08 mars 2009
Le gouvernement afghan doit agir avec fermeté afin de protéger les femmes défenseures des droits humains

« Je reçois des menaces de mort et mon fils de neuf ans a été victime d'une tentative d'enlèvement […] Les personnes qui me menaçaient m'ont fait clairement comprendre que je devais fermer le centre d'accueil pour femmes en danger, sinon j'en subirais les conséquences. »

Shahla, militante des droits humains dirigeant un centre d'accueil pour les femmes exposées au danger de la violence domestique et sexuelle, et de mariages forcés


L'intervention militaire internationale visant à renverser le régime oppressif des talibans, qui a débuté en octobre 2001 sous le commandement des États-Unis, Des femmes de Kaboul en train de voter lors des élections nationales de 2005.a été suivie d'un engagement pris par le gouvernement afghan en faveur de la protection des droits des femmes et de la progression de l'égalité entre les genres. Cependant, huit ans plus tard, la condition des Afghanes reste difficile, ainsi que le montre la situation de Shahla.

Des progrès ont été accomplis en matière de respect des droits des femmes depuis la chute du régime taliban, notamment par le biais de la création du ministère de la Condition féminine, de l'inscription de l'égalité entre hommes et femmes dans la Constitution, et de l'amélioration de l'accès à l'éducation et de la représentation des femmes au Parlement. Toutefois, les femmes, les jeunes filles et les fillettes afghanes continuent à faire l'objet d'une violence généralisée : elles sont victimes d'actes de violence domestique, d'enlèvements et de viols commis par des hommes armés, de la traite des êtres humains, de mariages forcés – notamment de fillettes de plus en plus jeunes – et d'échanges permettant de régler des litiges et des dettes.

Seules quelques défenseures des droits humains osent remettre en question le statut de la femme et agir en faveur des droits humains par le biais de diverses activités, notamment en faisant état des violations commises par des seigneurs de la guerre locaux, en dirigeant des centres d'accueil, en menant une action de sensibilisation au sujet des mariages d'enfants et des mariages forcés, et en proposant des programmes d'éducation et des services de planning familial. Ces femmes courageuses sont fréquemment la cible d'actes d'intimidation et d'agressions, qui sont essentiellement le fait d'éléments puissants de la société, notamment de membres du gouvernement, d'alliés des talibans et de forces hostiles au gouvernement. Dans certains cas, ces femmes sont même agressées par des membres de leur famille qui ne partagent pas leurs opinions politiques ou sont gênés par leur franc-parler. Des défenseures des droits humains et leur famille ont très souvent fait l'objet de menaces de mort ou de tentatives d'enlèvement, ainsi que d'agressions physiques, à l'acide notamment. Certaines ont fui le pays tandis que d'autres ont été tuées pour s'être exprimées haut et fort.

En 2007, Zakia Zaki, propriétaire de Radio Peace, dans la province de Parwan, et connue pour ses propos vigoureux à l'égard des seigneurs de la guerre, a été tuée par balle alors qu'elle dormait aux côtés de ses deux jeunes fils. Elle avait déjà reçu, à plusieurs reprises, des menaces de mort pour avoir critiqué les seigneurs de la guerre locaux et les talibans. À ce jour, personne n'a été déféré à la justice pour ce crime odieux.

Laila, une défenseure des droits humains s'efforçant d'obtenir justice pour les victimes de crimes de guerre, a déclaré à Amnesty International : « Depuis 2007, je fais l'objet de pressions exercées de manière systématique par des inconnus qui m'appellent, m'envoient des courriers électroniques, me suivent et menacent de me tuer. Au cours des six premiers mois de l'année 2008, mes enfants ont été victimes d'au moins deux tentatives d'enlèvement en rentrant de l'école. »

L'absence de volonté politique, conjuguée à la discrimination dont font l'objet les femmes au sein des systèmes judiciaires tant officiel que non officiel, renforcent le climat d'impunité et consacrent les attitudes culturelles et les pratiques abusives mettant à mal les droits des femmes. La police, les tribunaux et les jirgas locales (assemblées tribales) prennent rarement en compte les plaintes déposées par les femmes et les auteurs présumés d'agressions contre des femmes ou d'atteintes à leurs droits sont rarement déférés à la justice.

Bien que l'Afghanistan ait signé la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et que sa Constitution garantisse l'égalité entre les genres, le gouvernement – de même que la communauté internationale, qui verse à l'Afghanistan 90 % des fonds destinés aux dépenses publiques – n'a pas pris les mesures nécessaires pour que les droits fondamentaux de toutes les femmes, jeunes filles et fillettes afghanes soient respectés, protégés et réalisés.

Pour véritablement faire progresser le statut des Afghanes, le gouvernement doit prendre sans délai des mesures efficaces afin de veiller à ce que les défenseurs des droits humains puissent jouer le rôle crucial qui est le leur en matière de promotion et de protection des droits fondamentaux en Afghanistan, sans avoir à craindre ni la violence ni les actes d'intimidation.

Dans le cadre des célébrations relatives à la Journée internationale de la femme, passez à l'action en réclamant que les femmes défenseures des droits humains bénéficient d'une véritable protection en Afghanistan.

1090
appels envoyés

Passez à l'action

Campaign has expiredCette action est fermée. Merci pour votre soutien
653,622
Nombre total d’actions entreprises
par des personnes telles que vous