10 décembre 2010
Il faut en finir avec la répression de la liberté d'expression : libérez Liu Xiaobo

Liu Xiaobo, éminent lettré chinois, s'est vu décerner le prix Nobel de la paix le 8 octobre 2010 en hommage à son inlassable plaidoyer pacifique en faveur des droits fondamentaux de la personne humaine en Chine. Il a dédié son prix Nobel « à tous ceux qui ont sacrifié leur vie à la lutte non violente pour la paix, la démocratie et la liberté ».

Parce que Liu Xiaobo est incarcéré pour « incitation à la subversion », sa chaise est restée vide lors de la cérémonie de remise du prix Nobel, le 10 décembre.
C'est la quatrième fois que Liu Xiaobo est emprisonné en tant que prisonnier d'opinion.

Il a été incarcéré une première fois dans le sillage du mouvement de 1989 en faveur de la démocratie. Pour Liu Xiaobo, comme pour une grande partie de sa génération, juin 1989 fut « un tournant majeur ».

Depuis lors, il a beaucoup écrit, dénonçant la corruption, la censure et le régime de parti unique, et préconisant la mise sur pied d'un système politique multipartite et démocratique en Chine.

Il a officié en tant que président du Centre indépendant chinois PEN de 2003 à 2007. Il est l'un des rédacteurs de la Charte 08, qui préconise une protection efficace des droits humains universels et une réforme démocratique.

Bien qu'il soit surtout connu pour ses appels en faveur d'une réforme politique, Liu Xiaobo a aussi défendu d'autres droits humains. Il a dénoncé la discrimination endurée par les travailleurs migrants et les personnes vivant avec le VIH/sida.

Il a également pris la défense des travailleurs qui protestaient contre la corruption de leurs employeurs.


Signez une pétition destinée au président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale, au président Hu Jintao, au Premier ministre Wen Jiaba et au ministre de la Justice Wu Aiying.

Nous, soussignés, sommes profondément indignés que Liu Xiaobo, lauréat du prix Nobel de la paix 2010, soit toujours incarcéré en Chine. Au terme d'un procès inique, le 25 décembre 2009, un tribunal de Pékin l'a en effet condamné à une peine de 11 ans d'emprisonnement pour « incitation à la subversion de l'État ».

Liu Xiaobo a été déclaré coupable parce qu'il est l'un des principaux rédacteurs de la Charte 08, qui propose une réforme juridique et politique en Chine. Ce manifeste a dans un premier temps été signé par près de 300 universitaires, juristes et responsables chinois. Depuis sa publication sur Internet le 9 décembre 2008, plus de 10 000 personnes ont ajouté leur signature à la Charte 08. En outre, le tribunal a déclaré que Liu Xiaobo s'était livré « à la propagation de rumeurs, à la diffamation et au dénigrement » dans une mesure qui dépassait les limites de la liberté d'expression et constituait une infraction pénale, citant six articles dans lequel il critiquait la corruption de l'État, la censure et le régime de parti unique.

Liu Xiaobo n'a cessé de clamer son innocence. S'il a reconnu avoir écrit les articles énoncés dans l'acte d'inculpation et le jugement, il affirme qu'il ne faisait qu'exercer son droit à la liberté d'expression, tel qu'il est garanti par la Constitution chinoise. Nous sommes du même avis.

Nous sommes convaincus que l'actuelle incarcération de Liu Xiaobo est contraire à l'esprit et à la lettre de la Constitution chinoise. L'article 35 garantit en effet aux citoyens de la République populaire de Chine la liberté d'expression. L'article 41 précise que les citoyens ont le droit de formuler des critiques et des suggestions à l'adresse de tous les organismes et travailleurs d'État. Par ailleurs, la Constitution confère au Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale le pouvoir d'accorder des grâces spéciales. Nous vous exhortons à user de ce pouvoir et à libérer Liu Xiaobo immédiatement et sans condition.

Les libertés d'expression, d'association et de réunion sont également consacrées par le droit international relatif aux droits humains, notamment par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), que la Chine a signé et s'est déclarée à plusieurs reprises disposée à ratifier.


Photo : des manifestants réclament la libération de Liu Xiaobo devant l'ambassade de Chine à Oslo (Norvège, 9 décembre 2010). © Greg Rødland Buick

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