Des militants d'Amnesty International Royaume-Uni manifestent devant les bureaux de Vedanta Resources (Londres, février 2010).
© Amnesty International
«Après des années de lutte et de visites de commissions, Delhi a enfin entendu notre voix.»
Un dirigeant communautaire dongria kondh, 2010
Des habitants d'un des États les plus pauvres d'Inde se sont associés à Amnesty International pour mettre un coup d'arrêt à un projet minier controversé.
En août 2010, le gouvernement indien a refusé son aval à un projet de création de mine dans les collines de Niyamgiri, dans l'est de l'Inde. Cette décision fut l'aboutissement d'une campagne menée pendant des années par des groupes indigènes de la région, qui estimaient que leur survie était menacée par ce projet. En intervenant dans cette campagne, Amnesty International a fortement contribué à son succès.
Amnesty International s'est ralliée à la campagne de ces peuples indigènes contre le projet en 2008. Nous avons publié début 2010 un rapport accablant, intitulé Ne détruisez pas nos vies pour produire du minerai ; ce document faisait état d'atteintes aux droits humains et au droit indien et international.
Six mois plus tard, le gouvernement indien est parvenu aux mêmes conclusions et a décidé de rejeter le projet minier. En octobre 2010, il s'est également opposé à des projets visant à multiplier par six la taille d'une raffinerie d'alumine à Lanjigarh, au pied des collines de Niyamgiri. Il est établi que les activités de cette raffinerie ont entraîné une pollution hydrique et atmosphérique préjudiciable pour les habitants de la région.
Le gouvernement indien a estimé que le projet de mine de bauxite, déjà contraire aux lois relatives à l'environnement et aux forêts, entraînerait de nouvelles violations. Le projet d'agrandissement de la raffinerie, quant à lui, a été jugé illégal.
Cette décision a porté un coup aux entreprises impliquées dans le projet de mine – une filiale de la société Vedanta Resources, dont le siège se trouve au Royaume-Uni, et la compagnie minière d'État Orissa Mining Corporation.
Alertés de ce qui se passait dans l'État d'Orissa, plusieurs investisseurs se sont retirés de Vedanta. Ainsi, en 2007, après avoir reçu des informations de plusieurs organisations, dont Amnesty International, le fonds de pension du gouvernement norvégien a retiré, pour des raisons relatives aux droits humains, les 15,6 millions de dollars (11,5 millions d'euros) qu'il avait investis dans la compagnie. En février 2010, la Fondation Joseph Rowntree et l'Église d'Angleterre ont également retiré leurs investissements de Vedanta.
Amnesty International a aidé les Dongrias Kondhs à contester l'autorisation environnementale qui avait été accordée pour la mine de bauxite. Plus de 30 000 de nos membres ont écrit aux autorités indiennes, et l'organisation a engagé le dialogue avec Vedanta Resources.
Par ailleurs, Amnesty International et d'autres ONG travaillant sur ce dossier ont organisé des manifestations devant le siège de Vedanta, à Londres, pendant l'assemblée générale annuelle de cette entreprise. Ensemble nous sommes parvenus à faire suspendre les projets de mine et d'extension de la raffinerie pendant plusieurs mois avant que la décision finale ne soit prise.
Pour les populations indigènes concernées par ces projets, ceci a constitué une victoire historique. Un responsable des Dongrias Kondhs a exprimé sa satisfaction à Amnesty International : « Après des années de lutte et de visites de commissions, Delhi a enfin entendu notre voix. »
Lisez le rapport intitulé Inde. Ne détruisez pas nos vies pour produire du minerai à l'adresse suivante : http://www.amnesty.org/fr/library/asset/ASA20/001/2010/fr/cfd26cf1-ab56-406b-8b2a-23be578ea2ff/asa200012010fra.html
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