme aiguës « fréquentes qui mettent sa vie en danger », selon les autorités.
Le 18 octobre 2001, la haute cour de l’État d’Imo a rendu une décision dans laquelle elle déclarait que la peine prononcée contre lui était « illégale, nulle et non avenue », et demandait qu’elle soit levée. Or, au lieu d’ordonner sa remise en liberté, le juge a décidé que Patrick Okoroafor devait être maintenu en détention « aussi longtemps qu’il plaira au gouverneur de l’État d’Imo ». Cela signifie que vous pouvez, Monsieur le Gouverneur, librement décider de son maintien en détention ou de sa libération et, dans ce cas, de la date à laquelle il sera libéré. Patrick Okoroafor, qui est toujours emprisonné, est, de fait, incarcéré pour une durée indéterminée. Cet homme, à présent âgé de vingt-sept ans, a passé la moitié de sa vie en prison. Il a toujours clamé son innocence.
Le cas de Patrick Okoroafor n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des graves déficiences du système pénal nigérian. Près de 200 personnes condamnées à mort avant 1999 et incarcérées dans d’autres prisons nigérianes n’ont pas eu le droit de faire appel de leur condamnation.
Vous avez déclaré, Monsieur le Gouverneur, que « L’État d’Imo, sous son nouveau visage, prône la transparence, l’obligation de rendre compte de ses actes, ainsi que le respect de l'état de droit et des droits humains ». Je vous exhorte donc à défendre ces principes et à démontrer votre engagement en faveur de la justice dans l’État d’Imo en mettant un terme à la détention arbitraire et pour une durée indéterminée de Patrick Okoroafor.

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