26 mai 2011
Côte d'Ivoire. Mettre fin aux représailles contre les partisans avérés ou présumés de l'ancien président Laurent Gbagbo

Mission catholique de Duékoué, dans l'ouest. Des dizaines de milliers de personnes y ont trouvé refuge depuis le début des violences en Côte d'Ivoire. © Amnesty International

L’arrestation de l’ancien président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, n’a pas mis fin aux violations et atteintes aux droits humains commises depuis la proclamation des résultats contestés de l’élection de novembre 2010.

Les partisans avérés ou présumés de Laurent Gbagbo continuent de faire l’objet de représailles, en dépit de l’appel du président Ouattara à « tous [ses] compatriotes qui seraient gagnés par un sentiment de vengeance à s’abstenir de tout acte de représailles et de violences. »

Ces représailles ont été commises par les forces de sécurité, nouvellement créées par Alassane Outtara, et par les éléments armés combattants avec eux, y compris les Dozos (chasseurs traditionnels).

A Abidjan, certains partisans proches du président sortant, y compris des membres de son gouvernement, ont été blessés au cours de l’arrestation de Laurent Gbagbo et ses proches. Au moins une personne est morte des suites de ses blessures. D’autres ont été maltraitées au cours de leur arrestation. Des journalistes et des avocats ont également été victimes de violentes représailles. Certains d’entre eux ont eu leur maison pillée, leur cabinet détruit et ont dû fuir, parfois à l’étranger.
 
Amnesty International demeure inquiète quant à la sécurité des proches de l’ancien
président Gbagbo détenus depuis avril. La plupart, si ce n’est toutes ces personnes, demeurent détenues au secret sans aucun contact avec leurs proches ni leurs avocats. Certains seraient détenus dans des conditions mettant leur vie en danger, notamment 23 personnes, y compris des policiers et des militaires, détenues dans une petite cellule dans un camp militaire de Korhogo.

Dans l’ouest du pays, plusieurs villages dans lesquels vivent des groupes ethniques considérés comme favorables à Laurent Gbagbo, ont été attaqués ces dernières semaines par les forces de sécurité et autres éléments armés alliés. Les autorités ont affirmé qu’elles cherchaient des armes et des mercenaires.

Certaines personnes ont ainsi été frappées et beaucoup ont dû fuir dans la brousse et vivent dans des conditions mettant leur vie en danger. Ces personnes n’ont bénéficié que de peu voire d’aucune protection ni de la part des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, ni de la part des forces de maintien de la paix de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire.

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Représailles à l'encontre des partisans avérés ou présumés de l'ancien Président Laurent Gbagbo

Monsieur le Président,

Je vous écris pour vous demander de veiller à ce que les représailles à l’encontre des partisans avérés ou présumés de Laurent Gbagbo cessent immédiatement.

Je suis préoccupé(e) par les informations selon lesquelles les partisans avérés ou présumés de Laurent Gbagbo font l’objet de harcèlements, de détentions arbitraires, de mauvais traitements et ont dû fuir en raison d’attaques des forces de sécurité et d’autres éléments armés, non seulement à Abidjan mais aussi dans l’ouest du pays.

Je vous demande également de donner des instructions claires aux forces de sécurité afin qu’elles mettent un terme aux violations des droits humains dans l’ouest du pays où des milliers de personnes sont toujours déplacées et ont trop peur pour rentrer chez elles.

Je suis particulièrement préoccupé(e) quant à la sécurité des proches de l’ancien président Gbagbo détenus au secret, sans contact avec leurs proches ou leurs avocats. Certains seraient détenus dans des conditions mettant leur vie en danger, notamment 23 personnes, y compris des policiers et des militaires, détenues dans une petite cellule dans un camp militaire de Korhogo

Je vous demande instamment d’autoriser tous les détenus à bénéficier d’un accès à leurs avocats, leurs proches et leurs médecins et vous exhorte de faire en sorte que ces personnes soient inculpées d’une infraction pénale ou libérées.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute considération.

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