27 janvier 2011
Non aux restrictions à la liberté d'expression en Hongrie

En Hongrie, deux nouvelles lois sont entrées en vigueur au 1er janvier, date à laquelle ce pays a accédé pour six mois à la présidence de l'Union européenne.

Ces nouvelles lois sur les médias introduisent des restrictions fondées sur des concepts vagues, tels que « l'intérêt public », qui laissent les journalistes et les rédacteurs dans le flou quant à la manière d'appliquer ces textes. La nouvelle législation, dont l'application est contrôlée par un nouvel organisme de surveillance des médias aux pouvoirs étendus, imposent des restrictions inutiles et disproportionnées à la liberté d'expression en Hongrie qui vont au-delà de celles autorisées par le droit international relatif aux droits humains en matière de liberté d'expression. Les médias qui contreviendraient à ces lois risquent d'importantes amendes, voire la fermeture.

La Hongrie est dans l'obligation de respecter, protéger et garantir le droit à la liberté d'expression. Selon les normes internationales relatives aux droits humains, notamment l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce. Des médias libres et non censurés sont essentiels pour que chacun puisse exercer de manière efficace son droit à la liberté d'expression.

Les nouvelles lois imposent des restrictions sur tous les contenus diffusés par les médias publics et privés, que ce soit à la radio, à la télévision, dans la presse ou sur Internet.

Selon les normes internationales, toute interférence avec le droit à la liberté d'expression doit répondre à des critères stricts et :

  • être prévue par la loi,
  • servir uniquement certains objectifs autorisés (tels que la sécurité nationale, l'ordre public ou le respect des droits et de la réputation d'un tiers), et
  • s'avérer manifestement nécessaire et proportionnée à la réalisation de l'un de ces objectifs autorisés.

La nouvelle législation ne répond pas à ces critères. Elle doit donc être amendée afin de garantir la liberté d'expression pour chacun, et en particulier le droit de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce.
Agissez en appelant le gouvernement hongrois à amender les nouvelles lois sur les médias afin de les rendre conformes aux normes internationales.

Photo : Manifestation contre la législation sur les médias devant le parlement hongrois, sur la place Kossuth, à Budapest (Hongrie), 27 janvier 2011. © Amnesty International (photo : Ádám Szigeti)

796
appels envoyés

Passez à l'action

Campaign has expired
663,219
Nombre total d’actions entreprises
par des personnes telles que vous