27 juillet 2009
Aung San Suu Kyi et les autres prisonniers d'opinion du Myanmar doivent être libérés

Aung San Suu Kyi est actuellement jugée pour avoir prétendument violé les conditions de son assignation à résidence. La dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), parti d'opposition du Myanmar, a été arrêtée peu avant le terme de sa période d'assignation à résidence, qui devait prendre fin le 27 mai 2009. Le verdict est imminent. Si elle est reconnue coupable elle risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

Aung San Suu Kyi a été privée de liberté durant treize des vingt dernières années, la plupart du temps du fait d'une assignation à domicile. Sa première période de détention a débuté en juillet 1989, au moment où le gouvernement du Myanmar a renforcé la répression contre les manifestations en faveur de la démocratie, qui avaient commencé un an plus tôt.

Vingt années se sont depuis écoulées, et elle est toujours privée de liberté. Aung San Suu Kyi, qui est une prisonnière d'opinion, devrait être libérée immédiatement et sans condition, et elle ne devrait pas être à nouveau soumise à une mesure d'assignation à domicile.

Amnesty International a annoncé le 27 juillet avoir décerné à Aung San Suu Kyi sa plus haute distinction en la nommant Ambassadrice de la conscience pour l'année 2009.

Daw Aung San Suu KyiAung San Suu Kyi fait partie des plus de 2 100 prisonniers politiques que compte le Myanmar. Un grand nombre d'entre eux sont détenus dans de mauvaises conditions et pourraient être soumis à la torture et à d'autres formes de mauvais traitements. En raison des conditions de détention dans les prisons du Myanmar de nombreux prisonniers politiques voient leur état de santé se dégrader. L'accès à des soins médicaux est fortement restreint. Beaucoup de prisonniers souffrent de malnutrition car ils ne reçoivent pas une nourriture suffisante.

Les poursuites judicaires ne sont pas conformes aux garanties d'une procédure régulière, et de nombreux procès ont lieu à huis clos et devant des tribunaux spéciaux. Depuis octobre 2008, date à laquelle le gouvernement a commencé à condamner en masse ceux qui avaient participé de manière pourtant pacifique aux grandes manifestations antigouvernementales d'août et de septembre 2007, plus de 350 militants politiques ont été emprisonnés.

Certains de ces militants politiques ont été condamnés à de très longues peines de prison : l'un d'entre eux a été condamné à cent quatre ans d'emprisonnement en novembre 2008, et 23 autres à soixante-cinq ans d'emprisonnement.

Les dix cas individuels exposés ci-dessous sont représentatifs de la répression politique incessante exercée par les autorités du Myanmar au cours des vingt dernières années.

Passez à l'actionCes dix personnes sont des prisonniers d'opinion. Cela signifie qu'elles sont détenues en raison de leurs convictions, notamment politiques ou religieuses, de leur appartenance ethnique, de leur sexe, de leur langue, de la couleur de leur peau, de leur origine nationale ou sociale, de leur fortune, de leur naissance, de leur orientation sexuelle ou de tout autre situation, et qu'elles n'ont pas recouru à la violence ni prôné la violence ou la haine.

Saw Naing Naing et Soe Han

Les prisonniers d'opinion Saw Naing Naing et Soe Han, qui ont plus de soixante ans, ont été condamnés à vingt et un ans d'emprisonnement en 2000 pour avoir diffusé une déclaration appelant à la libération d'Aung San Suu Kyi. Ils sont détenus dans la prison d'Insein, à Yangon, la plus grande ville du Myanmar. Le 12 juin 2009, on a appris que Saw Naing Naing et Soe Han, ainsi que trois autres prisonniers politiques, avaient été placés dans des cellules spéciales de punition appelées « cages à chiens ». C'est dans ces « cages à chiens » que sont gardés les chiens militaires ou de l'administration pénitentiaire.

Groupe des Étudiants de la génération 88 – Htay Kywe, Mie Mie et Zaw Htet Ko Ko

Les militants Htay Kywe, Mie Mie et Zaw Htet Ko Ko ont été arrêtés pendant la chasse aux organisateurs des mouvements de protestation antigouvernementaux qui a débuté en août 2007. Htay Kywe et Mie Mie purgent actuellement une peine de soixante-cinq ans d'emprisonnement, et Zaw Htet Ko Ko une peine de onze ans d'emprisonnement. Ils sont tous les trois membres de l'organisation Étudiants de la génération 88, qui réclame la démocratie.

Khaing Kaung San

Le militant des droits humains Khaing Kaung San a fui en Thaïlande dans les années 1990 afin d'échapper à la persécution politique qu'il subissait au Myanmar. La Thaïlande lui a accordé l'asile mais en 2000 il a été renvoyé de force dans son pays d'origine, où il a été condamné à dix ans d'emprisonnement. Khaing Kaung San, de l'ethnie rakhine, est un dissident politique et un militant des droits humains bien connu qui a étroitement collaboré avec des groupes soutenant des membres de l'ethnie rakhine exilés en Thaïlande.

Win Htein

Win Htein, proche collaborateur d'Aung San Suu Kyi, purge une peine de quatorze ans d'emprisonnement. Il a été incarcéré en 1996 pour avoir organisé une collecte d'informations sur la productivité agricole jugées sensibles par le gouvernement, et pour avoir aidé trois journalistes étrangers à faire état des conditions de détention des prisonniers politiques au Myanmar. Il est en mauvaise santé.

Myo Min Zaw and Ko Aye Aung

Les militants étudiants Myo Min Zaw et Ko Aye Aung ont été arrêtés le 14 septembre 1998 pour avoir distribué des tracts et organisé des manifestations d'étudiants à Yangon. Ils ont tous les deux été membres dirigeants du Front démocratique des étudiants de Birmanie (ABSDF), un mouvement interdit. Myo Min Zaw et Ko Aye Aung purgent actuellement des peines de cinquante-deux et quarante-cinq ans d'emprisonnement, au total, respectivement. Ils auraient été torturés durant leur interrogatoire.

Zarganar

Zarganar, acteur à succès, purge actuellement une peine de trente-cinq ans d'emprisonnement pour avoir dirigé un mouvement qui a recueilli de l'argent et du ravitaillement pour les rescapés du cyclone Nargis, qui s'est abattu sur le Myanmar les 2 et 3 mai 2008.

Il a été arrêté le 4 juin 2008 après avoir critiqué, dans des entretiens avec des journalistes étrangers, la gestion par le gouvernement de la crise humanitaire dans les zones sinistrées. Zarganar, qui avait pris part au soulèvement de 1988 contre le régime militaire, avait déjà été arrêté par le passé en raison de son action en faveur de la démocratie.

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