Mises à jour mondiales

Principaux événements survenus en 2013 sur le plan des droits humains

Le Rapport 2013 d’Amnesty International couvre la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2012. Cependant, la situation des droits humains dans le monde n’a pas cessé d’évoluer et des faits importants ont fait la une de l'actualité depuis le début de l’année 2013. Le présent document résume ces événements. 

Janvier

Les forces françaises et maliennes lancent une contre-offensive contre les groupes armés islamistes au Mali. Les violations des droits humains, imputables aussi bien à l'armée malienne qu'aux forces armées de l'opposition, s'accroissent de manière significative après l'intervention internationale. 

Des troubles éclatent un peu partout en Égypte à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement de 2011. L'opposition se heurte aux forces de sécurité et aux partisans des Frères musulmans. Une série d'agressions sexuelles dramatiques perpétrées contre des femmes lors de manifestations sur la place Tahrir met une nouvelle fois en lumière le problème des violences sexuelles et de la discrimination à l'égard des femmes. 

Le président Morsi est accusé d'utiliser à son tour les méthodes de l'ère Moubarak et de s'en prendre à la liberté d'expression. Des journalistes, des blogueurs et des animateurs sont interrogés après avoir critiqué les autorités, et des militants de l'opposition sont arrêtés pour des raisons politiques ou sur la base de charges fabriquées de toutes pièces. Le Parlement égyptien adopte de nouvelles lois restreignant la liberté de réunion et d'association, qui contiennent des dispositions encadrant très strictement les organisations de défense des droits humains. 

Une nouvelle génération de dirigeants entre en fonction en Chine. Les projets de réforme du système de détention administrative, notamment des camps de rééducation par le travail, dans lesquels des personnes peuvent être maintenues en détention sans inculpation ni jugement pendant quatre ans, ne sont pas conformes aux normes internationales applicables. Plusieurs centaines de milliers de personnes sont toujours détenues dans des structures de ce type.

Février

Le 12 février, un tribunal de Milan condamne deux anciens responsables italiens des services du renseignement, à 10 et neuf ans d'emprisonnement respectivement, pour l'« enlèvement » de l'Égyptien Abu Omar. Ce sont au total 26 ressortissants des États-Unis et trois Italiens qui ont été reconnus coupables d'implication dans la « restitution » d'Abu Omar.

Mars

Le 1er mars, l'ancien « président à vie » d'Haïti, Jean-Claude Duvalier, comparaît devant un tribunal pour répondre de charges liées à des violations des droits humains. Son procès laisse entrevoir une lueur d'espoir aux victimes et aux familles des hommes et des femmes qui ont été soumis à la torture, à une disparition forcée ou à une exécution extrajudiciaire.

Dix ans après l'invasion des forces de la coalition dirigée par les États-Unis, l'Irak demeure en proie à de graves atteintes aux droits humains. Sous couvert de la « loi de lutte contre le terrorisme », des personnes continuent d'être arrêtées arbitrairement, placées en détention sans inculpation et soumises à la torture ou à d'autres formes de mauvais traitements. Chaque mois, des centaines de personnes, pour la plupart des civils, continuent d'être tuées dans des bombardements et d'autres attaques perpétrées par des groupes armés. En avril, les heurts violents entre les groupes armés arabes sunnites et les forces de sécurité se multiplient, et le nombre de morts violentes recensées dans le pays atteint son niveau le plus élevé depuis le milieu de l'année 2008.

Au Kenya, l'élection présidentielle se déroule sans incident majeur sur le plan des droits humains. Amnesty International demande au président élu, Uhuru Kenyatta, de coopérer à l'enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur les violences de grande ampleur intervenues après le scrutin contesté de 2007. 

Les combats se poursuivent dans l'est de la République démocratique du Congo, où l'on note une multiplication des violences sexuelles et une augmentation du nombre de personnes déplacées. Le 18 mars, le chef du mouvement rebelle M23, Bosco Ntaganda, se livre à l'ambassade des États-Unis à Kigali, la capitale rwandaise. Il est transféré à La Haye pour y être jugé par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. 

Au Myanmar, les violences entre musulmans et bouddhistes se poursuivent. Signe que les tensions constatées l'année dernière avec les violences dans État d'Arakan se sont propagées, 20 personnes au moins sont tuées dans la division de Mandalay (centre du pays) le 20 mars.

Le 21 mars, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies approuve la mise en place d'une commission d'enquête sur les violations graves, systématiques et généralisées des droits humains en Corée du Nord

Le Conseil des droits de l'homme vote également une résolution mettant en lumière les violations des droits humains, passées et présentes, commises au Sri Lanka, mais ne demande pas explicitement la tenue d'une enquête internationale sur de possibles crimes de guerre perpétrés durant le conflit par le gouvernement et le groupe armé d'opposition des Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE). 

En Inde, le viol collectif d'une jeune femme perpétré à Delhi en décembre 2012 a déclenché un débat national sur la violence contre les femmes. Le 22 mars, le Parlement adopte de nouvelles dispositions législatives en vue de lutter contre les violences faites aux femmes, dont certaines – comme le recours à la peine de mort pour certains actes de violence extrême – sont très inquiétantes.

Avril

Aux Nations unies, les États adoptent un traité sur le commerce des armes. Ce texte historique fondé sur le respect des droits humains interdit aux États de transférer des armes classiques dans d'autres pays lorsqu'ils savent que ces armes serviront à commettre ou à faciliter des génocides, des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre. Quelques jours auparavant, la Corée du Nord, l'Iran et la Syrie – trois pays qui bafouent les droits humains et sont sous le coup de diverses sanctions des Nations unies – avaient tenté, dans une manœuvre cynique, de bloquer l'adoption.

Au Kordofan du Sud, les bombardements aveugles menés par les forces armées du Soudan aggravent une situation humanitaire déjà précaire, contraignant quelque 100 000 personnes à quitter leur foyer.

Au Venezuela, l'élection présidentielle organisée à la suite de la mort d'Hugo Chávez est entachée de violences et d'actes d'intimidation.

Sur la base américaine de Guantánamo Bay, des dizaines de détenus entament une grève de la faim. Le président Obama renouvelle sa promesse de fermer le centre de détention. Cinq ans après son premier engagement en ce sens, 166 personnes sont toujours détenues à Guantánamo. 

En Afghanistan, les violences contre les femmes demeurent endémiques. Le 22 avril, un homme abat sa fille sous les yeux de 300 personnes. La jeune fille était accusée de s'être enfuie de chez elle avec l'un de ses cousins. 

La Russie accroît les restrictions imposées aux organisations non gouvernementales. À la fin du mois, un tribunal de Moscou condamne l'Association de défense des droits des électeurs Golos (Voix) à une amende de 300 000 roubles (près de 10 000 dollars des États-Unis) pour violation de la nouvelle loi sur les « agents étrangers », qui contient des dispositions très répressives. Golos est la première organisation poursuivie dans le cadre d'une série d’inspections lancées ces dernières semaines contre plus de 200 organisations dans le pays – y compris les bureaux moscovites d’Amnesty International et de Human Rights Watch.

Mai

Alors que la saison des pluies commence au Soudan – et avec elle une période cruciale pour les récoltes et les plantations –, les bombardements aveugles menés par les forces armées plongent les populations civiles du Kordofan du Sud et du Nil Bleu dans une situation d'extrême précarité. La plupart des personnes déplacées vont probablement subir de plein fouet une crise alimentaire dans les semaines qui viennent. Des responsables des Nations unies prévoient que le nombre de réfugiés au camp de Yida, installé dans un territoire reculé du Soudan du Sud, passera la barre des 100 000 dans le courant du mois. 

Au Guatemala, la condamnation du général Efraín Ríos Montt pour génocide et crimes contre l'humanité commis alors qu'il était à la tête de l'État, en 1982 et 1983, marque une étape historique dans la longue lutte de la nation pour obtenir justice.

La campagne précédant les élections générales au Pakistan est endeuillée par une série d'attaques visant des agents électoraux et des partis politiques, laïcs pour la plupart. Imputables aux talibans, entre autre groupes extrémistes, ces attaques font 140 morts au moins et des dizaines de blessés.

La situation est de plus en plus dramatique en Syrie. Les forces armées et les milices fidèles au gouvernement continuent de mener des attaques aveugles ou ciblées contre des civils, en particulier ceux qui vivent dans les zones contrôlées par les groupes armés d'opposition. La détention arbitraire, les disparitions forcées et la torture et les autres formes de mauvais traitements sont toujours monnaie courante dans les prisons et les centres de détention. Certains groupes d'opposition continuent de prendre des otages et de se livrer à des exécutions sommaires, ciblant parfois des civils, au motif de leur nationalité, de leurs opinions politiques ou de leur identité religieuse. Plus de 1,4 million de personnes ont fui le pays et quatre millions environ sont déplacées à l'intérieur des frontières. Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pour l'instant pris aucune mesure en vue de saisir la CPI de la situation en Syrie.

 

 

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