Informe anual 2013
El estado de los derechos humanos en el mundo

5 diciembre 2008

Thaïlande : avec la fin des manifestations vient le temps de rendre des comptes

Thaïlande : avec la fin des manifestations vient le temps de rendre des comptes
Mercredi 3 décembre, le mouvement antigouvernemental Alliance du peuple pour la démocratie (PAD) a demandé la fin de l’occupation des deux aéroports internationaux et de bâtiments du gouvernement à Bangkok.

Les manifestations ont pris fin quand les dirigeants du PAD ont déclaré avoir remporté la victoire, après que la Cour constitutionnelle eut ordonné la dissolution du parti au pouvoir, le Parti du pouvoir du peuple (PPP), et interdit au Premier ministre Somchai Wongsawat toute activité politique pendant cinq ans.

Le gouvernement thaïlandais, ses alliés et les mouvements antigouvernementaux doivent à présent s’engager à mettre fin aux atteintes aux droits humains, ont indiqué dans une déclaration conjointe Amnesty International et Human Rights Watch.

Les deux organisations ont également appelé le gouvernement thaïlandais à créer une commission indépendante chargée de diligenter une enquête efficace et impartiale sur les violences à caractère politique commises par toutes les parties au cours des derniers mois, et à veiller à ce que les responsables présumés répondent de leurs actes.

Plusieurs personnes ont été tuées et des dizaines blessées depuis l’intensification du mouvement de protestation mené par le PAD, en août. Les risques de violences subsistent. Le PAD a déclaré que les manifestations pouvaient reprendre si une personne considérée comme étant l’homme de paille du Premier ministre Thaksin Shinawatra, comme ce fut le cas pour Somchai Wongsawat, formait un nouveau parti et un nouveau gouvernement, et prenait le poste de Premier ministre.

« Les membres du PAD, les mouvements pro-gouvernementaux et les autorités gouvernementales responsables de violences et d’autres atteintes aux droits humains doivent répondre de leurs actes devant la justice, a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Sous le gouvernement de Thaksin Shinawatra puis sous le régime militaire, l’état de droit et l’obligation de rendre des comptes ont été considérablement affaiblis. L’instabilité de la situation nécessite que toutes les parties renforcent le respect des droits humains et mettent fin à l’impunité. »

Durant ces derniers mois marqués par des troubles politiques, la police a parfois recouru à une force excessive pour disperser les manifestants du PAD. L’épisode le plus violent a eu lieu le 7 octobre, quand la police a utilisé du gaz lacrymogène et tiré des balles en caoutchouc pour disperser environ deux milliers de manifestants devant le Parlement.

Les reportages des médias et les récits de témoins indiquent que les policiers ont tiré des grenades de gaz lacrymogène à bout portant et directement sur les manifestants. Deux sympathisants du PAD sont morts et 443 personnes ont été blessées ; quatre d’entre elles ont dû subir une amputation. Une vingtaine de policiers ont été blessés par des manifestants du PAD qui étaient armés de pistolets ou de frondes ou qui jetaient des briques ou des tubes en métal. Des policiers ont aussi été renversés par des camionnettes ou frappés à coups de mât.

« Les policiers ont le droit d'utiliser la force pour se défendre ou pour défendre autrui en cas d’agression, mais au vu du grand nombre de victimes il est impératif qu’une enquête soit menée afin de savoir si la police a recouru à une force excessive, a souligné Brad Adams, directeur de la division Asie de Human Rights Watch. Une telle enquête devrait obligatoirement être ouverte à chaque fois que des personnes sont gravement blessées au cours de manifestations. »

Bien que le PAD affirme être un mouvement non violent et non armé, ses dirigeants ont armé de nombreux sympathisants et n’ont visiblement rien fait pour désarmer ceux qui le soutiennent. Un grand nombre de manifestants et d’agents du service de sécurité du PAD armés de pistolets, d'explosifs, de couteaux et de machettes ont été arrêtés à des postes de contrôle de la police mis en place dans toute la ville de Bangkok.

La police thaïlandaise a signalé avoir arrêté un agent du service de sécurité du PAD ayant avec lui un pistolet mitrailleur, un pistolet, un couteau, des grenades artisanales et une grande quantité de munitions, le 25 novembre. Trois jours après, 17 manifestants du PAD ont été arrêtés à un poste de contrôle de la police alors qu’ils tentaient d’utiliser une camionnette portant l’emblème de la Croix-Rouge afin d’apporter illégalement des armes sur le site de l’aéroport international de Suvarnabumi, où se trouvaient des manifestants.

Les médias et des témoins ont rapporté que sur les sites des manifestations, des agents armés du service de sécurité du PAD ont agressé et appréhendé de nombreuses personnes qu’ils accusaient d’être des sympathisants du gouvernement.

Le PAD a mené après le 23 novembre ce qu’il a appelé la « dernière bataille », afin de renverser le gouvernement élu du Premier ministre Somchai Wongsawat, en raison des liens étroits de ce dernier avec Thaksin Shinawatra. Le PAD, qui dispose d’un important soutien financier, politique et logistique de la part de partis politiques opposés au gouvernement, de représentants du monde des affaires et d’éléments de l’armée et de la police, propose d’accorder de larges pouvoirs à l’armée et à des responsables non élus dans le cadre d'une nouvelle Constitution.

Des milliers de manifestants du PAD ont encerclé le Parlement le 24 novembre. Ils ont coupé l’électricité, provoquant ainsi l’annulation d’une session commune de la Chambre des représentants et du Sénat.

Un autre groupe de manifestants a alors encerclé le siège de la police métropolitaine de Bangkok, non loin de là. La police a décidé de ne pas utiliser la force afin de disperser les manifestants, craignant que le recours à la force ne serve de prétexte à l’armée pour mener un coup d’État militaire.

Après avoir déclaré avoir remporté la victoire avec l'annulation de la session parlementaire, les dirigeants du PAD ont incité les manifestants à assiéger les bureaux temporaires du gouvernement installés à l’aéroport international de Don Muang, le 24 novembre. Ils ont interrompu une réunion du cabinet que le gouvernement avait essayé de tenir au quartier général des forces armées thaïlandaises le 25 novembre. Des sympathisants du PAD ont alors occupé les aéroports internationaux de Suvarnabumi et de Don Muang, les 25 et 27 novembre respectivement.

Le dirigeant du PAD Sonthi Limthongkul, qui ne dormait pas sur les sites où étaient rassemblés les manifestants, a diffusé un message à la télévision et sur Internet le 28 novembre. Il a dit aux manifestants et aux agents armés du service de sécurité du PAD qu’ils devaient avoir la volonté de sacrifier leur vie pour défendre les sites des manifestations. « Nous protégerons nos bastions, a-t-il déclaré. Si nous devons mourir, qu’il en soit ainsi […] Ne vous inquiétez pas, frères et sœurs […] Soyez prêts à verser votre sang si cela est nécessaire […] Nos revendications sont justes et constitutionnelles […] Nous ne laisserons pas entrer la police. Si elle donne l'assaut et tire sur nous, alors nous riposterons. »

« Le PAD tente depuis des mois de provoquer une réaction violente de la police face aux manifestations, dans l'espoir que cela déclenche un coup d'État militaire et la chute de l’actuel gouvernement, a ajouté Sam Zarifi. Le PAD devrait comprendre que lorsqu’il utilise la force, notamment des armes à feu, et met en danger la vie non seulement des agents des forces de l’ordre mais aussi des citoyens ordinaires, il ne peut pas en même temps affirmer être un mouvement pacifique. »

Amnesty International et Human Rights Watch exhortent le gouvernement thaïlandais à veiller à ce que les forces de sécurité respectent les principes internationaux sur la dispersion des foules et le recours à la force, en particulier en n’utilisant la force qu'en dernier recours et en se limitant au minimum nécessaire.

Les deux organisations appellent également le PAD à ne pas commettre d’atteintes aux droits humains, notamment au droit à la vie et au droit de circuler librement, et à ne pas empêcher le gouvernement de mener des actions destinées à protéger les droits humains.

Más información

Thaïlande. L’état d’urgence ne doit pas porter atteinte aux droits humains (communiqué de presse, 2 septembre 2008)

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