09 mai 2011
Les autorités de Cluj-Napoca doivent prendre des mesures en faveur des familles roms expulsées

Les familles roms expulsées de force de la rue Coastei ont été relogées dans de nouvelles habitations construites en périphérie de la vie qui offrent des conditions de vie inadaptées dans une zone potentiellement dangereuse.
© Grupul de Lucru al Organizaţiilor Civice (GLOC)

Le 17 décembre 2010, les autorités de Cluj-Napoca, une ville du nord-ouest de la Roumanie, ont expulsé de force environ 350 Roms, dont des familles avec enfants, de la rue Coastei, en centre-ville. Les personnes concernées n'ont pas été consultées sur le projet d'expulsion conformément aux normes internationales, c'est-à-dire de façon approfondie et participative. Aucune autre solution envisageable en remplacement de l'expulsion n'a été étudiée. La communauté rom visée n'a pas eu la possibilité de contester la décision d'expulsion, ni de participer au processus décisionnel. Aucune notification écrite et détaillée n'a été transmise suffisamment à l'avance à tous les habitants expulsés. Ceux-ci n'ont été informés qu'oralement, deux jours avant leur expulsion, qu'ils devaient quitter leur domicile avant le 17 décembre, date à laquelle toutes les cabanes et autres logements improvisés de leur quartier seraient démolis.

Quarante familles ont été relogées dans de nouvelles habitations en périphérie de la ville, dans le quartier de Pata Rat, qui est situé près de la décharge municipale et d'une ancienne déchetterie destinée aux produits chimiques. Les conditions d'hébergement n'y sont pas convenables ; chaque logement est composé de quatre pièces occupées par différentes familles. « Nous sommes plus de 20 personnes dans le logement, il y a deux toilettes non couvertes et si nous devons y aller, nous y allons avec nos voisins », a indiqué George, l'un des Roms relogés dans ces nouvelles habitations. Sa femme, Alina, trouvait que le fait de partager un logement de quatre pièces – et une salle de bains – avec trois autres familles créait un niveau élevé d'inconfort et d'insécurité : « Il n'y a aucune intimité.Quand nous allons aux toilettes, nous y allons à deux ; l'un garde un œil sur la porte tandis que l'autre utilise les toilettes. »Les logements n'ont ni eau chaude, ni gaz de ville, mais l'eau, l'évacuation des eaux usées et l'électricité sont fournies.

Les autres familles n'ont pas été relogées. Elles auraient été autorisées à construire des cabanes improvisées près des nouvelles habitations, mais aucune autre solution n'a été proposée aux personnes refusant de déménager. L'arrêt de bus le plus proche se trouve à environ trois kilomètres. L'accès aux transports publics, aux établissements scolaires, à l'emploi et aux services de santé semble être plus difficile.

Les habitations sont situées sur la colline surplombant le campement rom de Pata Rat, établi depuis longtemps, où résident un millier de Roms vivant dans des conditions inadaptées. Beaucoup gagnent leur vie en ramassant du cuivre et du plastique dans la décharge et en les revendant à des entreprises de recyclage. Non loin de là, quelque 430 Roms vivent dans un autre campement informel rue Cantonului. Ils sont également menacés d'être expulsés de leur domicile.

PASSEZ À L'ACTION

Signez la pétition d'Amnesty International adressée au maire de Cluj-Napoca.

Monsieur le Maire,

Je suis très préoccupé par l'expulsion forcée de 56 familles roms de la rue Coastei, dans le centre de Cluj-Napoca, en décembre 2010.

Le fait d'avoir chassé ces familles de leur domicile sans les avoir consultées en bonne et due forme et sans les avoir prévenues suffisamment à l'avance constitue une expulsion forcée interdite par le droit international relatif aux droits humains, qui est pourtant juridiquement contraignant pour les autorités roumaines. Je déplore également que les familles expulsées aient été placées dans des conditions de logement inadaptées en périphérie de la ville, près d'une décharge et à côté de campements roms existants habités par plus d'un millier de Roms, ce qui renforce la ségrégation ethnique. Enfin, j'aimerais vous faire part de ma profonde consternation face au fait que certaines familles roms se sont retrouvées sans domicile à la suite de cette expulsion forcée en plein cœur de l'hiver, qui est interdite non seulement par le droit international relatif aux droits humains, mais aussi par la législation roumaine.

La ville qui aspire à être capitale européenne de la culture en 2020 ne peut pas entretenir la ségrégation et la discrimination ni violer de façon flagrante le droit international relatif aux droits humains.

Je vous prie instamment de :
-- veiller à ce que des logements convenables soient fournis de toute urgence à toutes les familles qui se sont retrouvées sans domicile à la suite de l'expulsion forcée de décembre ;
-- mettre fin à toutes les expulsions forcées et veiller à ce qu'aucune autre expulsion n'ait lieu sans que les garanties exigées par les normes internationales en matière de droits humains soient en place ;
-- accorder un recours utile et des réparations, notamment sous la forme d'une restitution, d'une réadaptation, d'une indemnisation, d'une réhabilitation et de garanties de non-répétition, à toutes les victimes d'expulsions forcées ;
-- verser des indemnités pour toutes les dégradations ou pertes de biens ;
-- en étroite consultation avec les communautés roms concernées et les organisations locales de la société civile, développer le logement et élaborer un plan d'intégration plus général afin que les Roms de Cluj-Napoca puissent vivre dans la dignité et jouir de leurs droits fondamentaux sans discrimination.

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